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Apprendre a lire, a calculer PDF Imprimer Envoyer

Face à l'enfant qui nous exaspère dans les tribulations de sa première année scolaire, n'aurions-nous pas tendance à oublier de nous imaginer l'effort colossal que représente l'apprentisage de la lecture et du calcul?
Pour le plus grand, qui sait lire, qui jongle avec l'alphabet, qui a assimilé les principes de l'addition, de la division, de la multiplication, de la soustraction, la lecture et les calculs simples paraissent d'une évidence même...
Du concret à l'abstrait
Que signifie apprendre à lire?
C'est l'action de déchiffrer par une technique visuelle, des signes, afin de pouvoir rapidement assimiler le contenu d'un texte.  Cette technique demande au jeune enfant une adaptation de la pensée alors que, depuis la toute petite enfance, il réfléchit en termes concrets.  La pensée concrète permet, par exemple, de compter jusqu'à dix, mais pas au-delà, car il n'y a que dix doigts aux mains.  L'enfant en apprentissage scolaire doit assimiler la notion du symbole, d'un signe qui vient représenter un objet ou une pensée.  Les lettres, les chiffres sont des objets matériels simples, des signes appelés symboles parce qu'en vertu d'une convention arbitraire de notre culture, ils correspondent à une chose ou un son.
L'enfant doit acquérir toute cette convention, il doit donc se pénétrer de cette symbolique afin de pouvoir s'intégrer dans son groupe culturel.
Pour un enfant intelligent et intéressé à l'apprentissage scolaire, pas de problème, me direz-vous.
Pourtant, l'autre jour, observant le petit Nestor, entré récemment en première année primaire, je pus constater l'intense concentration qu'exige la transformation de la lecture des symboles en l'image de la chose qu'ils désignent.
Pas d'automatisme
Assis sur les genoux de son oncle, Nestor tente de lire un mot que l'oncle a écrit sur une feuille : Bolero.  Nestor a appris ces lettres, il devrait donc lire aisément ce mot, et savoir ce que ce mot désigne.  Le petit épèle B,O, ce qui fait BO.
Ensuite, il rajoute le L et fait BOL.  Sans hésitation, il lit le E et le RO.  Il reprend en lisant l'ensemble des signes : BOL-E-RO.
D'un regard désemparé, il dit à son oncle qu'il ne comprend pas ce mot.  L'oncle pointe du doigt le chien couché sur le tapis, à leurs pieds.  Incrédule, l'enfant dit : " Tapis "? , puis se reprend et dit :
" Mais non, il n'y a pas de T et pas de A dans ton mot ".  " Quand je te dirai le mot tu diras : mais oui évidemment !  Veux-tu que je le dise ? " dit l'oncle.
" Oui " répond Nestor , toutes oreilles ouvertes.
" C'est Boléro, le chien !. L'enfant n'en revient pas, il avait bien lu les lettres, mais n'avait pas fait le lien avec le nom du chien.
Faire la jonction entre l'abstraction des signes et le son correspondant ET la chose concrète que ces signes désignent  n'est donc pas automatique.  Cela demande une réelle modification du système de la pensée.
Ceci pour rassurer les parents, qui, fatigués d'une journée de travail, s'énervent devant les balbutiements et les trébuchements de la lecture et du calcul chez leur petits.  Que de fois
face aux difficultés rencontrées par l'enfant, d'autant plus s'il est l'ainé, le premier scolarisé , les parents craignent avoir mis au monde un enfant peu doué , moins doué qu'un autre.  Gare à cette fausse vision, car elle est contagieuse.  L'enfant risque rapidement de la faire sienne et de s'imaginer être moins capable qu'un autre....
Courage et patience, le scolaire est souvent une épreuve pour les parents, mais ce n'est pas plus simple pour les enfants !

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