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Comment allier vie de couple et vie familiale

 

Comment allier vie de couple et vie familiale.

L’impératif d’aujourd’hui

Se réaliser soi-même, tel est l’impératif suprême pour l’individu contemporain. Un droit fondamental qui ne peut être remis en cause ni pour l’enfant, ni pour l’adulte. Comment concilier ces deux revendications auxquelles se rajoute pour l’adulte le besoin d’être seul et le désir d’une vie de couple ?

Tout cela est-il conciliable ? C’est notre propos d’aujourd’hui.

Résumons le problème qui se pose à tout un chacun aujourd’hui : pour vivre bien, il faut tout faire pour rester soi, et…vivre ensemble ! et par conséquent jongler avec deux quilles distinctes : être bien avec soi et être bien avec l’autre.

 

Toute l’astuce et l’adresse consistera à trouver le tempo pour que chaque quille reste en jeu en d’autres mots qu’il n’y en ai pas une qui se brise ou s’abandonne au sol.

 

Cette problématique ne touche pas que des familles classiques, mais se repose dans des situations telles que : des couples recomposés et leurs enfants, des jeunes adultes habitant toujours chez les parents, des frères et sœurs devant partager la même chambre.

La question d’aujourd’hui sera d’essayer de trouver des pistes de réflexions sur une question bien actuelle : chaque homme doit essayer de résoudre le problème d’être lui en étant homme, amant, et père tandis que la femme devra être amante, maîtresse femme et bonne mère…

Un petit mot sur: la Rencontre

Avec, dans l’évolution, l’apparition du sexe, la rencontre devient un élément capital de la vie des êtres qui le porte. Désormais, la vie impose une nécessité : se chercher pour se trouver. La reproduction empêche l’usure de l’espèce. On va à la rencontre de celui qui porte en lui les signaux qui canalisent la recherche que nous poursuivons. La vie se nourrit donc de celle des autres…Cette phrase est sans doute pertinente en psychologie des couples et des familles !

Deux êtres qui n’ont pas la même histoire ne peuvent avoir les mêmes yeux et ne peuvent par conséquent rencontrer les mêmes objets.

Pour cette raison les mariages arrangés de dans le temps n’étais pas de tels échecs car ils avaient pour base de renforcer les structures sociales, le mariage renforçait le groupe. Le paysan agrandissait ses terres, les commerçants consolidaient leurs biens, etc. Mais depuis que c’est le mariage d’amour qui est devenu la valeur culturelle de la création d’une famille, ce n’est plus la structure sociale qui s’y exprime, c’est la structure personnelle. Or, quand l’amour préside au choix du partenaire, il facilite la névrose. C’est pourquoi les échecs sont moins à être attribués aux vicissitudes de l’existence qu’à la rencontre de deux névroses…Quand le mariage était « arrangé » les mimiques, gestes , vêtements et autres servaient à signer l’appartenance à une catégorie sociale, dans le cadre de l’amour, c’est prioritairement l’intimité psychique de la personne qui fait signe. C’est pourquoi, aujourd’hui, les rencontres se font plus entre inconscients qu’entre familles.

Mais quoique l’on en pense, la rencontre entre deux jeunes partenaires a toujours une racine psychosociale profonde, si elle n’est plus décidée par les parents elle est toujours réglée par la culture des parents…

La rencontre amoureuse n’est pas un fait de hasard. Ce qui provoque la rencontre c’est le fait de percevoir sur le corps de l’autre les signes qui correspondent à leur structure sensible intime. Unetelle va tomber amoureuse d’untel parce que elle a toujours eu un faible pour les chiens battus et à cette soirée c’est untel qu’elle a repéré dans une posture accablée…La mariage d’amour, en facilitant la rencontre des inconscients, dynamise les partenaires « je n’en suis plus amoureuse depuis qu’il a perdu toute ambition » déclare telle femme pour qui l’aventure sociale est l’aventure de sa vie !

De même au sein d’une famille, un enfant peut avoir de la peine à trouver sa place car « il ne ressemble à personne ». Les parents ont du mal à se reconnaître en lui, il ne leur « dit rien au niveau des signes » et ont donc du mal à aller à sa rencontre.

Depuis mai 68, dans un famille les conjoints ne sont plus figés dans une identité fixe : le père gagne l’argent, la mère élève les enfants. Les femmes ont gagné le droit de travailler qui d’ailleurs est presque devenu une obligation à travailler…Et les hommes ont gagné le droit de participer à la vie familiale et à la tâche éducative. Qu’ont gagnés les enfants ? Le droit de rentrer seuls de l’école, de se débrouiller vite tout seuls...Or rappelons-le, l’impératif d’aujourd’hui est : se réaliser.

Se construire et se réaliser

Comment devenir soi sous le regard de l’autre ?

Il faut s’exercer longtemps avant de devenir un bon équilibriste ! Ne nous étonnons donc pas des multiples crises de couples qui surgissent à notre époque, le tout est de garder suffisamment de bon sens et d’humour pour ne pas faire d’une crise une déchirure irrémédiable.

