Home Articles par Edition Femmes d'Aujourd'hui Mon fils ne dessine pas
Mon fils ne dessine pas PDF Imprimer Envoyer

Mon fils de quatre ans s’exprime tout à fait bien et joue volontiers avec les mots mais il ne dessine jamais. Il griffonne tout au plus. Ne se prive-t-il pas d’une manière de s’exprimer ?

Le dessin est en effet le moyen par excellence par lequel un enfant exprime son vécu conscient et inconscient. Le dessin est à la pensée ce que l’écriture est à la parole c’est à dire sa matérialisation sur un support tangible. La feuille blanche se révèle être un espace à conquérir, un espace extérieur à l’enfant sur lequel il peut projeter son espace intérieur. C’est pourquoi, chemin faisant, les enfants utilisent le dessin comme formulation ou réponse trouvée aux multitudes de questions qu’ils se posent en grandissant.

De 2 à 6 ans, l’enfant cherche à savoir qui il est, de combien et comment il est différent et semblable à ceux qui l’entourent. Il n’est guère aisé d’avoir 3, 4, 5 ans ! D’être plein d’envie de réaliser des « choses » comme les grands sans posséder les mêmes capacités, possibilités, la même adresse manuelle. Cela peut être inquiétant ou questionnant, pour un petit, de prendre  conscience qu’il peut avoir ses idées, sa vision du monde et que ceux-ci peuvent être radicalement différents de ceux de la mère ou des adultes qui s’occupent de lui… « Mes parents peuvent-ils accepter ma différence ? » telle est, à cet âge, une des questions primordiales que se pose l’enfant. Sa réponse va déterminer sa croissance psychique.

Par la spécificité du trait, le dessin et la trace qu’il laisse sur le papier marque indubitablement l’autonomie de pensée du dessinateur. Votre fils a quatre ans, à cet âge ce n’est pas toujours aisé d’affirmer sa différence, de dessiner autrement, de façon peut être plus maladroite qu’un adulte. Certains se mettent au dessin plus tôt, d’autres plus tard car chaque enfant a son rythme

Lorsqu’on le leur propose, certains enfants répondent « Je ne sais pas dessiner »  En général, à moins que l’enfant soit gravement perturbé au niveau de l’image du corps, cette réaction trouve sa source dans la crainte d’entendre des commentaires critiques face à sa production graphique. L’adulte étant aux yeux de l’enfant en position de « celui qui sait et ne se trompe pas », cela peut être inquiétant  pour un enfant de ne pas avoir les mêmes capacités ! Le dessin perdra sa valeur de moyen de communication privilégié s’il est détourné de sa route par des remarques désobligeantes. Par exemple dire, face à un gribouillage : «  Ca, c’est pas un beau dessin ! » et mettre le dessin à la poubelle n’est en aucun cas une attitude adéquate. Dans ce cas, pour ne pas marquer sa crainte de « ne pas être à la hauteur », l’enfant refuse de dessiner. Il faut savoir qu’il n’y a pas de beaux ou de vilains dessins, les dessins sont là pour raconter !!

Ne vous en faites pas trop, si ce n’est pas par le dessin, l’important pour un enfant, est d’avoir la possibilité de mettre en images ses fantasmes et ses questions face à la vie. S’il est vrai que par le dessin l’enfant inscrit et matérialise dans le temps ses questions existentielles, s’il s’exprime via de la pâte à modeler, du sable, des jeux imaginaires, des jouets, des jeux de rôles, c’est  tout aussi constructif !

 

 

 

Commentaires
Rechercher RSS
Seul les utilisateurs enregistrés peuvent écrire un commentaire!

!joomlacomment 4.0 Copyright (C) 2009 Compojoom.com . All rights reserved."