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Papa a perdu son travail... PDF Imprimer Envoyer

Un ouvrier de 45 ans, licencié chez Arcelor Mittal, vient de se suicider. Comment un enfant peut-il vivre la perte de travail de son père ? Nous avons posé la question à Diane Drory, psychologue et psychanalyste.

D.D. : Est-ce qu’un enfant comprend ce drame de la même manière que l’adulte ? Non sans doute. Peut-être compare-t-il un emploi au travail à l’école ? Et à l’école, on peut être malade, ne pas y aller, ce n’est pas vraiment très grave…

Par contre, ce qu’il peut penser sans bien comprendre de quoi il s’agit, c’est que la société a fait du mal à son père. C’est une espèce de mystère pour lui qui ne sait pas très bien ce que veut dire travailler. C’est un peu comme s’il se passe une guerre que l’on ne voit pas, une guerre invisible mais qui, pour l’enfant de cet ouvrier, l’a tué.

L.L. : Quels sentiments cela provoque-t-il ?

D.D. : À l’incompréhension peut s’ajouter de la rage, de la tristesse, de la méfiance aussi par rapport à l’extra familial, par rapport au monde !

L.L. : Comment réagir face à l’enfant ?

D.D. : Il faut expliquer, le plus possible. Et mettre en évidence que, même si l’avenir n’est pas évident, il existe. Important aussi de souligner que perdre un travail donne droit à une aide sociale (même si les difficultés financières seront présentes) et n’empêche pas d’aimer sa famille !

On peut dire à cet enfant dont le père s’est suicidé que celui-ci n’a pas pu voir, croire, qu’un avenir différent pouvait exister sans cet emploi, qu’il n’a pas pu imaginer qu’il avait toujours des valeurs et de la valeur, qu’il pouvait toujours être fier de lui malgré la perte d’un travail. Une perte dans laquelle il n’a aucune responsabilité.

L.L. Et s’il s’agit d’un adolescent ?

D.D. : Un adolescent comprend davantage ce que représente la perte d’un emploi. Il connaît mieux la difficulté actuelle d’en retrouver un. Il peut faire le lien avec un salaire, par exemple.

À lui qui peut être à la fois triste, inquiet, en rage, en colère, il me semble intéressant de dire que l’espoir d’une société est fondé sur les jeunes. Ce sont leurs nouvelles idées qui feront changer la société. Il peut choisir d’utiliser sa rage et sa colère non pour détruire le monde mais pour le faire évoluer. Justement, parce que le licenciement de son père le touche beaucoup, il peut partir de ses émotions qui deviendront un aiguillon pour progresser dans sa vie personnelle, vers le monde de demain.

Propos recueillis par Thérèse Jeunejean

 

À propos d’une perte d’emploi

 

Sur www.blog.astrapi.com/lulu/mon-pere-est-au-chomage-1 (et-2), Lulu répond à un enfant inquiet du chômage de sa mère et elle insiste : la perte d’emploi, c’est un problème d’adulte ! Alors, explique-t-elle … «  ce que tu peux faire de mieux c’est de vivre ta vie le mieux possible, d’avoir des copains, de t’amuser, ainsi elle verra que malgré ses soucis à elle tu n’es pas malheureux et cela l’aidera. Mais cela ne doit pas t’empêcher de lui montrer si tu es inquiet ou triste, c’est normal que parfois tu aies aussi des soucis. »

Et les enfants répondent à Lulu en suggérant à l’inquiet de profiter du temps qu’a maintenant l’adulte pour jouer ou sortir avec lui, de l’occuper quand il ne va pas trop bien, de lui sourire ou de lui faire des câlins !

À propos du deuil

Différentes associations organisent des rencontres et consultations pour soutenir des enfants ayant perdu un proche :

Un pass dans l’impasse (www.solidarisnamur.be)

Espace Papillon (www.espace-papillon.org)

Vivre son deuil (www.vivresondeuil.be)

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