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Belle-mère et belle-fille: oui, ça peut marcher !

Entre une belle-mère et sa belle-fille, comment ça peut marcher ?

Quelle est donc la nature du lien si particulier qui unit une belle-mère à sa belle-fille ? Existe-t-il une recette pour que ce lien soit une source de partage, d’amour, de complicité plutôt qu’un générateur de rivalité et de souffrance ?

Article paru dans la revue "Plus Magazine", par Colette Barbier

Intrusive, envahissante, jalouse, possessive, surprotectrice, angoissée, étouffante… Brrr, ça en fait quand même beaucoup pour une belle-maman qui, paradoxalement, porte un aussi beau titre !

Nous avons demandé à Diane Drory, psychologue et psychanalyste, de nous éclairer sur la nature du lien si complexe et délicat qui unit, et désunit, une belle-mère et sa belle-fille.

D’abord une transmission de mère à fille

La psychanalyste nous fait remonter le temps jusqu’à un mode organisationnel dont on s’inspire encore de nos jours. « Pendant des milliers d’années, la femme a assumé la charge vitale de maintenir le feu allumé, raconte-t-elle. C’est de là que vient l’expression ‘femme au foyer’. Chaque foyer est porteur de particularités, d’habitudes et de valeurs qui se transmettent principalement de femme à femme, plus précisément de mère à fille. Quand elle se marie, une fille amène souvent l’homme dans sa famille et sa tradition. Elle reste généralement proche de sa mère et s’en inspire davantage que de sa belle-mère. »

Ne pas provoquer la rivalité

Il est donc vivement déconseillé aux mères de vouloir à tout prix transmettre leurs valeurs et habitudes à leur fils et à sa compagne. « Le comportement d’une belle-mère qui veut imposer sa manière de voir les choses à une belle-fille qui n’en veut pas est perçu, à juste titre, par celle-ci comme terriblement intrusif. » Avec comme conséquence immédiate de voir germer et grandir une graine de rivalité entre les deux femmes dont tous les proches, enfants y compris, risquent de subir les effets collatéraux.

Et face à la crainte toute maternelle que disparaisse le lien mère-fils lorsque celui-ci quitte le nid d’origine, Diane Drory est sans appel : « Le lien mère-fils ne peut pas être un lien de possession, prévient-elle. Ça doit être un lien de nature à rendre la mère heureuse de savoir que son fils a trouvé l’élue de son cœur. »

Un enfer pavé de bonnes intentions

Une belle-mère qui s’immisce et impose ses idées d’un air infiniment charmant et sous couvert de très bonnes intentions, c’est courant et… infernal ! « Il faut comprendre qu’une belle-mère qui débarque à tout moment sans prévenir, qui est sans cesse derrière son fils, lui téléphone souvent, explique comment éduquer les enfants et passe son temps à critiquer sa belle-fille, c’est extrêmement désagréable pour elle, et cela met son fils dans une situation particulièrement difficile. Dans un tel contexte, les tensions sont inévitables. »

Le dépassement par la grandeur d’âme

Comment dépasser cet antagonisme très féminin ? « Tout est dans la grandeur d’âme, rassure Diane Drory. Il est primordial que chacun(e) reste à sa place tout en cultivant le respect de l’autre. Une belle-mère doit avoir suffisamment de finesse pour se tenir à distance tout en étant ouverte et présente à la famille de son fils, pour se taire et donner son avis seulement si on le lui demande. L’aide apportée par les beaux-parents n’est pas une prise de pouvoir et doit faire l’objet d’accords très clairs. L’approbation de la belle-fille est bien sûr indispensable. »

Le fils peut-il jouer le rôle de faiseur de paix ? « Absolument, nous répond Diane Drory. Pour y parvenir, le fils doit être ferme et clair envers sa mère, lui demander de respecter sa femme si nécessaire, mettre des limites à sa mère si elle est intrusive, ne pas la laisser devenir indispensable… ».

Et le beau-père dans tout ça ?

