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Anorexie ou la passion de la nourriture

Les diktats de minceur imposés par les magazines, les vêtements conçus pour des brindilles de 13 ans plus longues que rondes, voient nombre de femmes regarder leurs rondeurs d’un mauvais œil… Ainsi, les femmes d’aujourd’hui deviennent soucieuses de ce qu’elles mangent et les inventeurs de « régimes minceur » font fortune !

Ne taxons pas d’anorexique une femme qui tente un régime pendant quelques jours pour « craquer »  et ré entonner avec le courage la phrase classique « Lundi, je commence mon régime … » !

L’anorexie mentale est d’un autre ordre. Elle se retrouve chez certaines femmes (et de plus en plus souvent chez des adolescentes) qui se mettent à maigrir de façon exagérée tout en proclamant « ne jamais s’être sentie aussi bien ». Elles perdent toute forme féminine, et continuent cependant, en se regardent devant la glace, à repérer d’hypothétiques « rondeurs qui doivent absolument disparaître » 

Quelque chose de la répression totale se met en place, d’ailleurs une des premières manifestations de l’anorexie est l’aménorrhée (arrêt des règles)

Un étrange rapport à la nourriture

La nourriture, base même de notre possibilité d’existence, devient d’enjeu d’étranges comportements. Le corps serait-il devenu insoutenable à leur vue ? Pourquoi ce refus quasi total de toute nourriture alors que d’un autre côté, souvent elles vouent un véritable culte aux aliments et adorent se consacrer à la cuisine ? Il n’est pas rare de voir une anorexique collectionner des recettes, connaître chaque élément nutritif composant un aliment, et être extrêmement soucieuse de faire manger correctement et copieusement son entourage… alors qu’elle –même ne remplit son assiette que d’un petit pois coupé en quatre !

La nourriture détermine-t-elle l’appétit pour la Vie ?

La nourriture, l’alimentation, la digestion tout ce qui a trait à l’oralité, reste un facteur essentiel pour tout un chacun et ce pendant toute notre vie. D’ailleurs les lèvres, les muqueuses intra-bucales et la langue ont une représentation corticale étendue dans notre cerveau. 

Dés notre naissance, la nourriture en plus d’être une réponse à un besoin physiologique, est avant tout un bain d’affect. L’oralité, c’est à dire toutes les pulsions qui rentrent en jeu dans le vécu de la région bucale, est déterminante pour chacun de nous ; elle se constitu dans la manière dont nous avons « reçu » la nourriture dès notre naissance. Ainsi les moments de nutrition, activité principale des tous petits, sont-ils les fondements de ce qui, aujourd’hui, détermine nos réactions. Que ce soit en filigrane ou en premier plan, l’oralité est présente dans chaque situation émotionnelle de la vie. Pourquoi l’anorexique refuse-t-elle ce qui est un des fondements de notre « être au monde » et de nos attachements ?

L’anorexie : fin de la faim ?

Pour une femme, maigrir c’est avant tout effacer toute trace de féminité. Et si c’était refuser de faire de l’ombre à sa mère…ou chercher à garder intacts les bonheurs de l’enfance, ce temps d’un corps sexué, certes, mais immature… ?

L’opinion générale répand l’idée qu’à priori les anorexiques ont maille à partir beaucoup plus avec la mère qu’avec le père. Comme nous l’avons vu, au travers de la nourriture, la relation à la mère est déterminante dans les liens que nous tissons avec notre corps et la vie qu’il abrite. Il n’empêche que pour fonder une identification féminine solide le rôle du père est essentiel. 

Or dans les récits des anorexiques il est fréquent de retrouver un père absent qui a choisi de déléguer à sa femme l’ensemble de la tâche éducative. Non pas qu’il ne soit pas attaché à sa fille mais pour des raisons diverses, certains messages clé n’ont pas pu se dire ou s’entendre : « Je suis fier d’avoir une fille - Tu es importante pour moi  - Malgré toute mon affection pour toi, tu ne seras jamais ma partenaire de vie car je suis ton père ! » Sans ces messages l’Œdipe ne peut se traverser, l’interdit de l’inceste trop flou ne peut produire ses effets bénéfiques sur la structuration psychique de l’enfant. 

A l’adolescence, craignant un débordement pulsionnel, le psychisme de la jeune anorexique va investir de façon massive tout ce qui est de l’ordre de la pensée, du raisonnement, de la créativité. Ainsi, l’anorexie se caractérise par une négation des sensations du corps et en particulier celle de la faim. Celle-ci est bien réelle car l’anorexie ne se caractérise non pas par une perte d’appétit mais par son contrôle tyrannique.

Réalisant un tour de force inhumain, l’anorexique met en place une absence d’appétit sensoriel bien orchestrée ! Une capacité de contrôle annihile toute expression, niant complètement l’existence des besoins élémentaires du corps. L’anorexique peut mourir d’avoir oublié qu’elle avait besoin d’un corps pour vivre… 

L’anorexique ne croit pas en la mort, pas plus qu’elle ne croit en la vie ni aux plaisirs que celle-ci pourrait apporter au corps

Le mot de la faim

Les anorexiques plus âgées, heureuses de dominer leur faim, font rarement appel, face au refus de se nourrir de façon substantiel, à une aide extérieure car elles ne se sentent ni malheureuses ni coupables.

Par contre, il est un devoir pour les adultes se retrouvant face à un(e) adolescent(e) pris au piège de ce symptôme d’intervenir rapidement, par une aide de personnes spécialisées, afin que celui-ci puisse retrouver l’appétit de vivre qui lui permettra de croquer la vie à pleine dents !

Ecoutons une phrase de Françoise Dolto : « Quels que soient l’âge du patient et la gravité morbide du symptôme, l’anorexie ne survient que chez des êtres humains, le plus souvent du sexe féminin, chez lesquels le plaisir de la communication, de la créativité, de la pensée et des sentiments prime les satisfactions de consommation substantielle. » 

Mots clés: Adolescence Contrôle Corps Alimentation Vie Santé