Home Articles par Edition La Libre Essentielle Miroir, miroir, quand tu me tiens…
Miroir, miroir, quand tu me tiens… PDF Imprimer Envoyer

Avec l’engouement pour le jeunisme, pour la chirurgie esthétique, les statures filiformes et l’énergie que cela demande de répondre à tous ces critères, ne risquons-nous pas de tomber dans un vieux schéma ? Celui de la femme-objet ? Celui où la beauté féminine se voit considérée, à l’autre bout de la lorgnette, comme outil de séduction et de convoitise ? 

 

 

Après tout, l’être un peu, pourquoi pas, puisque depuis la nuit des temps la beauté féminine inspire et fait rêver.

Jacques s’occupe de recrutements : « Quand je dois engager une secrétaire ou une personne dans le commercial, il est certain que la beauté est un atout préférable à toutes les lettres de recommandations… » La beauté physique est une fleur éphémère. N’empêche, elle nous capte plus que ne nous fascine la vertu ! Notre aspect extérieur est une forme de passeport, un atout qui, bien employé, permet à certaines portes de s’ouvrir plus aisément . Sans doute dirons-nous qu’il y a là quelque chose d’injuste, mais la vie n’est pas juste ! Attention cependant de ne pas assimiler la beauté au seul aspect extérieur, à la façade, on risque de se piéger dans une tromperie muette… Démocrate le signale : « La beauté du corps, découronnée de celle de l’âme, n’est un ornement que pour les animaux. »…La vraie beauté n’est-elle pas la grandeur de l’âme, la pureté de l’esprit, l’ouverture du cœur que nos yeux trahissent ?

Et pourtant ne dénigrons pas la richesse et le charme de notre beauté toute personnelle. Trouver son style, rendre notre extérieur fidèle à notre intérieur n’est sans doute pas un gaspillage. Le succès du « relooking » n’est pas fortuit. Certaines personnes dénigrent ou négligent totalement l’aspect vestimentaire de leur personne. « Moi, j’estime qu’il y a mieux à faire avec son argent que de passer son temps à faire les boutiques et à se pouponner. Cette course à être belle, à espérer être celle sur qui les hommes se retourneront dans la rue n’est que vaine superficialité  » Ne penser qu’aux fringues peut être une façon de s’étourdir, de refuser la confrontation avec la question essentielle de ce qu’est exister pour soi, pour l’autre ; mais négliger intentionnellement tout intérêt pour notre aspect extérieur, n’est ce pas parfois refuser de s’aimer ?

Que penser de l’impact du besoin nommé « beauté » sur nos enfants ? Celui-ci ne leurs vole-t-il pas parfois une tranche d’enfance ? Bien sûr, il n’est guère aisé de faire face à la pression des médias et de la pub qui scandent à souhait les bienfaits de la beauté. Les enfants, aussi, sont entraînés dans le collimateur de ce devoir « d’être mieux que l’autre » induit par la consommation, le conformisme social et importance du regard de l’autre. « Tous les jours, c’est moi qui prépare les vêtements de Charles (8 ans) car je désire qu’il soit beau pour aller à l’école. Si je le laisse faire je crains qu’il ne s’habille de façon vulgaire. D’ailleurs il consent à tous mes choix » On peut se demander, sourire aux lèvres comment ce petit s’habillerait vulgaire puisque c’est aussi sa mère qui achète ses vêtements et sans lui demander son avis… !!  Par contre ce qui fait moins sourire c’est ce même enfant qui d’une vois discrète rajoute : « Ma maman sait ce que j’aime et ce que je n’aime pas. » Ah la toute puissance du Beau maternel… Trop souvent on oublie qu’éduquer un enfant c’est moins le voir joliment vêtu que de lui apprendre à découvrir ses goûts, à prendre des décisions, à faire des choix. Pour devenir sujet de son propre désir, pour établir sa propre échelle de valeur, nous avons à nous exercer et cela depuis notre plus tendre enfance. D’ailleurs, qui détiendrait LA vérité sur ce qui est beau ou laid ?

L’obsession d’être « belles » conduit certaines petites filles à se focaliser sur leur apparence, à chercher à se parer du sexe-appeal que recherchent les adolescentes en jouant, bien avant l’âge requis, à être des Lolita. Ma fille me reproche de lui refuser le droit d’être une Lolita comme deux de ses copines. Elle n’est même pas en humanité et voudrait déjà mettre des strings et se colorer les cheveux. J’estime qu’elle a encore tout le temps pour faire la « femme » ! Effectivement des Lolita fleurissent de plus en plus, se modelant sur leurs jeunes idoles. S’agit-il d’un phénomène de mode ou est ce le signe d’un comportement plus alarmant ? Une chose certaine, les petites filles sont, de nos jours, souvent moins portées de jouer à la poupée que de se fantasmer chanteuse en herbe… Et souvent l’adulte joue le jeu. Que l’on confirme à une petite son charme et notre plaisir à la regarder, plus qu’être utile c’est indispensable; mais de là à vouloir en faire une femme avant même qu’elle n’ait eu le temps de vivre une vie de gamine voilà bien souvent un travers de l’époque. Les Lolita fleurissent, se maquillant « comme on voit à la télé », nombril au vent et l’on s’étonne que de plus en plus tôt, les jeunes filles vendent leurs charmes contre un iPod, pour quelques DVD voire un peu d’argent…  Dans ces cas, la beauté a perdu tout son charme.

Une nouvelle série de magazines apparaît, explicitant comment être branché, se maquiller, séduire les garçons, etc. Les pré-ados garçons entraînés par ce nouveau trend se voient soumis à des prescriptions à suivre. Prendre des démarches de baroudeurs fourbus dans les vêtements qui leur entravent les jambes mais qu’importe ! Pourvu qu’ils gardent la pose… la musique sert de guide. « Ma fille de 13 ans me rend dingue. Quand nous allons regarnir sa garde robe, elles essaye toutes sortes de nippes différentes, n’arrive pas à se décider, veut l’avis de ses copines, refuse le mien en disant que de toutes façons je n’y connais rien. » N’est-ce pas bien normal que les ados investissent et questionnent le vestimentaire ? Ils sont en plein remaniement physiologique, le corps change, il faut trouver son style. Pas une mince affaire puisque pour se sentir beau ou belle, il faut à la fois se démarquer du monde des adultes (qui, lui, fait tout pour s’identifier aux adolescents …) et en même temps se plier, au plus près, au « plumage » du groupe que l’on fréquente. Rassurons-nous, si nous trouvons horrible ce dont notre enfant souhaite se vêtir, souvent cela ne dure qu’un temps. Soit notre goût changera… soit en grandissant notre adolescent aura moins besoin d’être excentrique.

 Face  à l’impérialiste du « miroir, miroir, suis-je la plus belle » rappelons-nous que souvent ce sont nos imperfections, dues à l’âge ou à la nature, qui accréditent notre charme ! Par ailleurs pensons à transmettre aux jeunes l’adage selon lequel l’essentielle beauté serait invisible pour les yeux …

 

 

Commentaires
Rechercher RSS
Seul les utilisateurs enregistrés peuvent écrire un commentaire!

!joomlacomment 4.0 Copyright (C) 2009 Compojoom.com . All rights reserved."