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« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui le regardent sans rien faire. » (Albert Einstein)

Noël, la saint Sylvestre, les décolletés saillants, les cadeaux, guirlandes, bougies et festins signent la fin de l’an. Mais n’est ce pas aussi le temps pour analyser le bilan des 365 jours écoulés ? De vous faire part de quelques réflexions personnelles sur le passé simple et proche que fut 2014.

 

 

Dans ce bilan 2014, force est de constater que nombre de contradictions, aberrations, gaspillages, ont gardé une place de choix ! Produits des paradoxes de notre fonctionnement sociétal ?  « Bientôt, la planète ne sera plus en mesure de nourrir ses habitants » . Pourquoi alors épuiser nos terres par de la culture intensive de maïs destiné à du bio-diesel ? « Vive les audacieux » affichent avec raison certains panneaux publicitaires. Mais que l’on arrête alors de pousser des bambins de 4 ans dans des buggys pour les avoir totalement sous contrôle. La primauté du principe de précaution n’a pas perdu de plumes. Semblable à une prison sans porte, cette tendance contribue à anesthésier la faculté de penser et freiner la capacité à prendre des initiatives personnelles.

2014, c’est aussi l’année des « selfies ». Ce vent nouveau n’est il pas une façon de se glorifier sans effort et sans compétence ? Ce geste d’intimité sociale, qui se veut drôle et innocent, va clairement dans le sens du triumvirat narcissique  « être célèbre, belle (beau) et riche ». Croire que le selfie rapproche est un leurre, c’est bien plus une façon de s’extraire des autres, de se différentier, de se mettre au-dessus.

2014. Cette date sera-t-elle écrite dans l’histoire comme le début de la troisième guerre mondiale ? Une chose certaine, là où chez nous, s’occuper de soi est une préoccupation majeure, d’autres essayent de survivre. Dans un pareil contexte, il est indispensable de se rappeler que les être humains sont plus fait pour la coopération que pour la confrontation et que le repli individualiste gangrène l’évolution de l’humanité et la sauvegarde de notre planète. C’est la façon d’être des humains (et chacun de nous en est un !) qui déterminera l’avenir du monde.

Dans l’épopée quotidienne de l’année écoulée, j’ai trop souvent entendu de jeunes ados, me dire : «  A l’école le temps est long. Je m’ennuie et j’ai peur de rater » Pourquoi faire de l’école un lieu de compétition entre les élèves qui ne sont plus considérés comme des enfants mais comme des machines à passer des examens, à répondre correctement, à rentrer dans la norme, sans place pour l’imagination et à la créativité ? Et les écrans ? Là où l’enfant qui joue ou dessine construit ses connections neuronales avec régularité et ordonnance, celui qui est scotché au déferlement de plus en plus intensif et rapide des images voit ses neurones s’écerveler jusqu’à l’épuisement. Alors pour calmer le jeu, il a droit à une dose journalière de Rilatine pour forcer son attention et sa concentration….

Je pense que nombre d’adultes et d’enfants rêvent d’une autre façon de vivre…celle qui ouvre à plus de quiétude et de passion. Tout système a une fin, œuvrons tous ensemble pour qu’en 2015 un autre se mette en place.

 

 

Psychologies, Décembre 2014