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Durant trois ans, Léon a régné en maître entre papa et maman. Petit roi, bien sûr, ou plutôt Petit Prince puisque toute la vie familiale s'organisait autour de ses besoins et de ses désirs, sa taille et son développement psychomoteur ne lui permettant pas de tout faire comme les "grands".
Il a six ans maintenant, ses yeux sont tantôt tristes, tantôt hargneux. Un leitmotiv: tout ce qui lui arrive est de "la faute des autres.". Sans cesse, il regarde son entourage d'un air méfiant, suspectant sans arrêt un mauvais coup à son égard. Et cela depuis...la naissance de Réginald.
Sans doute, au fond de son coeur, n'a-t-il pas surmonté le choc, le coup dur porté par ses parents, encore plus visiblement par sa mère: vouloir et concevoir un nouvel enfant, âgé aujourd'hui de deux ans et demi. Un fait incontournable s'impose: Réginald régit, lui aussi maintenant, en partie, la famille.
Dès la naissance de son petit frère, Léon a tout tenté pour lui couper l'herbe sous les pieds. Par exemple, dés que l'occasion se présentait, il vidait les biberons du nouvel intrus; plus tard il passera le plus clair de son temps les yeux rivés sur son rival afin de lui prendre ses jouets voir à les casser! Aujourd'hui, il en est aux continuelles injures et tentatives de dévalorisation du benjamin lui répétant à longueur de journée: "Moi, je suis aîné!".
Pauvre Léon, que d'énergie consacrée à essayer de survivre en déniant l'existence de Réginald. Tel Don Quichotte à l'assaut de ses moulins, notre aîné de famille s'attelle à une tâche impossible: rester l'unique enfant. De plus, cette énergie dispensée de manière essentiellement négative, dessert sa cause puisque en réaction à son comportement désagréable, les parents lui renvoient des remarques de désapprobations et de déceptions. En conséquence à cette énergie vitale utilisée négativement, l'image que Léon construit de lui-même se trouve fragilisée. Suivant un mouvement centripète  en spirale le petit devient de plus en plus méfiant, et peu rassuré quand à sa valeur et à l'amour qu'on lui porte.
Pour Reginald, comme c'est le plus souvent le cas pour un second de famille, le challenge sera d'essayer de se montrer à la hauteur, si pas meilleur que aîné! Il a donc tendance à utiliser son énergie vitale de façon constructive donc positive. Que de fois n'entends-t-on pas les parents dire de leur deuxième enfant: "Il a la tête plus dure que aîné mais il a si bon coeur." ou encore, "Il est toujours le premier à donner un coup de main.", "Il est vif et attentif à tout.", "Il est rapide et adroit.", "Il est moins égoïste que aîné." etc...Il va de soi que lors de sa croissance, un enfant soutenu par des remarques positives à son égard, cherchera à poser des actes stimulant cette fierté parentale, celle-ci entraînera un comportement constructif chez l'enfant afin de continuer à s'entendre valorisé ;et ainsi de suite dans un mouvement de spirale ascendante.
Les difficultés surgissent lorsque la situation se dégradant trop, le second s'illusionne d'être l'enfant "idéal" en manoeuvrant pour désister l'aîné d'une place de faveur aquise au début de sa vie, lorsqu'il était seul enfant. Un réel drame s'installe lorsque aîné se persuade ne plus être digne de l'amour parental.
Dans une fratrie chaque place dispense des avantages et des inconvénients. L'essentiel sera sans doute, en tant que parents, de veiller à ce que pour grandir un enfant puisse s'appuyer sur les avantages de sa situation en utilisant son énergie de façon positive et valorisante. Ainsi, peut-il réellement grandir, dans tous les sens du terme, alors que dans le cas contraire, il ne fait que survivre.

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