Par chance, les gênes du père sont généralement moins porteurs de l’envie de se mêler du couple formé par sa progéniture. Aussi peut-il profiter de cette grâce pour tenter de tempérer les ardeurs belliqueuses de sa femme. « Il peut essayer de calmer le jeu, aider sa femme à se déshabituer de vérifier si les chemises du fils sont bien repassées, reprisées, s’il mange bien, ne manque de rien. Le beau-père doit pouvoir oser dire à sa femme de laisser les jeunes adultes tranquilles parce qu’ils doivent apprendre, prendre leurs responsabilités, trouver leurs marques ». Et pour cela, faire leurs erreurs…

Quoi de mieux que de profiter du départ des enfants pour s’occuper de sa femme, s’investir beaucoup plus dans la vie de couple ? « Il est important que le beau-père soit un peu le moteur, conclut Diane Drory. C’est l’occasion pour lui de sortir de son fauteuil et d’inviter sa femme à faire de nouveaux projets. » Et lui susurrer à l’oreille : « Si l’on pensait un peu à nous, un peu à nous… », comme le dit si bien Sardou.

Parfois aussi un lien magique

Nancy et Solange ont réussi à créer un lien si profond et puissant avec leur belle-fille qu’il est devenu indissoluble malgré le divorce.

Elle m’encensait et me faisait une totale confiance

« Contrairement à ma maman avec qui le contact était difficile, Nancy, ma belle-mère, était une femme ouverte, témoigne Monique. Nous avions pratiquement une relation de mère à fille. Nancy trouvait que j’élevais très bien les enfants. Elle m’encensait et me faisait totalement confiance. Elle m’a beaucoup épaulée, sans jamais être intrusive, à l’inverse de ma mère.

Alors que j’approchais de la trentaine, Nancy a été abandonnée par son mari et s’est retrouvée sans ressources. Elle était désemparée et, malgré cela, toujours prête à m’aider pour les enfants. Nous nous sommes davantage rapprochées. 

Peu de temps après, mon mari est parti pour une autre femme. Ça a été un deuxième coup dur pour Nancy. Elle ne s’est pas mêlée de notre rupture, sauf pour dire à son fils qu’elle n’était pas d’accord avec son départ. Elle a ensuite maintenu tant bien que mal la relation avec lui, mais a toujours refusé de rencontrer sa nouvelle compagne.

Comme mon ex-mari ne s’occupait pas des enfants, nous passions nos dimanches en compagnie de mon ex-belle-mère. Nous sommes partis en vacances avec elle. Elle faisait tout ce qu’elle pouvait pour m’aider tout en étant toujours très discrète. Tout ça l’a rendue malade. La pauvre a eu un cancer du pancréas. J’y repense souvent et je suis encore sous le choc. »

Elle reste un pilier pour mes enfants et moi

« Solange, mon ex-belle-mère, est une dame au grand cœur qui n’émet jamais aucune critique, essaie de bien s’entendre avec les autres, respecte leurs limites, aime faire plaisir sans jamais rien demander en retour, raconte Nicole.

Au début de mon mariage, Solange m’a appris beaucoup de choses, ce que n’a jamais fait ma propre mère qui était froide. Si Solange était ouverte, proche et disponible, elle n’a pour autant jamais mis son nez dans notre ménage ni dans notre relation de couple.

Lorsque ma vie de couple avec son fils, Pierre, a pris fin, elle n’a pris parti ni pour l’un ni pour l’autre. Pierre et moi avions un fils. J’ai ensuite eu deux filles d’une autre union. Malgré le divorce, mon lien avec Solange ne s’est pas défait, au contraire. Elle s’occupe régulièrement de mes trois enfants qu’elle considère comme ses petits-enfants. Elle n’est pourtant pas riche, mais tellement généreuse de sa personne ! Cette année, les enfants et moi avons partagé nos vacances avec Solange. Je dis souvent à mes trois enfants de bien profiter de leur « mamy ». Elle est un pilier pour nous. Je sais que cette relation incroyable va forger de merveilleux souvenirs en eux. »  

Mots clés: Famille Divorce