Home Articles par Edition Le Ligueur Un dessin toute une histoire
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Le dessin. Un langage privilégié chez de nombreux enfants? Certaines personnes, encore sceptiques à ce sujet, voudraient bien qu'on le leur prouve!
La petite Sandra, 5 ans, passe par une période difficile. De tempérament plutôt téméraire et volontaire, la voici actuellement terrorisée à l'idée de quitter la maison pour aller à l'école. Désespérément, elle s'agrippe aux jupes maternelles. Cette peur par sa violence, entraîne jusqu'à des accès de vomissement! La maman ne sait plus quelle attitude adopter.
Que peut-il bien se passer dans le coeur et la tête de cette gamine? Tout en dessinant elle va nous l'expliquer.  Installée devant sa feuille blanche, elle saisit un feutre rouge. "D'abord, je vais me dessiner. " Elle va donc nous parler d'elle, tout laisse alors à penser que les difficultés rencontrées trouvent leur source dans un conflit interne.
Elle nous le prouve en commentant: "J'ai fait la tête un peu énorme. Aïe!" La petite nous explique qu'une grande partie de son énergie vitale est concentrée au niveau du "penser", elle en a une grosse tête et elle en souffre.
Prenant un feutre noir, avec vigueur elle dessine: " Mon collier". Celui-ci ras de cou, nous parle de quelque chose d'étranglant. Le cou est cet espace du corps qui permet la jonction entre le coeur et la tête, Quand les émotions naissant au fond du coeur ne peuvent pas remonter au niveau de la conscience, à savoir dans le cerveau, elles restent bloquées au niveau du cou...Sandra va-t-elle nous dire de quels sentiments il s'agit?
Prenant le feutre brun, elle dessine et colorie consciencieusement les cheveux tout en disant: "J'aimerais un petit frère. Je vais aller en première année. J'ai peur de ma maîtresse, si j'ai un flippo en mains elle dit qu'elle va le jeter à la poubelle." Les cheveux dans le langage symbolique des dessins d'enfants sont souvent référence au "je veux", à un questionnement par rapport à l' "Avoir". N'est-il pas vrai que pour réussir en première année primaire un enfant doit être rassuré quand à son droit à avoir des choses pour lui, à lui. Aujourd'hui, l'engouement des petits quant aux flippos, démontre bien que les enfants, tout comme les adultes, éprouvent le besoin d' "avoir" une certaine richesse!  Sandra, rajoutant encore des cheveux dit: "Chacun à sa façon de parler. Moi, j'ai pas besoin d'une amie tout le temps, comme les autres filles, sinon je suis obligée de jouer avec elle. Moi, j'aime chanter dans l'air." Ainsi, Sandra exprime son désir à "avoir sa différence", condition indispensable pour grandir en toute liberté. Or justement, la mère de Sandra a plutôt tendance à fortement imposer à ses enfants sa vision des choses. Comment dans ce cas, grandir en toute individualité? Nous voici déjà mieux éclairé quant aux sentiments paradoxaux habitants la petite. Tout en rêvant au bonheur d' être elle-même, indépendante et individualiste, Sandra panique à l'idée de perdre l'amour maternel en allant à l'encontre du désir de celle-ci.! Continuant à colorier, elle confirme:" J'ai peur de faire des taches qui ne partent pas, cela met maman en colère."
Après avoir dessiner en rose () la bouche, elle commente: "Je vais faire mon nez, ça n'existe pas quelqu'un qui n'a pas de nez!" Bien sûr, si on est ici présent c'est bien parce que l'on est né! Né pour devenir soi, avec ses idées personnelles! Mais si de la bouche ne peut s'échapper qu'un seul et même langage...celui qui parle des choses à la manière dont Maman en parle. En effet, la bouche est dessinée en rose, couleur du "cooconning" symbole d'amour dans la ressemblance et le partage total.
S'attaquant aux yeux, elle annonce: "Oh, j'ai un peu raté les yeux!" Estime-t-elle ne pas avoir jeté le bon regard sur les choses de la vie pour se retrouver aujourd'hui confrontée à un tel dilemme de choix de vie?
"De quelles couleurs je vais faire mon corps?" Chez un enfant la notion de corps est très liée aux vêtements. Ce n'est pas pour rien que le processus d'individuation, de se sentir bien dans son corps est favorisé lorsque l'enfant peut dès son jeune âge choisir ses vêtements!
Viennent ensuite les jambes et les pieds en noir. Pourquoi du noir? Écoutons-la. "Moi, je ne m'appelle pas Sandra. Je m'appelle Alexandra, c'est un nom grec, le pays d'où vient mon père. J'aimerais mieux que l'on m'appelle Alexandra!" Pourquoi en dessinant le bas du corps, Sandra parle-t-elle de son nom et de son père? Pour pouvoir parcourir son chemin de vie en toute liberté, en se distanciant de la mère sans éprouver de sentiment d'abandon, le père est pour tout enfant, une aide utile voire indispensable. Or le papa de Sandra se mêle fort peu de l'éducation des enfants. Vouloir être appelée Alexandra, pourrait être un clin d'oeil au père lui signifiant: un enfant non seulement cela se fait à deux mais aussi cela s'éduque à deux! Le père trop absent rend fait porter le deuil aux jambes et aux pieds!
En un dessin, Sandra, nous a tout expliqué. A Papa d'entrer en scène pour rassurer son enfant sur la légitimité de vouloir naître à soi-même dans toute la force de la différence. L'expérience prouvera sûrement à Sophie que l'amour maternel à son égard ne perdra rien de son intensité même si, pour le rangement des jouets ou pour le choix des vêtements par exemple, Sandra a des idées différentes de celles de sa mère!

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