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« L’avenir tu n’as pas à le prévoir mais à le permettre » (Saint Exupéry)

Le mot « changement » est dans toutes les bouches, pour le meilleur comme pour le pire. Si, sans conteste, le cours de ce siècle verra des effondrements divers, rien ne sert de tomber dans le catastrophisme. Quant à l’évolution du monde, prenons le temps de voir, de comprendre et de conclure.  

Le temps de voir : « Dieu est mort, Marx aussi et moi je ne me sens pas très bien » dit Woody Allen. Tout s’accélère. Avec la révolution informatique, le temps a pris une nouvelle dimension laissant la part belle à l’immédiateté. Notre rythme de vie est soumis à de nouvelles normes. Les géobiologues nous informent que le rythme vibratoire de la Terre devient lui aussi de plus en plus rapide. La résultante de toute cette accélération a un impact sur notre quotidien. Les conséquences de nos agissements, tant dans la sphère économique, sociale, environnementale, qu’intime, n’attendent plus le défilement de plusieurs générations pour faire sentir leurs répercussions. Face à ces diverses activations de rythme, nous sommes contraints de nous adapter sans toujours prendre le temps de réfléchir aux actes que nous posons, tant le matérialisme et le consumérisme sont des étouffeurs de pensée propre.

Le temps de comprendre : Pour préparer demain, observons le présent. Pour aménager l’avenir, il nous faudra innover, prendre chacun notre bâton de pèlerin pour contribuer à construire une société différente au narcissisme moins égoïste. Sans laisser nos craintes damer le pion à nos aspirations. Jour après jour, il nous faudrait cultiver l’autocritique, seule garantie d’honnêteté intellectuelle et d’une éthique de responsabilité. Tout en assumant,  en pleine conscience, nos incertitudes. Echanger l’hypertrophie de la convoitise  matérielle avec de l’amour des autres. Soutenir la vie de l’esprit qui, depuis la nuit des temps, nourrit la quête de sens inhérente à toute vie humaine. Refuser d’être conditionné par le regard de l’autre et par la société. Résister au désenchantement, cette dépression contemporaine, mélange de trop de choses et de trop peu de sens.

Le temps de conclure : Renonçons aux mythes éculés de croissance et de compétitivité afin de nous ouvrir à un nouvel âge centré sur la coopération et la collaboration en favorisant les activités de proximité. Construisons des alternatives concrètes. Chacun de nous peut participer à une transformation en profondeur de nos modes de vie. Par exemple : renoncer à la facilité des hypermarchés pour retrouver le bonheur du contact dans des épiceries locales qui souvent ont des produits issus de circuits courts et de saison. Sans oublier d’ amener boîtes ou sachets à réutiliser pour emballer nos légumes ou autres denrées. Ou encore, avant de prendre notre voiture, réfléchissons aux alternatives : marche, vélo, transports en commun, bien moins stressants et polluants.

Réveillons notre âme d’adolescence et son étendard d’espérance. L’adolescence est l’éblouissement qui refuse la morosité, l’adolescence est l’engagement qui renoue avec une ambition collective..

Réenchantons le monde en le fouettant par des vents d’énergie et de cœur.

Psychologie Magazine - Février 2016