Home Articles par Edition Le Ligueur L'amour, faut pouvoir y croire
L'amour, faut pouvoir y croire PDF Imprimer Envoyer

Diane Drory
Que de bonheur planerait sur le monde si chaque botte mise devant l'arbre de Noël se remplissait avant tout de la certitude d'être aimé.  Pour s'aimer soi-même,  il faut pouvoir croire à l'amour de l'autre pour soi.
Aimer, est-ce être, sans arrêt , disponible à l'autre ?  C'est la question que se pose Marie, mère de trois enfants.  Parlant de sa petite dernière, elle nous raconte : "  Alice a 2 ans et demi, elle me suit pas à pas, d'une pièce à l'autre, mettant rarement plus de deux mètres entre elle et moi, ne me lâchant pas une seconde du regard.  J'apprécie qu'elle soit tant à mes côtés.  Moi, j'aurais aspiré être tout le temps près de ma mère.  Hélas, dix mois après ma naissance, mon frère est né, et ensuite les autres.  Ma mère n'a jamais eu de temps pour mois.  Je n'ai jamais su si elle m'aimait vraiment ".
Alice a deux frères aînés, qui réclament aussi l'attention maternelle.  Voulant donner l'amour de sa présence à tous les trois, Marie se sent souvent déchirée. " Alice ne sait pas jouer seule.  Contrairement aux garçons, elle ne prend aucune initiative; le matin, par exemple, elle attend patiemment que je vienne la sortir du lit.  Elle a tant besoin de moi.  Je vis très mal ces moments où, les garçons rentrant de l'école, je dois la laisser là, me dégager d'elle.  Je retrouve alors, dans son regard désespéré, celui de mon enfance.  J'en déduis que, comme moi à son âge, elle questionne l'amour qu'on a pour elle.  Petite, je comprenais mal que l'amour puisse être donné ou retiré, comme  cela, sans qu'on sache vraiment pourquoi, par un caprice maternel ".
Les pleurnichements, les chutes fréquentes, la maladresse d'Alice, Marie les attribue à ces moments où elle doit " abandonner " sa fille.  " Ne ressent-elle pas alors, comme moi, enfant, cette injustice intolérable de se sentir exister lorsque la mère est présente tandis que lorsque celle-ci s'éloigne, on se sent anéantie.  Je déteste les fluctuations de la vie quotidienne qui obligent ces moments où, Alice, se sent abandonnée et perdue et que moi, je me sens une mauvaise mère ".
Pauvre Marie, pauvre Alice.  Si la fille colle tant à sa mère, c'est parce que cette dernière, de peur de peiner l'enfant, n'a jamais osé fermer une porte entre elles deux.  Elle n'a jamais osé définir un territoire propre, distinct de celui de sa fille.  Sans s'en rendre compte, elle lui a fait plus de tort que du bien...De cette attitude, la logique enfantine d'Alice, conclut : " Si Maman ne se sépare jamais de moi, c'est que se séparer est dangereux; c'est qu'il n'y a plus d'amour, quand on est séparé ".
Seul la présence physique devient gage d'amour.  Piège bien dangereux !

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