Le jeu subtil sera de ne pas tomber dans deux excès contraires : axer sa vie sur soi et nos désirs en accordant à l’autre une liberté totale ; ce qui pourrait faire croire à un évitement de l’autre, à une indifférence par rapport à l’autre. Ou au contraire être dans une fusion constante avec tout ce qui concerne l’autre, ce qui pourrait lui donner l’impression d’étouffer.  Le matin faire le café, ouvrir la porte du garage, s’inquiéter s’il n’a rien oublié, etc. Ce qui faisait dire à un de mes amis : « Mais je ne lui demande pas de faire tout cela ! Elle me tue avec son excès de prévenance » Autre chose est de ne même pas savoir de quoi se compose la journée de son conjoint…

Le tour de force sera de concilier et d’osciller entre des moments où l’on est « seul » et des moments « avec l’autre ». Principe qui vaut autant dans la relation de couple que dans la relation parents enfants.

C’est entre ces deux pôles que vont se jouer bien des enjeux lors de l’éducation d’un enfant. Rappelons le but de l’éducation.

Que signifie Éduquer?

Vient du mot E-ducere càd CONDUIRE HORS DE, montrer un chemin pour “ADVENIR A SOI”  et c’est dégradé ce dernier siècle en Educare càd NOURRIR.

Educare

Cette dernière interprétation a orienté l’action éducative essentiellement vers un apport de savoir, veiller à ce que l’enfant ait une tête bien pleine…en dénigrant les qualités de cœur, de courage et d’équilibre qui pourtant sont déterminantes pour la réussite d’un projet de vie .

Référer au seul paramètre de nourrir, l’éducateur s’efforce de gaver l’enfant d’une série de connaissances pour qu’il en sache plus que les autres, prouvant ainsi “qu’il est bien éduqué” (De là l’énorme succès de livres explicitant  aux parents comment faire de leur enfant un singe savant à 3ans! Aujourd’hui, l’enfant doit prester surtout à l’école, être compétitif, meilleur que les autres, devenir un gagnant et faire des autres des perdants…Pour combien d’adultes, hélas, seul le critère scolaire évalue l’enfant sur la balance des nuls et des bons…Vous avez tous entendu parler des dégâts entraînés par le phénomène de comparaison…

Le bon est celui qui a « bien assimilé », qui reproduit sagement le savoir ingurgité, tandis que le Nul est celui chez qui « rien ne rentre »…

Educere

Pris dans ce sens, éduquer est avant tout aller à la rencontre de l’enfant afin de l’aider à trouver SON chemin “pour advenir à soi”. C’est l’aider à être bien dans sa peau, dans l’entièreté de son Être et non de devoir vivre les émotions du cœur par procuration au travers de film de violence…

Dans ce sens l'éducation est la capacité d'être à l'écoute de l'enfant.

CONDUIRE HORS DE est aimer l’enfant pour qui il est et l’amener à donner un sens à sa vie. Lui permettre de faire de sa vie son entreprise càd lui permettre de concevoir des projets et de transformer ses projets en actions donc en réalisations! Donner un sens à sa vie ce n’est pas emmagasiner un savoir désincarné mais avoir un but.

Aimer l’enfant pour qui il est, c’est lui renvoyer une image positive de  lui-même même s’il ne correspond pas au standard comportemental du “bon élève”…

C’EST L’AMENER A S’AIMER DANS SA DIFFERENCE ET DANS LA SPECIFICITE DE SON ÊTRE.

Nous évoluons dans un monde de plus en plus dur, déboussolé et sans pardon aussi il me paraît essentiel de repenser l’éducation comme un rôle qui amène l’enfant à une autonomie de la pensée et des actes AFIN QU’IL SE SENTE LIBRE. L’adulte, doit plus que jamais, devenir un guide permettant de conduire l’enfant à la compréhension du changement, à l’adaptation face au changement (tout va de plus en plus vite) afin qu’il puisse S’AUTO CONSTRUIRE PAR DES CHOIX JUDICIEUX ET DEVENIR DE CE FAIT RESPONSABLE DE SES ACTES.

Dans une famille chacun est seul !

« Jamais quoi que je fasse, je ne serai celle ou celui qui mâche ton pain, bois ton eau, jamais je ne respirerai pour toi. Jamais ta peau ne m’invitera à t’y glisser. Jamais je ne tisserai pour toi le fil de tes rêves ni de tes pensées. Et comme tu étais seul à ta naissance, tu seras seul devant ta mort et seul, mille fois, dans les nuits d’insomnies quand un chien aboie au loin ou quand une voix que tu es seul à entendre t’appelle.

Vouloir me perdre en toi, me jeter en toi, corps et biens, avec mes meubles et mes trésors<. T’envahir. te combler. Te faire gardien de mes propriétés ! Il n’est pire cruauté.

Car tu as une vocation, unique, une œuvre à mener à bien.

Toi-même.

Et pour cela, il te faut tout l’espace qui est en toi. » (Eloge du mariage, de l’engagement et autres folies. p89 Christiane Singer)

Excès de solitude

Se réaliser au travers d’un couple

Qu’entend-t-on alors par « relation de couple » ?

« Le jardinier ne peut pas monter la garde contre les mulots, les chenilles, les taupes. Il ne peut guetter chaque puceron, chaque bactérie…. ….Il ne peut pas non plus contraindre la plante à pousser plus vite en lui tirant les feuilles – ni vouloir la garder petite.

Il ne peut que « tenter de mettre les chances du côté de la plante » et garder vivant avec elle un dialogue.

Ainsi la relation qui nous unit.

