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Comment apprendre aux enfants à moins consommer  ?

Dans une société qui pousse à la consommation, les parents sont souvent tentés de satisfaire sur le champ les désirs des enfants, convaincus de les rendre plus heureux ainsi. À l’approche de Noël et de ses incontournables listes de cadeaux, entretien avec Diane Drory, psychologue et psychanalyste, auteur d’« Au secours  ! Je manque de manque  ! ».

Article paru dans la revue "La Croix", propos recueillis par Paula Pinto Gomes

La Croix : Les enfants d’aujourd’hui sont-ils trop gâtés ?

Diane Drory : Je ne sais pas s’ils sont trop gâtés, mais beaucoup ont l’habitude d’être comblés dès qu’ils demandent quelque chose. La plupart des parents n’osent pas sortir de la question de l’immédiateté. Ils ont l’impression de rendre leur enfant heureux en lui donnant tout de suite ce qu’il désire. Ils ont du mal à résister, pressés par la société, la publicité et les effets de masse qui nous font croire que le bonheur dépend des choses que l’on possède.

Comment résister à cette pression ?

Diane Drory : Il faut vivre avec son époque, il ne s’agit pas de renoncer à tout. Aujourd’hui, il est normal qu’un adolescent ait un portable à 14 ans, par exemple. Mais, ce qui est important, c’est de lui apprendre la notion de temps. L’idée qu’il faut du temps pour acquérir les choses et que cette attente, loin d’être une punition est l’occasion de se réjouir d’avoir ce que qu’on a demandé. Il faut amener les enfants à réfléchir à ce qu’ils vont faire avec le jeu ou l’objet qu’ils souhaitent tant avoir. En y pensant, ils se rendent parfois compte qu’ils préfèrent autre chose. Le piège de la consommation dans lequel il faut éviter de tomber c’est d’avoir pour avoir plus et non pas pour « être plus ».

Acheter tout ce que demande un enfant ne le rend donc pas plus heureux.

Diane Drory : Non, au contraire. Répondre à toutes ses demandes le « déréalise » en lui laissant croire que la réalité va toujours dans le sens de son désir. Ce qui n’est évidemment pas le cas. Les parents cèdent souvent parce qu’ils ont peur d’être moins aimés, mais en agissant ainsi, ils finissent par tuer le désir. Celui-ci a besoin d’être entretenu. Le fait d’attendre un cadeau ou quelque chose que l’on a demandé fait rêver et fonctionner notre imaginaire, alors que la réalité l’arrête. Dès que le désir est satisfait, il s’en va se promener ailleurs et se porte sur un nouvel objet. Et cela, les marques l’ont bien compris.

Concrètement, quels conseils donner aux parents ?

Diane Drory : Le seul conseil c’est d’être de bons exemples pour leurs enfants ! Les jeunes regardent comment font les adultes. Si ces derniers prennent le temps de réfléchir avant d’acheter, s’ils s’interrogent sur le prix et adoptent une posture de distance par rapport à la consommation, alors il y a de fortes chances pour que les enfants intègrent ces principes. Consommer n’est pas une mauvaise chose en soi, ce qui est négatif c’est de ne pas réfléchir à ce qu’on va faire avec l’objet acheté. Vais-je acheter des livres pour remplir la bibliothèque ou pour les lire ? C’est ces notions qu’il faut essayer de transmettre aux enfants afin d’en faire des consommateurs raisonnés. 

Mots clés: Société Pédagogie