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La Noël recomposée… PDF Imprimer Envoyer

Noël… un des derniers bastions des rituels en famille.  Bien autre chose qu’une festivité autour du solstice d’hiver, Noël fait appel à la tolérance, à la solidarité familiale, aux retrouvailles complices et enjouées. Mais dans les familles recomposées, est ce toujours sourire et accueil pour chacun ?

Quand les tensions n’en finissent pas de se tendre !

« A l’approche de Noël, c’est chaque fois le stress. Qui aura les enfants cette année ? Sous prétexte qu’il vit seul mon ancien mari met les enfants sous pression pour qu’ils choisissent de passer la veillée de Noël chez lui. »

Il n’est pas rare de rencontrer un adulte blessé voulant montrer qu’il a encore du pouvoir sur le conjoint qui l’a quitté. L’arme idéale ? Les enfants, bien sûr !. Se rendent-ils compte, ces adultes tant occupés à panser leur ego et à chercher vengeance, de ce qu’ils font subir à leurs enfants ?

Il arrive que chacun des parents déclare vouloir à tout prix fêter Noël le 24 au soir. Les enfants n’ont qu’à choisir chez qui ils vont. Choix impossible pour des enfants déjà meurtris par une situation où l’unité parentale est dissolue. « Prouve-moi que tu me préfères à l’autre. » C’est forcer l’enfant à se sentir déloyal envers un des parents pour satisfaire l’autre. …

Sans doute, c’est celui qui mettra le plus d’eau dans son vin qui fera le plus preuve d’amour…

Quand recomposition rime avec discrimination !

« Quand nos enfants étaient petits on fêtait Noël avec tout le monde. L'attrait de la réjouissance et les cadeaux était plus fort que les jalousies et frustrations inter-familles. Mais des problèmes ont rapidement surgis.»  La famille recomposée fait appel à une certaine grandeur d’âme. Elle engage la famille élargie à dépasser  l’attachement des liens « de sang » pour s’ouvrir, dans un esprit de paix et de bonne volonté, à « fraterniser », à « adopter », à « tendre la main » vers l’étranger qui croise leur chemin . Hélas tel n’est pas toujours le cas…

 « Moi je ne me sens mal à l’aise quand les enfants de la nouvelle femme de mon frère sont présents à la fête de Noël. Ils sont pas de notre genre. C’est pas de notre famille. » Bien sûr, on peut ne pas avoir d’affinité avec telle ou telle personne mais cela ne se passe-t-il pas aussi entre membres d’une même famille ? Ce genre de réflexion n’est-elle pas issue d’un manque de capacité d’adaptation ?

« Chez nous, depuis longtemps, on a carrément renoncé à Noël à la maison, après avoir vécu des soirées forcées, avec le fils de mon mari qui en voulait à mort à mes enfants. On a décidé à ce moment-là de partir à la campagne à cette période. Nos enfants passent la veillée de Noël avec leur père et mère réciproque. Nous fêtons la Noël le 26 ou le 27 avec comme politique porte ouverte à tous, mais sans obligation. » Voilà sans doute un couple plein d’intelligence et de tolérance. Protégeant sa famille élargie d’inutiles controverses de loyauté, ce couple sème ainsi suffisamment de tolérance pour donner une chance à leurs enfants, d’un jour librement se retrouver et partager leurs propres joies parentales.

Quand  tout le monde s’entend bien !

« Chez nous, Noël ne pose plus aucun problème. Nous nous sommes organisés avec mon premier mari et avec la première femme de mon compagnon. Une année sur deux notre couple recomposé invite tous nos enfants pour la veillée du 24. L’autre année cela se fait un autre jour à la meilleure convenance de chacun. Les grands parents ont d’emblée acceptés leurs « nouveaux petits enfants », ils sont conviés à la table familiale au même titre que les enfants de la filiation par le sang.» Dans ce cas, la loyauté des différents partenaires n’est pas mise à l’épreuve. Noël devient porteur d’un message et d’un exemple de vie axé sur  la tolérance et la compréhension, temps de transmission d’un message qui fait  prédominer les liens de cœur et d’amour sur ceux du sang.

A ce propos, il n’est jamais inutile de souligner l’importance que peut prendre aux yeux des enfants un membre de la famille du nouveau conjoint. « Je connais un « beau grand-père » qui fait briller des étoiles dans les yeux de l’aîné de ceux qu’il appelle « ses » petits enfants sans distinction de leur origine directe ou rapportée. Maintenant, chaque année, c’est à Anatole qu’incombe la tâche de décorer l’arbre de Noël avec son « faux » mais « si vrai » grand-père. Transmission à la génération future d’un message d’amour gratuit qui vaut bien plus que tous les discours moralisants.   Associer à la fête tous ceux qui sont présents, quelque soit leur origine, sans rancœur ni amertume vis à vis des absents, n’est ce pas un bel exemple d’amour ?

Paix aux hommes de bonne volonté

Pour que la « fête soit réussie » dans chacune des reconstructions familiales, l’empathie est donc plus que bienvenue! Car les ex conjoints ayant en général aussi réorienté leurs vies affectives, le puzzle des dates tient parfois d’une casse-tête chinois.

Avec les aléas que présente une famille recomposée, sans doute rester cool et heureux avec ce qui se présente sera la meilleure façon de passer Noël. Un peu de sagesse amènera à laisser les  tendances à se vexer au vestiaire. A ne pas tomber dans le piège des inévitables mesquineries suscitées par l’une ou l’autre personne revancharde ou petit esprit. A ne pas se fâcher sur l’enfant qui choisit de passer Noël chez « l’autre ». A  ne pas chercher à le pénaliser de son absence. En un mot apprendre à relativiser l’importance des « présences » ou « absences » à la fête et faire montre d’une capacité à gérer avec équilibre une variété kaléidoscopique de liens affectifs.

 « Comme nous avons fait d'énormes pas les uns vers les autres, cette année nous allons fêter la Noël à la maison et avec tout le monde. Bref, vous pouvez dire à vos lecteurs qu’une famille recomposée ce n'est pas facile, mais qu'il n'est jamais trop tard et qu'une thérapie familiale peut faire beaucoup de bien... »

L’important ne serait-il pas d’être capable de se retrouver « en famille élargie » ? D’assimiler cette fête de Noël à un rite de passage annuel. Et plutôt que de se disputer, se vexer ou chercher vengeance, prendre au bond l’occasion de montrer son affection. 

 

 

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