Je ne peux pas abolir ton destin, ni t’éviter épreuves et difficultés, ni enrayer tes échecs, ni provoquer ta réussite, ni entraver tes rencontres… …Je ne peux que t’assurer de ma loyauté – ne jamais laisser tarir le dialogue entre nous, le raviver à neuf tous les jours. Mieux encore : je ne peux que respecter l’espace dont tu as besoin pour grandir. Te mettre à l’abri de ma trop grande sollicitude, de tout envahissement de ces rhizomes souterrains que sont les discrètes et indiscrètes manipulations de l’amour. » (Christiane Singer Eloge du mariage, de l’engagement et autres folies p88 Albin Michel)

Un couple est plus que l’enjeu d’une identité précaire, celle du couple, c’est celui de la conquête pour chacun  de son identité…de la possibilité d’avancer dans sa vie, de surmonter ses failles grâce au soutien de l’amour.

Le faux usage du couple surgit si l’un des deux sentant ses propres failles, les impute à l’autre. Nous avons tous des failles, certains essayent d’en faire quelque chose de positif et d’autres ne les supportent pas, parce qu’elles rappellent une faille originelle qui fut pour eux catastrophique. Dans le couple, le piège à éviter est de croire que c’est l’autre qui bloque notre évolution. C’est une croyance commode, ça règle tout, ça n’oblige pas de se quitter car le couple peut continuer à fonctionner dans une sorte de détestation mutuelle. La vie quotidienne est gérée mais côté cœur ou esprit, c’est vide, mort. Mettre la faute sur le dos de l’autre est une façon de refuser de nous prendre en charge….Ainsi, accusant l’autre, le couple ne se sépare pas « pour les enfants »…

Quand la relation de couple prédomine.

Dans ce cas, l’adulte ne supporte pas que l’enfant prenne une place. Ils sont très stricts et l’enfant doit être soumis à leur Loi. Autoritarisme. C’est le désir de l’adulte qui prime, il n’y a pas d’écoute, pas de temps.

Ces couples vivent mal la place que l’enfant tente de prendre, souvent celui-ci affiche une attitude hyper kinétique et fait de fortes colères qui semblent sans motif. L’enfant a pour rôle de rester soumis à la loi parentale.

Se réaliser en fondant une famille

Une famille c’est quoi ?

La famille est le fondement de toute société. Si elle est moins stable qu’il y a 100 ans elle est toute aussi nécessaire aujourd’hui qu’il y a 6 millions d’années ! La société étant la communauté des humains, c’est la famille qui en est le triangle de base (père-mère-enfant) qui la perpétue.

C’est avant tout des racines. Sans racines nous ne pouvons nous ancrer, les émigrés ou les familles juives qui ont perdu leur histoire familiale, ne se sentent-elles pas déracinées ?

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Pourquoi fonder une famille dans un monde qui soutient avant tout l’individualisme ?

Même si la famille et la vie de couple entraîne des désagréments, est une entrave à la liberté de soi, demande des concessions, se compose de routine qui oblige à des contraintes, la plupart des jeunes adultes se mettent en couple (de plus en plus tôt d’ailleurs) et souhaitent un jour handicaper sérieusement leur liberté en procréant !

Il est important de notifier que la routine n’a pas qu’un aspect négatif car elle structure et stabilise. Ne dit-on pas d’ailleurs d’un jeune adulte un peu trop volage « ouf, il a rencontrer quelqu’un avec qui il va un peu se stabiliser… »

La modernité soutient la liberté de l’individu mais de la même façon induit beaucoup d’incertitude. La question écologique, l’avenir du monde du travail, etc. fragilise nos bases mais de plus est il n’y a plus de sens donné à priori à toute chose. Les certitudes quant au fonctionnement codé de la vie familiale, du pouvoir et de l’autorité parentale sont anéantis. Alors quant on est à deux à partager la même vision sur telle ou telle attitude à adopter on se sent plus « solide » que si on doit basé nos réactions sur une pure intuition personnelle. C’est la difficulté devant laquelle se trouve l’adulte d’une famille monoparentale, plane facilement le doute d’une mauvaise interprétation des faits, d’un énervement qui aurait peut-être faussé les données objectives d’une situation.

De plus, rien que la présence de l’autre donne plus de consistance à notre univers, que de personnes disent lorsqu’elles se retrouvent seules sans conjoint ou sans enfant, « J’ai l’impression de flotter, d’être sans ancrage à me retrouver que seule face à moi-même sous mon toit sans Toi »

Quel rôle pour l’un et pour l’autre ?

Père et mère sont donc amenés à jouer un rôle spécifique à un niveau symbolique.

La femme porte l’enfant, d’emblée la voilà responsable de la fonction maternelle qui pour sa part assure la sécurité de base et la principe de Constance.

La mère introduit à la tendresse, la sécurité, le sens du beau, du juste, le don de soi.

Si aujourd’hui l’homme n’est plus chargé de la chasse et de la défense du foyer, il n’empêche que la société attend de lui qu’il se reconnaisse comme chef de famille et qu’il en soit responsable au niveau du respect de la Loi. C’est lui qui est le responsable symbolique de la fonction paternelle, celle qui autonomise et rend libre en introduisant à la loi de l’Incertain.

La fonction paternelle introduit au respect de la Loi, des limites ; à la curiosité, au courage d’entreprendre, à l’intégrité et à l’honnêteté .

Nous pourrions prendre l’analogie suivante : la fonction paternelle est représentée par la responsabilité du capitaine de navire délimitant la route de la traversée et de la politique générale entre navires tandis que la fonction maternelle maintien le navire en bon ordre et assure la sécurité à bord.

