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Education entre contraindre et convaincre PDF Imprimer Envoyer

De nos jours, le challenge éducatif n'est-il pas d'essayer de trouver un juste milieu entre l'éducation "d'avant" et celle "d'après mai 68".
"Aujourd'hui," nous raconte un papa, " nous sommes assaillis par nos enfants. De mon temps, le père rentrant de son travail, s'installait confortablement dans son fauteuil pour lire son journal; ensuite il écoutait le journal parlé, les cours de bourse et tendait la joue lorsqu'à l'heure du coucher nous venions l'embrasser pour lui dire bonsoir. Aujourd'hui, pour moi plus rien de tout cela, je ne peux même plus regarder mon J.T. en paix!"
Il est vrai, les adultes, ayant reçus une éducation stricte et distante éprouvent souvent le sentiment de n'avoir pas réellement eu de contact proche et chaleureux avec leurs parents. Souvent,  leurs paroles vont en ce sens:               "Lorsque j'étais jeune, parents et enfants étaient à cent lieux l'un de l'autre; on se côtoyait comme deux races séparées, la sous race des enfants qui avait ordre de se taire et était contrainte à se soumettre à la race dominante des adultes. Les règles étaient claires et immuables. L'enfant tentant une révolte se retrouvait au banc de la famille, montré du doigt, voire rejeté et déracinée puisque considéré comme faisant partie des "mauvaises graines"...
Certains jeunes parents ont, spontanément, repris les méthodes éducatives dans lesquelles a baigné leur propre enfance. Écoutons Julie, mère de deux enfants: "Pour mon premier enfant, j'étais obsédée par une chose: il ne fallait pas qu'elle devienne une enfant gâtée. Alors, je disais non à tout ce qu'elle me demandais, je ne me suis pas gênée pour lui donner quelques bonnes raclées pour qu'elle comprenne une fois pour toutes, que le rôle d'un enfant est d'obéir. Chaque jour, je me critiquais de ne pas arriver à faire de mon enfant "la gamine parfaite", celle que ma mère aurait tant aimé voir en moi. Résultat: mon aînée est timide et peu épanouie, nos contacts sont distants car elle est très renfermée. Je l'ai éduquée comme mes parents ont faits avec moi. A l'époque, je n'imaginais pas autre chose."
Cependant, de nombreux futurs parents se sont jurés de ne pas reproduire un modèle éducatif dans lequel l'enfant n'est a aucun moment concerné par son destin. "J'ai le sentiment d'avoir été cassé quant à ma personnalité profonde" est leur leitmotiv " devoir se fondre , à n'importe quel prix, dans un moule préétabli, pour mon enfant jamais CA!".
Parlant de son deuxième enfant, Julie poursuit: " Mon fils est né plusieurs années après mon aînée. Chemin faisant, expérience aidant, suite aux difficultés relationnelles de  mon aînée, nous décidâmes mon mari et moi, d'opter pour une autre philosophie éducative. Je me sentais prête à être mère dans le sens plein de terme, à être patiente, tolérante, aimante quant à ce que mon enfant avait à m'apprendre! Mon mari aussi, s'est d'emblée montré beaucoup plus proche de cet enfant.
Hélas, je crains pas que le résultat ne soit pas meilleur...A force de concessions, on ne sait plus qui décide quoi. Olivier se mêle de tout, veut avoir son mot à dire partout. Les rôles, les responsabilités, les droits et les devoirs, sont devenues choses si floues, que nous flottons tous les quatre dans un malaise certain. A la maison, la violence à mon égard, de ce gosse, pas encore adolescent, me fait peur. De plus est, vis à vis des enfants de son âge, il manifeste un refus total de contact. Sans amis, incapable de se défendre, il est très malheureux à l'école et, bien sûr, ses résultats s'en ressentent."
Pourquoi un pareil échec dans une éducation se voulant aimante et proche du désir de l'enfant? Être trop proche, vouloir à tout prix expliquer, concilier, négocier, faire des concessions, en un mot convaincre l'enfant entraîne un effet d'excès de tolérance de la part de l'adulte. Les limites des responsabilités respectives sont floues, l'enfant envahit le territoire de l'adulte en se mêlant de remettre en question chaque décision. A coups de scieries, de jérémiades, de cris ou même de coups, l'enfant conditionne l'espace décisionnel familial.. En revanche, les parents se mêlent de tout ce qui touche l'enfant; l'empêchant ainsi (avec les meilleures intentions!) de s'autonomiser et de jouir d'un jardin secret...A force d'être proches, tout le monde étouffe et se révèle une dure constatation: Trop de familiarité nuit à la santé psychique et trop de tolérance entraîne de la violence.  
Si Olivier est aussi violent et fait le dur à la maison, pourquoi donc est-il aussi paniqué face à ses camarades, me direz-vous? Nombreuses sont les mères se plaignants d'être agressées physiquement par leurs bambins de quatre ans et... elles se laissent faire. Si en grandissant, l'enfant voit un adulte rester sans défense et sans limites face aux agressions dont il est l'objet, ce même enfant ne bénéficiera d'aucun modèle de référence quant au droit à la défense de son intégrité physique ou morale. En conséquence face à ses camarades, il fait comme ses parents il se laisse faire...
Entre contraindre et convaincre, cherchons l'éducation du juste milieu, celle où proche de son enfant, l'adulte est à son écoute et non à ses pieds!

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