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Dormir ou manger ? Bébé sait ! PDF Imprimer Envoyer

Une bonne alimentation passe par la confiance que l’on met en son tout petit pour qui dormir est aussi essentiel que manger. Dans la majorité des cas, il vaut mieux attendre qu’il se réveille pour le nourrir.

 


 

 

Le bébé dort énormément au cours des premiers mois de sa vie. Le sommeil lui permet de récupérer tout en étant nécessaire au développement de son cerveau. Dans les premières semaines qui suivent sa naissance, le nourrisson ne fait pas la différence entre le jour et la nuit. Il dort selon ses besoins et se réveille spontanément, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, rarement aux heures qui conviennent à ses parents ! Vers trois à quatre mois, son rythme de veille et de sommeil commence à se régler sur l’alternance du jour et de la nuit.

Bébé en bonne santé

Alors, pendant ces premiers mois, et surtout ces premières semaines de vie un peu anarchique, faut-il réveiller bébé pour le nourrir ? « S’il est en bonne santé et si son poids est suffisant, je ne vois pas l’utilité de le réveiller à heures fixes, affirme la spécialiste de l’enfance, Diane Drory. Lorsque le nourrisson est en phase de récupération, il est plus important de le laisser se reposer que de l’obliger à manger car digérer, c’est un travail qui fatigue. Quand il mange, le bébé ne se nourrit pas que de lait. Il se nourrit aussi du visage de sa mère et des personnes qui l’entourent, des sourires, de l’ambiance, du bruit, du langage… Une série d’interactions se mettent ainsi en place. Cela demande beaucoup d’énergie. Une tétée peut être plus fatigante et du coup, il peut avoir besoin de se reposer davantage et d’attendre plus longtemps avant le repas suivant. Un bébé peut dormir quatre à cinq heures sans que l’on doive stresser. Pendant la nuit, il est important de ne pas le réveiller afin de l’aider à faire la distinction entre le jour et la nuit, de sorte que petit à petit, ses nuits soient de plus en plus longues, ce qui est tout bénéfice pour la famille. »

Prématurité et petit poids

Un prématuré ou un bébé de petit poids qui n’a pas de réserve, qui est plus hésitant à prendre la tétée ou qui n’a pas toujours la force de réclamer a, par contre, besoin d’être nourri à des heures régulières. Il faut donc le réveiller. « Ceci dit, si le bébé est prématuré mais très vivant et déjà dynamique dans son rapport à la vie, on n’est vraiment pas obligé de le réveiller. Mais il ne faut évidemment pas laisser passer des laps de temps trop importants entre les repas. »

Aïe, la télé !

Nourrir son enfant en regardant la télévision n’est vraiment pas une bonne idée… « Le repas n’apporte alors que son effet physiologique et il manque tout le reste. Dans ces conditions, le bébé peut ne pas être intéressé ou, à l’inverse, rechercher davantage de contacts, allant jusqu’à réclamer son repas plus souvent. Il peut aussi avoir l’impression qu’il n’y a pas d’échanges relationnels et donc se faire oublier. Car l’absence de regard de la mère sur son enfant est dramatique pour celui-ci qui ne se sent exister qu’à travers le regard que l’on porte sur lui. »

Ce regard spécifique pendant la nutrition aide l’enfant à établir les bases de son sentiment d’existence. « Et respecter son rythme, c’est aussi une façon de respecter sa façon d’exister. »

article de Colette Barbier paru dans le bioinfo

L’allaitement au sein et à la demande

A l’inverse des bébés qui dorment longtemps entre deux tétées ou biberons, il y en a d’autres qui, nourris au sein et à la demande, ne cessent de solliciter leur mère pour téter. « Je vois ainsi des jeunes mères qui s’épuisent en nourrissant leur bébé toutes les 2 heures, témoigne Diane Drory. Petit à petit, il faut aider l’enfant à espacer les tétées car ce n’est pas bon pour l’estomac d’être toujours en train de travailler à la digestion. En général, les médecins recommandent d’essayer d’attendre trois heures entre chaque tétée. Cette recommandation est importante à respecter, dans la mesure du possible, bien sûr. Par contre, lorsque le nourrisson dépasse les trois heures, dort quatre voire cinq heures, il n’y a pas de mal. Il a son rythme et il n’est pas une horloge. »