Eduquer un enfant c’est l’amener à devenir un adulte libre et responsable, pour cela l’enfant devra recevoir de l’amour câlin et de l’amour loi. Pour transmettre ces valeurs essentielles à ses enfants, il faut pouvoir les entretenir, les élaborer pour soi-même et pour son couple.

En couple ou en famille, la question centrale n’est-elle pas : l’Amour.

Le choix du partenaire amoureux est, à notre époque, basé essentiellement sur le sentiment d’amour. Or cela n’est pas si simple qu’il ne paraît car l’amour ça ne se commande pas, c’est l’amour qui commande !

Les philosophes ont longuement réfléchis sur la question de l’amour. Quel enseignement pouvons-nous en tirer ?

EROS

C’est un amour soutenu par le désir, le désir déterminé d’un certain objet, en tant qu’il manque particulièrement. Il n’y a jamais de repos, l’incomplétude est son destin puisque le manque est sa définition ! Riche de tout ce qui lui manque, et pauvre à jamais de tout ce qu’il poursuit, toujours entre fortune et misère, entre savoir et ignorance, entre bonheur et malheur. C’est l’amour insatiable, solitaire, toujours en manque, c’est la passion qui affole et déchire.

« Il n’y a pas d’amour heureux… »

« Comme je serais heureux si elle m’aimait, si elle était à moi »

C’est un amour égoïste mais un égoïsme plein du vide de son objet ! La première issue, la plus facile sera la procréation, fonder une famille et « avoir » des enfants. L’amour est la vie même, en tant qu’elle veut se conserver mais à cause de la mort elle est vouée au néant alors enfanter est une façon de se rendre immortel…

D’où le drame dans certains couples infertiles de ne pas avoir d’enfant. Ce refus que la Vie leur accorde les dévore entièrement, si aucun autre amour ne trouve de place, le couple fini par se rompre.

L’amour qui donne droit à la possession.

« Bonjour Monsieur, je vous présente mon mari » « Cher ami, voici monenfant » Avez-vous déjà réfléchi sur le contenu, la signification de cet article que la grammaire nous oblige à utiliser ? On présente son conjoint comme un complément d’objet direct !Quand je dis « mon mari » est ce que je pense qu’il est à moi ? Si oui, sournoisement s’introduit l’idée de possession, le droit sur la chose. Le pouvoir d’user et abuser de la chose en sa possession.

D’ailleurs une personne n’est pas une chose et croire que quelqu’un nous appartient est un leurre. Très souvent une relation est basée sur une histoire personnelle qui vous rattache, au travers du partenaire, à papa et maman. Le mythe d’Œdipe nous explique bien comme, pour devenir clairvoyant, il faut symboliquement tuer son père et sa mère.

L’idée de la possession de l’autre est une des raisons pour laquelle nombre de vie de couple échouent : on a peur de perdre la chose que nous croyons posséder, et nous devenons jaloux. La jalousie est la crainte de perdre l’autre, quand elle prend des proportions trop grandes, elle mine une relation. La suspicion de l’un fait que l’autre n’ose plus agir en toute liberté, se met à faire des choses en cachette. La cachoterie s’installant, la non-confiance s’infiltre, donnant raison à la jalousie. Comment pouvoir continuer à aimer quelqu’un qui ne vous fait pas confiance ou en qui on ne peut avoir confiance ?

De même cet amour possessif crée parfois de grandes cassures dans la relation avec les enfants qui doivent d’enfuir, se couper psychiquement du parent qui pense savoir penser à sa place !

L’Eros est d’une certaine manière liée à la notion de consommation.

Eros dans le couple

Cet amour est celui qui nous permet d’apprendre le sens de la vie. C’est lui qui justifie les couples tout en les condamnant parfois à l’échec. C’est l’amour le plus violent, le plus riche en souffrances, en échecs, en illusions, en désillusions. Le manque est son essence, la passion amoureuse son sommet. Qui dit manque dit souffrance et possessivité.

C’est l’amour de concupiscence, l’aimant aime l’autre comme un plat dont il se rassasie…Il aime l’autre pour son bien à lui ! C’est l’amour de convoitise, Platon défini l’amour comme : « Lorsqu’un être manque de quelque chose et rencontre ce qui lui manque et qu’il le convoite »

C’est le « mal d’amour » des poètes.

C’est l’amour jaloux, avide et possessif qui loin de se réjouir du bonheur de celui qu’il aime, en souffre atrocement dès que ce bonheur l’éloigne de lui ou menace le sien…

Importun et jaloux quand il aime, infidèle et menteur dès qu’il n’aime plus. Cet amour là n’est pas le contraire de l’égoïsme, il est sa forme passionnelle, transitive. Amour qui veut posséder, garder et pour lui tout seul. Rien à voir avec une vertu, mais beaucoup, parfois, avec la haine.

EX : Elle est heureuse avec un autre, vous la préféreriez morte ! il est heureux avec une autre, vous le préféreriez malheureux avec vous ! Bel amour qui n’est que amour de soi !

