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Vos enfants et l'argent

Vos enfants et l'argent - Des rapports parfois complexes

Jamais nous n'avons autant parlé d'argent. Tout y réfère en ces temps de crise mais aussi de surconsommation. Mais comment en parler à nos plus jeunes ? Surtout quand leurs manières de le gérer nous inquiètent. Trois cas de figures à décoder.

Article par Catherine Pirlot

Avec la participation de Diane Drory, Psychologue, Psychanalyste et spécialiste des troubles de la petite enfance.

Les spécialistes s'accordent à dire que ce n'est que vers 7 ans qu'un enfant commence à compter et à évaluer la valeur de la monnaie. Rien ne vous empêche pour autant d'aborder le sujet avec les petits de 4 ans à condition de ne pas rentrer dans les détails. Il n'est pas nécessaire de lui parler du prix du loyer ou de votre salaire. Par contre, vous pouvez lui expliquer que dans la vie, certaines choses sont indispensables pour être en bonne santé, bien grandir et parfois se faire plaisir. Vous pouvez aussi lui enseignez les notions de mérite et d'effort. L'argent ne s'achète pas à la banque ni au guichet automatique, on le gagne en travaillant. Et pourtant, malgré nos beaux discours, il arrive qu'ils adoptent des attitudes qui nous inquiètent.

Quand il vole…

Damien, 5 ans chipe un bonbon à la boulangerie ? Pas de panique ! Il est normal qu'à cet âge, il faille encore l’aider à intégrer la notion d'appartenance. Ce qui compte pour lui, c'est l'objet convoité peu importe la manière de l'obtenir. Rien à voir avec votre Julie qui, à 7 ans, a volé le livre de sa copine. Elle est censée savoir ce qui est bien ou mal, qu'il s'agisse d'une friandise ou d'un objet de plus grande valeur, rappelle la psychanalyste. Dans les deux cas, il faudra toujours garder à l'esprit qu'un enfant veut souvent et simplement tester son pouvoir. Excité parfois à l'idée de faire quelque chose d'interdit, encouragé par ses copains ("T'es cap ou pas cap ?"). Notre experte évoque aussi les "vols généreux". Les quelques pièces dérobées dans votre portefeuille par votre gamine lui donneront la possibilité d'acheter des choses pour ses amies. L'extrême besoin d'être aimée l'emportera de loin sur son malaise. Tout comme les ados pour qui afficher les mêmes signes d'appartenance que leurs pairs reste la priorité. La fin justifiera les moyens, explique Diane Drory.

Je fais quoi ?

"Même si vous vivez mal cette situation, montrez clairement que vous n'êtes pas dupe et ayez un discours cohérent entre parents", insiste la spécialiste. Un jugement trop rapide et mal éclairé pouvant faire beaucoup de tort, retracez posément les faits avec lui. Inutile d'en faire un drame, et de l'humilier publiquement avec des menaces traumatisantes telles "Tu es une vilaine voleuse, tu me fais honte". Votre kid est suffisamment inquiet pour en rajouter une couche. Mais le vol ne peut en aucun cas justifier la frustration qu'il doit apprendre à gérer. Se limiter à "Tu ne peux pas le faire !" est insuffisant. Lui faire comprendre l'impact de son geste ("Tu aurais pu faire accuser quelqu’un d'autre à ta place", "C'est l'argent pour les courses"), lui rappeler qu'il s'agit d'un acte interdit et puni par la loi est indispensable. Quant à la sanction, elle ne doit pas être systématique la première fois mais bien en cas de récidive. Trouver ensemble un moyen pour réparer son geste, (effectuer des petites corvées familiales, par exemple) est bien plus productif. Il comprendra que le vol a aussi un coût réel pour lui. Faut-il consulter ? "Je rencontre peu d'enfants pervers qui volent pour le plaisir du faire mal à l'autre, reconnait Diane Drory. Mais lorsque l'enfant ment pour couvrir son vol ou s'il récidive, cela renvoie toujours à une souffrance. Assurez-vous également qu'il n'a pas subi un chantage ou un racket, à l'origine de nombreux vols à répétition", rappelle-elle.

Quand il thésaurise…

Chloé veille sur son cochon-tirelire comme une vraie sentinelle? Julien est un vrai Picsou qui étale ses billets, les recompte et ne dépense jamais rien? "On ne peut certes, pas critiquer un enfant qui épargne mais rester attentif à ce que l’argent ne tourne pas en obsession. L'important, c'est de savoir s'il thésaurise pour faire ses propres choix", explique Anne Bacus, psychologue, spécialiste de l'enfance. "Je bénis les grands-parents, parrains et marraines, principaux pourvoyeurs d'étrennes qui regonflent chaque année le bas de laine des petits". Le vélo que convoite Julien ou la poupée qui attend Chloé, restent des projets éducatifs. S'ils gardent leur trésor au chaud, ils ne sont pas pour autant avares. Diane Drory parle aussi des enfants naturellement anxieux. Que ce soit pour l'argent ou autre chose, cela fait partie de leur caractère.

