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Comment répondre aux questions des enfants ? PDF Imprimer Envoyer

Comment on fait les bébés ? Où on va quand on est mort ? Un jour où l’autre, les enfants sont inévitablement amenés à poser ces questions à leurs parents car elles sont fondatrices. À chaque parent sa réponse.

Article paru dans la revue "Bio Info", propos recueillis par Colette Barbier

 

 

Les questions d’enfants qui tournent autour de la vie, de l’amour, de la sexualité, de la mort  touchent le cœur même de la vie. Posées à brûle-pourpoint, il n’est pas évident d’y répondre.

Il n’y a pas de mauvaise question, affirme la psychologue, psychanalyste et spécialiste de la petite enfance Diane Drory. Tous les enfants sont des philosophes et tous les enfants qui vont bien posent des questions existentielles. Quand ils vont moins bien, ils taisent leurs questions et essaient de les résoudre avec ce qu’ils voient et entendent autour d’eux. Si une question met le parent mal à l’aise, c’est parce qu’il n’est pas au clair par rapport à celle-ci. Il est donc intéressant de se demander pourquoi une question est dérangeante, à quoi elle renvoie de si difficile.

Mise en place d’un projet de vie

Les enfants ont besoin de recevoir une réponse à leurs questions. Il n’est pas bon de répondre à son enfant qu’il s’intéresse à des questions de grand et qu’il ne doit pas se mêler de ça. L’enfant doit pouvoir poser ces questions avant son entrée en première primaire, car entrer à l’école, apprendre à lire et à écrire, c’est mettre en place un projet de vie. Pour cela, il a d’abord besoin de comprendre ce qu’est la vie, d’où elle vient. Il lui faut donc un minimum de réponses qui l’arrangent sur les questions de la vie, de l’amour, de la sexualité et de la mort.

En fonction de son âge et de sa sensibilité

Diane Drory conseille de répondre aux questions quand elles viennent ou lorsque le parent sent qu’elles sont là. Il ne faut pas d’emblée se dire : mon enfant a 4 ans, il faut que je sorte mon manuel de sexualité et que je lui explique toute la technique. Chaque parent doit sentir son enfant et trouver les mots qui sont adaptés à son âge, à sa sensibilité.

Ainsi, la poésie est essentielle quand on parle de sexualité à un enfant. Il y a un minimum d’informations que l’enfant a envie de savoir, mais il ne s’agit pas de donner une réponse technique et de renvoyer l’enfant à un dessin. Les enfants sont faits grâce à l’amour de papa et maman. Quand on s’aime beaucoup, on s’embrasse, on se met l’un contre l’autre, on danse ensemble et puis, un jour, on décide que l’on va se mettre tellement l’un près de l’autre que l’on va avoir un bébé. Selon la maturité, on parle des petites graines présentes dans les testicules du papa. Aux plus grands, on peut expliquer que le papa met une petite graine dans le ventre de la maman. Les enfants n’ont pas toujours envie de savoir comment on met la petite graine.

Pas de bonne réponse

Il n’y a que la réponse qu’on peut donner, prévient Diane Drory. Il revient à chaque parent d’expliquer à sa manière ce en quoi il croit, en fonction de ses convictions. Toutes les croyances sont respectables. Elles forgent une cohésion familiale, se transmettent et rassurent l’enfant. On peut lui dire : voilà ce que moi, je pense. Ce n’est pas parce que les réponses sont différentes selon les familles que ce ne sont pas des bonnes questions ou pas des bonnes réponses.

Entre 4 ans et demi et 5 ans, les enfants posent de nombreuses questions sur la mort, ce qui inquiète souvent les parents. Où va-t-on après la mort ? La réponse dépend des croyances de chacun. On doit pouvoir dire qu’on n’en sait rien, car personne n’est jamais revenu de là. Si on ne croit pas à une vie après la mort, on peut simplement dire que la vie se termine. Si le parent croit à une vie après la mort, à l’existence de Dieu, il peut dire à son enfant que son cœur sent la présence de Dieu. D’autres personnes ne la sentent pas. C’est normal, car nous ne sommes pas tous les mêmes.

Par ailleurs, un parent ne doit pas craindre de dire à son enfant qu’il n’a pas la réponse à tout. Et le rassurer en lui expliquant que ce n’est pas parce qu’il n’a pas de réponse que sa question n’est pas intéressante.

 

Colette Barbier