Chagrin d’amour de ne pas avoir ce que l’on veut, souffrance et déchirure…Elle revient, vous aime à nouveau et voyez la violence des retrouvailles, retour à un certain vide, elle manque moins… Mais à force d’être là tous les jours, toutes les nuits elle manquera de moins en moins, elle fine par vous manquer moins qu’une autre ou que la solitude… Eros s’apaise, Eros s’ennuie, vous avez ce qui ne vous manque plus…

Est-ce cela un couple ? Heureusement certains vivent mieux que cet assoupissement de la passion, que ce désamour. Ils ont trouver un chemin pour le satisfaire sans le supprimer, car si l’amour est manque, comment le combler sans l’abolir ? Le bonheur n’est-il pas la fin de la passion, comme peut-il durer s’il est heureux ?

L’amour est-il autre chose que la chanson de Tristan : « Pour quel destin suis-je né ? La vieille mélodie me le répète : pour désirer et pour mourir ! Pour mourir de désirer » » La mort est l’issue de la survivance de l’Eros

Le couple enrichi par Eros

C’est l’amour érotique lié à une vie sexuelle satisfaisante. Ce qui compte est le plaisir sexuel des partenaires, l’intensité de leurs ressentis. Bien sûr l’Eros n’est pas le même à 20 ans qu’à 70 ans !. La vie sexuelle satisfaisante se situe différemment mais le charme, la tendresse, les caresses sont de tout temps.

C’est la séduction réciproque, les 1000 et une raisons d’un partenaire d’admirer l’autre (succès, argent, force physique, beauté, le parfum, la façon de parler, etc.

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L’Eros dans la famille

La famille est en général l’avenir du couple ou son commencement car nous ne serions pas capable d’aimer si nous n’avions pas été aimés ! L’amour est donc reçu avant de savoir être donné, la grâce d’être aimer précède la grâce d’aimer nous dit André Comte-Sponville.  La famille est le premier creuset de l’amour même si une loi essentielle de la famille, celle de l’interdit de l’inceste, pousse à aimer ailleurs.

Eros est le premier amour, inscrit dans la pulsion vitale de la violence du désir de vivre. Le nouveau né est avide du sein, il n’est que désir, pulsion animale. Il n’a qu’une idée prendre le plaisir dont il a besoin, se remplir.

Description de la fonction maternelle

Cet amour est une faim face à la vie

Eros est régit par le principe du Plaisir. Tout manque doit être comblé, maintenant tout de suite.

Si le parent reste coincé dans cet amour il y a de nombreux pièges. La sur protection est de l’amour Eros, je fais tout à la place de l’autre pour le rendre à ma merci, pour le rendre dépendant de moi…

Un manque d’Eros dans l’enfance piège le couple.

Un Eros mal développé pendant l’enfance peut entraîner certaines inhibitions peuvent empêcher une vie sexuelle épanouissante.

Un garçon qui aurait trop été sous la coupe de sa mère qui légifère sans reconnaître de place à l’homme dans cette fonction, interdit à son fils d’aimer un autre femme qu’elle. Le pauvre à chaque fois qu’il fait l’amour avec sa belle, il trompe maman, l’infidèle ! Comment voulez-vous que cela marche avec une maman omniprésente, même au lit !

Du côté féminin, une fille qui ne s’est pas sentie reconnue, aimable au yeux de son père n’est pas sécurisée dans sa sexuation. Ou encore si elle n’est pas différentiée par rapport à sa mère, la concurrente, elle n’aura de cesse que d’accaparer l’amour paternel, à exiger son attention, à le soumettre à ses exigences émotionnelles. Comment voulez-vous que cela marche avec une femme qui demande, accapare, exige, plus qu’elle ne (se) donne ?

En effet, le comportement de la femme qui, enfant, ne s’est jamais sentie sécurisée, différienciée et aimée par son père, restera prisonnière de son angoisse de ne pas avoir l’amour du père et donc de ne pas être une femme à part entière, différente de sa mère et reconnue comme telle par son père. Cette souffrance amènera ce type de femme à chercher à contrôler toute situation (car elle ne peut pas avoir confiance dans les hommes) elle est jalouse, critique, se plaint que personne ne l’aimer, surtout pas son mari. Celui-ci vu initialement comme un protecteur amoureux de sa bien-aimée, se retrouve bientôt désemparé, ne sachant plus comment assouvir les milles demande et exigences de son conjoint. Le pauvre n’a pas compris que sa femme est tout autant que lui victime ; elle est victime d’une identité fragilisée qui pour ne pas déprimer se bat pour exiger le manque initial…

PHILIA

L’amour est-il toujours un manque ? N’est-il que cela ? L’amour n’est-il que espérance de ce qu’on n’a pas, de ce que l’on ne sait pas, de ce que l’on ne peut pas ? Amour et espérance ne serait alors que inquiétude, impuissance et ignorance.

Peut-on mettre sur le même pied : « j’aime le chocolat et j’aime mes enfants » ? Aristote parle de l’amour comme : « aimer, c’est vouloir du bien à quelqu’un » Pour St Thomas l’amour se divise en : « en amour d’amitié et en amour de convoitise : car un ami, au sens propre ,est celui à qui nous voulons du bien ; et on parle de convoitise à l’égard de ce que nous voulons pour nous. »

Philia dans le couple

Dans un couple Eros et Philia se mêle toujours, quoi de plus normal que de désirer fortement la femme que l’on aime et quoi de plus normal que de lui vouloir du bien, que d’aimer avec bienveillance quelqu’un avec qui on a un plaisir sexuel. Mais Eros s’use, l’autre manque de moins en moins car il est toujours là. Par contre dans un couple heureux Philia se renforce, s’approfondit, on devient des vrais complices. C’est la logique de la vie. Au départ comme le nouveau-né se jète sur le sein, les amants n’ont qu’une idée se retrouver l’un contre l’autre, tout à l’un, tout à l’autre pour assouvir une soif , pour remplir un vide. Grandir en amour c’est pouvoir passer de l’amour de soi à l’amour de l’autre.

