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J’achète ou j’achète pas ? Toute la question est là ! PDF Imprimer Envoyer

Acheter ? Beaucoup, mal, sans plaisir ou avec joie ?

Acheter des vêtements : pour certaines cela relève d’une nécessité de la vie, pour d’autres c’est un réel moment de plaisir. Certaines déplorent ce temps perdu, d’autres y trouvent une occupation nourrissante. Parfois le besoin d’acheter s’apparente à une réelle obsession.

Acheter pour le plaisir

« Oui je sais c’est ma neuvième paire de bottes cette année mais je travaille tellement que je mérite bien cela. Ma récompense est de me mettre en valeur » 

Pour qui donc les femmes veulent-elles être belles ? Pour elles-même, sans aucun doute, mais aussi pour être remarquées par les autres femmes… Acheter le dernier pull à la mode permet d’imaginer avoir, pour un court moment, de quoi « être plus » que les autres femmes. Un vêtement qui met en valeur donne un sentiment d’importance

« Moi, j’achète par passe. Quand je me sens belle, j’ai le sentiment que tout me va et j’achète sans arrêt. Entrer dans un magasin de nippes, c’est partir à la découverte et chaque essayage est une petite aventure qui m’amuse follement. Sans vergogne je sors du magasin sans avoir rien acheté. Après tout les vendeuses ne sont-elles pas  là pour vous servir ? »

Le statut d’éventuelle cliente offre un statut privilégié, l’argent que l’on aura l’obligeance ou non d’abandonner dans le magasin, donne tout un pouvoir. Le goût du pouvoir, bien peu d’humains y échappent… Toutes ces merveilles disposées dans les magasins sollicitent le désir d’être séduisante. Les femmes ne se font-elles pas également belles pour les hommes ? Oui, bien sûr, même si elles savent aussi que rares sont les hommes qui pourraient dire quelle tenue habillait les femmes qui, ce soir là, leur ont plu.

En définitive être « heureuse » d’acquérir de beaux atours est une caractéristique de bien-être psychique. Ce bien être subjectif, évaluation cognitive de la vie d’une personne, est imprégné par la présence d’émotions positives sur soi et nourri par le regard empathique que les autres portent sur soi. Acheter un vêtement dans lequel on se sent bien et belle met de la lumière dans notre regard. Quel délicieux instrument pour chasser les images négatives!

L’achat raisonnable

 « Acheter n’est pas mon occupation favorite. Chaque achat doit être soumis à la réflexion .Il faut que cela résiste à une nuit de sommeil, si j’y pense encore le lendemain c’est que l’achat en vaut la peine et je passe à l’action. Si acheter des vêtements ne me procure pas un réel plaisir, loin de moi l’idée d’être  indifférente à ce qui m’habille. »

Rares sont les femmes qui n’accordent aucune importance au vêtement. L’habit est un symbole extérieur, il est l’étendard de notre individualité car il reflète la forme visible de la femme intérieure que nous sommes.

« Moi j’aimerais acheter plus souvent des vêtements mais je trouve toujours que c’est trop cher, que je ne vaux pas la peine de dépenser tout cet argent. Je ne suis pas assez jolie pour cela et c’est avec interrogation que je regarde celles qui achètent… J’aime trouver beau mais pas cher. Mon challenge est d’être habillée à bon marché, alors je suis fière de mon achat. Etre belle en dépensant beaucoup d’argent ce n’est pas très difficile… » Certaines ont besoin de mettre la barre haute, à moins qu’elles s’imaginent « ne pas valoir » le prix d’un vêtement onéreux...

Mal acheter.

« Moi, je n’achète plus parce que j’achète mal. Dès que je rentre à la maison et que je me regarde dans « mon » miroir, je constate que le vêtement fraîchement acquis ne me va pas du tout ! J’en suis malade d’avoir mal dépensé mon argent et je me jure de mieux faire la fois suivante. Dans les magasins, je me sens mieux mise en valeur qu’à la maison, pourquoi donc ? L’éclairage ? Les miroirs trompeurs ? Les vendeuses aux faux compliments ? Par conséquent acheter m’embête, en plus cela demande beaucoup de temps ! Je rêve que cela soit résolu par quelqu’un d’autre, que l’on me dise quoi acheter, ce qui me va bien. » Face aux miroirs qui désavouent certains achats, culpabilité et déception sont au rendez-vous. Craignant d’être tenaillées par le regret, nombre de femmes souffrent d’hésitations permanentes entre deux pulls, divers pantalons, une variété de couleur, etc. Il n’est pas si simple de bien acheter !

Le vêtement mal acheté peut devenir une sorte de piège destructeur de la réalité d’une femme lorsqu’elle n’y retrouve aucun lien avec sa personnalité. C’est pourquoi, de plus en plus nombreuses sont les femmes qui font appel à des spécialistes en relooking. Ceux-ci accompagnent parfois la cliente dans les magasins pour la guider dans ses achats. Mais ce coaching, il faut pouvoir se le permettre, ce n’est pas donné…

 « J’achète donc je vis »

« Acheter des vêtements, c’est tout mon bonheur. Quand elles s’ennuient ou ont un coup de blues, certaines mangent, d’autres fument, moi j’achète ! Un « petit « manteau, un « petit » pull, petites gâteries indispensables à ma vie, sinon je déprime. Je crois que c’est la seule chose qui vraiment m’intéresse, m’efforcer de donner bonne figure à ce corps dont la Dame Nature m’a dotée. » Certaines femmes font de leur parure une obsession, comme s’il y avait à lutter sans arrêt contre une adversité qui vous aurait mal lotie. Sous des airs de divas, souvent elles cachent un sentiment d’infériorité, une timidité quant à leur apparence physique, une inquiétude constante face au regard de l’autre. Alors tout leur bonheur est de réussir à évincer le mauvais sort en se focalisant sur un dernier achat toujours meilleur que le précédent…

Certaines femmes ne peuvent s’empêcher d’acheter une à deux fois par semaine une nouvelle tenue à moins que comme Corry, ce soient des paires de chaussures. Elle en a plus de 300 dans ses armoires, dont certaines n’ont jamais été portées. Une société non contraignante serait-elle facilitatrice d’addictions en tous genres ?

Quand une source de plaisir, acheter des vêtements par exemple, devient le principal objet de motivation et que la vie finit par ne tourner qu’autour de cela, on peut parler d’addiction. Dans ce cas il ne s’agit plus du plaisir de s’habiller mais d’impulsion d’achat. Les situations agréables stimulent la production de Dopamine, l’hormone du plaisir. L’addiction trouve, en général, sa source dans une lutte (souvent inconsciente) contre un état dépressif

En conclusion, l’habit fait, bien plus que l’on ne l’imagine, le moine ! Nos achats vestimentaires manifestent notre appartenance à un milieu social, à une éthique. Ils expriment notre réalité essentielle et fondamentale. Et nos attitudes face à l’acquisition d’un vêtement en disent plus long qu’on ne pense sur notre façon d’être au monde…

 

 

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