Je fais quoi ?

"Surtout ne pas acheter à sa place des choses pour lesquelles il a reçu de l'argent de poche, prévient-elle. Par contre, si ce petit hamster est incapable de dépenser pour lui-même, cela peut s'avérer plus problématique. De même, une peur de "coûter" à ses parents peut traduire une certaine façon de penser devoir les protéger. Un enfant tel un radar capte les émotions des adultes -ses parents en première ligne-. Il reprend à son compte leurs inquiétudes, leurs convoitises ou leurs frustrations. Ne pas trop les exprimer et le rassurer fermement, c'est la meilleure tactique : "Même si nous devons faire attention à nos sous, nous avons le nécessaire et ce n'est pas ton problème. Dans notre pays, rassures-toi, on ne laisse pas les gens mourir de faim. Il existe des solutions si nous avons besoin d'aide".

Quand il réclame toujours plus…

Si l'on fait référence à un enfant 5 ans, le fait qu'il continue à vous solliciter alors que souvent il se doute que vous allez dire non, est fréquent. Il entre dans un âge où il veut tout posséder, commence à développer une pensée autonome, et apprend beaucoup de choses hors de votre contrôle. Ce qui suscite évidemment des désirs. C'est même plutôt un signe de vitalité contrairement à un(e) gamin(e) qui n'exprime jamais une envie. Le matraquage publicitaire tel qu'il est conçu aujourd'hui n'arrange rien surtout dans le monde d'immédiateté dans lequel nos enfants évoluent ("Je veux tout et tout de suite"). Cela étant dit, s'interroger sur notre propre rapport avec l'argent - en général et en ce qui les concerne - n'est pas inutile. Certains parents sont à la base réfractaires à l'idée que leurs gosses achètent toute la collection de cartes Pokémon ou un vêtement siglé mais finissent par craquer de peur qu'ils ne soient marginalisés à l'école. Céder ou pas à leur demande se réfléchit parfois autrement, en fonction des priorités.

Je fais quoi ?

L'éduquer, c'est l'aider à renoncer à la satisfaction de "tous" ses désirs. Ses camarades ont "plus" ? Restez ferme : "J'entends que tu trouves cela injuste et que tu aurais envie de plus mais nous considérons que cela suffit". Et puis, profitez-en pour glisser un couplet sur les différences de train de vie: "La société est ainsi faite, tu trouveras toujours des gens qui ont plus ou moins". Encouragez-le aussi à ne pas être un consommateur mouton, d'être proactif sur ses choix et comment y arriver. S'il veut cette paire de Nike, qu'il réfléchisse à rendre un service exceptionnel pour obtenir une participation à cet achat. Dès l'âge de 12 ans, il peut parfaitement se proposer comme baby-sitter. Et s'il est naturellement dépensier, pourquoi ne pas lui suggérer de se fixer un objectif concret (vêtement, jeu, ordi). Et lui conseiller d'en afficher la photo dans sa chambre. 

L'argent poche: un pécule éducatif !

"Certains parents me disent : "ils n'en n'ont pas besoin, on leur donne tout ce dont ils ont besoin", raconte Diane Drory. "C'est une manière de garder le contrôle sur leur enfant, de le rendre complètement dépendant de leur propre désir de parent", explique-t-elle Or, l’argent de poche est un outil d'éducation formidable pour leur apprendre à programmer leurs envies, partager, avoir le sens de l'économie, devenir autonomes. Mais Attention ! Donné, c'est donné ! Ne transformez pas votre versement en chantage aux bonnes notes ou en "donnant-donnant". Vous risqueriez à l'avenir de voir chaque tâche monnayée. Cela dit, rien ne vous empêche de le récompenser occasionnellement pour l'encourager. De même qu'il faut que ce que vous donniez à l'un à tel âge soit ce que vous donniez au suivant au même âge.

Quel montant ?

Tout dépend de vos revenus mais une somme peu élevé au départ est conseillée pour qu'il puisse prendre progressivement conscience de la valeur de l'argent.

Comment ?

Un montant par semaine jusqu'à 14 ans facilite la gestion de l’argent. Apprendre à budgéter ne coule pas de source ! Pour les enfants plus jeunes pensez à privilégiez les pièces plutôt que le billet. 

Pour aller plus loin :

Mots clés: Pédagogie Vol