Il y a une connivence dans les goûts, dans les idées, dans l’éducation. Une manière semblable d’élaborer, d’organiser les projets ou de solutionner les problèmes. Ou encore il y a  l’attraction des opposés, l’autre est aimé pour ce qu’on a pas ! Il n’y a pas de possession, c’est le plaisir de deux âmes qui se rejoignent. Les partenaires ont besoin de peu de mots pour se comprendre.

Ici, penser à l’autre donne chaud au cœur ! Ce n’est pas parce qu’il me manque que je l’aime mais c’est ce que j’aime qui parfois me manque, ainsi vivent nombre de parents l’amour qu’ils ont quand un enfant se marie.

Il y a une reconnaissance réciproque, dans Philia la réciprocité est très forte, les partenaires s’aiment l’un l’autre. C’est l’amour lorsqu’il s’épanouit entre humains qui ne se réduit pas au manque ou à la passion.

Philia dans la vie de famille

Philia est l’amour engagé dans la tâche éducative. C’est l’amour qui permet à la fois l’amour câlin et l’amour loi.

Face au nouveau-né en plein Eros se retrouve une mère qui accède à Philia. Elle est toute joie, bienveillance, serviabilité, ouverture. N’entend-on pas souvent « Comme elle a changé depuis qu’elle a un enfant… » Elle est là pour donner, elle accède à une dimension de l’amour plus spirituel.

Certains adultes aiment surtout les tout petits, peut être parce qu’ils sont tout en demande, le rapprochement est l’essentiel. Lorsque l’enfant grandit nous devons l’aimer pour tout ce qu’il est et qui ne nous comble pas forcement.

Ceci est d’autant plus vrai avec les adolescents. Nombre de parents ont du mal de voir les jeunes leur tourner le dos au moment où ils avaient rêvés de complicité et d’échanges. Où l’adulte avait sans doute espérer se retrouver, lui, en jeune avec tout ce que ses parents n’ont pas partagé avec lui !

Faire des choses ensemble ?

Faire des choses ensemble est-ce la finalité d’un couple et d’une famille ? On pourrait croire que oui parce que sinon a quoi cela sert de s’encombrer de l’autre… ?

La famille, le couple n’est ce pas cet élément de stabilité essentiel où grâce aux autres nous pouvons advenir à nous-même. Si le sentiment d’être ensemble est essentiel ce n’est pas pour cela que nous devons tout faire ensemble ! Voilà une erreur souvent rencontrée. « Mon mari ne joue jamais avec son fils, ils ne font rien ensemble » Ce à quoi le mari rétorque : « Il est vrai que je fais rarement des jeux avec mon fils car cela m’ennuie mais nous regardons la TV côte à côte et ainsi nous créons un sentiment de complicité  car j’ai le sentiment que nous sommes deux et un en même temps »

La nous touchons un point crucial : être ensemble est plus important que faire ensemble !

La question des réglages

Tout l’art, lorsque un couple a fondé une famille sera de jongler avec le délicat équilibre des moments où l’on est « seul » et des moments où l’on est « avec ». Cet équilibre ne suit pas des règles de fonctionnement fixes ! Les réglages sont tout le temps à recommencer, c’est ce qui provoque nombre de malentendus et de « drames d’amour ».

Il n’y a pas une théorie des réglages, il y a cette disposition d’abandonner le projet d’être seul, le temps d’avoir signifier à l’autre que l’on sentait qu’il  voulait être ensemble. Sans doute les femmes sont-elles plus souples dans ces circonstances et très souvent trop souples interrompant une discussion avec son mari pour écouter l’enfant…

Sources de malentendus

Aucun évènement n’est objectivable car chacun de nous vit chaque instant au travers du prisme de sa subjectivité. Un mari, un enfant peut avoir le sentiment que l’on ne prend jamais de temps pour lui alors que la personne interpellée a l’impression que celui-là lui prend plus d’énergie que quiconque dans la famille !

On peut faire une activité commune avec un objectif différent. L’un le fait parce que cela l’intéresse et l’autre le fait pour le plaisir d’être ensemble. Le père bricole avec le fils car il adore bricoler. Le fils assiste car il a envie d’être près de son père. Si celui-ci se plonge dans l’activité sans de temps en temps faire signe à son fils pour dire qu’il apprécie sa présence, celui-ci quittera le lieu ayant l’impression que de toute façon sa présence n’a aucun intérêt pour le père. Une fois de plus l’essentiel n’est pas de faire quelque chose ensemble mais plus  de marquer des moments de complicité du bonheur d’être « avec «  l’autre.

Comment « être ensemble » ?

Multiplier les occupations communes revient en quelque sorte à accroître les contraintes. ! Un des deux dans le couple risque de subir une activité qui l’ennuie et cela le rend en fait absent de cœur même si il est présent de corps !

L’essentiel ne serait-il pas de favoriser des petites rencontres, ces moments furtifs de la vie quotidienne qui sont comme les petits cailloux blancs du petit Poucet et servent de relais au sentiment d’exister dans le regard de l’autre. C’est l’échange d’un sourire complice entre époux, un geste tendre qui signe pour les enfants que cela pulse encore entre les parents ! C’est la complicité de deux enfants qui d’un regard dénonce leur sourire intérieur de maman qui a de nouveau oublié sa casserole sur le feu et papa qui va grommeler en disant que son deuxième métier est d’être gratte casserole brûlée !

Etre ensemble c’est parsemer la vie de petits commentaires, de mots d’humour ou de connivence qui fait que chacun se sent reconnu comme unique.

Le nombre d’enfants qui se sentent comme un meuble que l’on habile, nourrit, dépose pour le reprendre le soir, l’occuper en jouant, le nourrir et le coucher ensuite. Un objet qui se dépose et se juge…

Chaque jour le même scénario, l’horreur de la routine dans lequel tout un chacun est livrer au dieu Temps  dont il faut à tout crin « gagner » les faveurs pour ne pas le « perdre ». Comme si il était finalement le seul lien entre les constituants de la famille…

L’important pour se sentir ensemble sera de pouvoir communiquer son bonheur d’être avec l’autre, de le rassurer sur l’amour qu’on lui porte (le geste est plus convaincant que la parole), cela valide le lien.

Il est parfois plus liant de « faire séparément » c’est à dire d’être « soi seul » tout en « étant ensemble » dans la reconnaissance quotidienne . « De mon père, je ne me souviens qu’une chose, quand nous partions deux semaines en vacances. Le restant du temps je ne crois pas qu’il se rendait compte de ma présence »

Ce qui manque le plus cruellement aujourd’hui est cette reconnaissance de l’existence aux yeux de l’autre.

Le couple aussi doit pouvoir être ensemble. Certains parents ne mettent pas les enfants chez les scouts car ainsi « on reste toujours ensemble ». Famille fusionnelle qui interdit toute différentiation.

Garder le juste milieu serait de ne pas toujours mettre l’enfant au centre de toutes les activités ! De ne pas lui accorder le tout pouvoir. Il n’a pas a occuper sans cesse la place qu’il préfère : au milieu du lit, entre les parents.

Introduction a la fonction paternelle

Vient mettre la coupure dans la symbiose en introduisant le Principe de la réalité. Tout n’est pas permis, tout n’est pas possible. Introduit à la Loi de l’incertain.

Rend autonome et libre.

Apprend à choisir.

e manque de fonction paternelle entraîne de nombreux pièges.

Et la question des règles !

Avoir des portes

L’enfant qui entend les bruits des ébats amoureux ne les interprète pas forcement comme une partie de plaisir…Il est rassurant pour l’enfant de savoir que la chambre des parents est un lieu à eux et à respecter car ils ont une vie à eux. Que de fausses pistes mises en place par une TV dans la chambre parentale, regardée dans le lit par la mère et le fils pendant que papa est à son bureau. L’enfant s’endors et c’est au père à le remettre au lit cassant ainsi l’illusion que la mère est au fils.

Dessin de famille avec un père en toute petite taille

Pour conclure concernant Philia.

Le désir n’est pas que manque (espérer rencontrer un partenaire ) mais peut aussi être puissance ou jouissance (être heureux de vivre avec un partenaire ) ! Le désir en acte c’est la volonté de vivre des choses qui dépendent de nous. Avoir le plaisir de vous parler ce soir car j’ai décidé de la faire et pas seulement vivre d’un espoir de pouvoir m’adresser à un public.

L’amour c’est donc aussi le plaisir d’agir, de jouir et de se réjouir de nos actions. D’en avoir du plaisir. La vie sexuelle serait un réel problème si on ne pouvait désirer que ce qui n’est pas là ! ! ! L’amour c’est aussi le bonheur de la plénitude, de jouir de ce que l’on a. Aimer nos enfants, non pas comme un objet imaginaire parce qu’on a un rêve de pérennité (amour eros), mais parce qu’ils sont là dans leur réalité concrète, dans leur spécificité souvent bien différente du rêve qu’on avait…(amour philia)

Cet amour est habité de Joie, de celle du Plaisir de partager des bons moments avec des amis, il est lié à la notion de plaisir, de bonheur que l’autre soit là, existe.

Cet amour est un éclat de rire face à la vie

AGAPE

C’est le plus haut niveau d’amour dans le sens qu’il est illimité et unilatéral. C’est l’amour qui donne et qui ne demande rien en retour.

De ce fait celui qui reçoit reste libre, il n’est obligé de rien, libre d’aimer comme il veut. La culpabilité n’a pas lieu d’exister !

C’est cette énergie dont nous faisons partie et que nous communiquons vers ceux à qui nous adressons notre amour. Cette énergie est dispensée au travers de notre pensée, de nos actes, de notre cœur. C’est l’amour sacré car il est rattaché à l’énergie universelle, celle qui donne un sens à notre vie, qui fait de notre passage sur terre une signification car par la présence de notre amour nous participons à cet univers.

C’est une façon de faire taire notre Moi pour laisser la place à l’univers. Sans doute est-ce la quête initiatique des plus âgés, de ceux qui sont en recherche de Sagesse.

Agapè en famille

Revenons à notre nouveau-né. Face à sa demande incessante, nous voyons les adultes se retirer quant à leur désir, se faire petit, ne pas exercer leur puissance et se mettre entièrement au service de ce petit être persécuteur qui crie, hurle, fait des selles malodorantes et régit le temps de l’adulte comme un tyran. Cette position sera d’autant plus évidente que l’enfant est faible, démuni, fragile, l’adulte fera tout ce qui est en son pouvoir pour ne pas les empêcher d’exister, pour leur accorder une place afin qu’ils ne se sentent pas exclu de la scène humaine.

La mère qui donne à l’enfant tout se qu’elle possède n’est pas généreuse, ou n’a pas besoin de l’être, elle aime son enfant plus qu’elle même. Celle qui se ferait tuer pour son enfant n’est pas courageuse : elle aime son enfant plus que la vie, la mère qui pardonne à son enfant n’est pas miséricordieuse, elle l’aime pour qui il est quoi qu’il fasse par delà toute justice ou préjugés de Bien ou Mal. Elle l’aime de façon inconditionnelle.

Aimerait-elle de la même manière l’enfant d’un autre ?

Accepter d’accueillir sous son toit un ami d’un de nos enfants qui nous déplaît serait une approche d’un amour inconditionnel mais ouvert à plus d’individus que notre famille et nos amis… L’avancée de Vlaamse Blok en dit long sur cette difficulté d’aimer quelque chose qui ne nous manque pas et envers qui nous n’avons aucun sentiment amical et de bienveillance. C’est le niveau d’amour que le Christ a voulu transmettre « Aimez vos ennemis » Il s’agit ici d’un amour totalement désintéressé, tout en accueil. Cet amour, explique Simone Weil, est le contraire de la violence et du pouvoir.

C’est un amour spontané, gratuit qui donne en pure perte et non pas qui donne à un ami. Saint Thomas l’a appelé : l’amour Charité.

C’est faire traverser la rue à un aveugle, dépanner une voiture en panne au bord de la route alors qu’il pleut.

C’est savoir aimer tous les humains, et finalement est-ce si difficile d’aimer quelqu’un qui nous ressemble, qui vit comme nous, qui souffre comme nous, qui va mourir comme nous ?

N’est-il pas important dans notre société de consommation de transmettre ce message à nos enfants, d’être un couple qui montre l’exemple de ce genre de comportements ?

Agapè c’est l’amour libéré de l’ego. C’est un sourire face à la vie, un sourire qui n’a pas besoin de la souffrance de l’autre pour l’aimer.

Il est le sourire de la Joconde.

Cela devrait être l’amour des grands parents.

Conclusion  Dans le banquet de Platon, Diotime achève son discours de telle manière : L’amour serait un parcours initiatique, suivre l’amour sans s’y enfermer, sans s’y perdre c’est franchir les unes après les autres les différentes degrés d’amour. Aimer d’abord un seul corps, pour sa beauté, puis tous les beaux corps puisque la beauté leur est commune, puis la beauté des âmes qui est supérieure à celle des corps, puis la beauté qu’il y a dans les actions et les lois, puis la beauté des sciences et enfin la beauté éternelle et absolue celle du Beau en soi (le Beau étant l’éblouissante manifestation du Bien)

Conclusion

Nous pouvons constater que sur beaucoup de points l’objectif d’une famille comme celui du couple est le même mais en offrant d’autres outils, nous réaliser nous-même en étant soutenu dans l’acceptation de notre solitude et dans la conviction que finalement, une fois adulte, le seul responsable de nous-même c’est toujours le même : nous-même !

Le temps est passé d’avoir une seule facette identitaire ; l’appartenance à un groupe social ou à une fonction.

Par exemple, être le Père, un point c’est tout, être La femme au foyer .

Actuellement chacun cherche à être reconnu comme parent, comme conjoint, comme enfant mais à condition de ne pas être figé dans un des rôle afin de pouvoir continuer à se construire…

Il est cependant important de souligner comme l’a fait François de Singly dans son livre « Libres ensemble », que face à la nécessité d’aujourd’hui qu’expriment à la fois enfants et conjoints : « construire son identité » et « être consolidé », il est plus facile d’être enfant que parent.’

L’objectif du parent est de rendre son enfant autonome et indépendant afin qu’un jour il prenne son envol. Ainsi l’attitude éducative quotidienne conduira à la séparation progressive. En ce qui concerne les conjoints, l’objectif n’est pas de se quitter ! Par contre ils désirent se sentir libres de devenir eux-mêmes et d’avoir des activités « seul ». Toute l’ambiguïté sera de veiller à ce que ces pratiques ne soient pas interprétées par l’autre comme un facteur d’éloignement.

Si un ado affiche sur sa porte « interdit d ‘entrer’ nous sourions mais si votre conjoint affiche la même chose à votre adresse, sur la porte de son bureau, cela ne nous donne pas un sentiment de réassurance quant à son envie de partager la vie avec nous…

N’est-il pas adéquat de terminer  sur cette phrase du journal intime de Pavese « Tu seras aimé le jour où tu pourras montrer ta faiblesse sans que l’autre ne s’en serve pour affirmer sa force »

 

Eros Amour de convoitise

Faim vis à vis de la vie Justifie le couple

La fureur de vivre Amour possessif

La construction de l’ego Amour jaloux

 

Philia Amour d’amitié

Eclat de rire face à la vie Amour réciprocité

La joie de vivre Amour de la reconnaissance

L’ego se stabilise Amour du plaisir de partager

 

Agapè

La Sagesse de la vie Amour charité

Le confiance face à la vie Amour qui donne

La disparition de l’ego et ne demande rien  en retour

 

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