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Devoirs de famille

Comment définir la place et le rôle d’une famille à l’heure où les enfants, en une année, passent 1000 heures à l’école et 1000 heures devant un écran ? Quelle place reste-t-il pour les parents ?  « Pour moi, le rôle des parents est avant tout « d’aimer l’enfant » afin de lui procurer une bonne sécurité de base, une bonne confiance en lui ? L’école, la vie, lui apprendront le reste ! »

Oui, c’est incontestable, la famille est là pour assurer à l’enfant son droit à l’existence, son droit à être aimé. Mais aimer, éduquer ce n’est pas que câliner et être à la totale disposition de l’enfant…

Qu’entend-t-on par famille aujourd’hui ?

Dans le domaine familial comme dans celui de la science et de la technologie, nous sommes en pleine mutation. La notion de famille n’est plus cantonnée au « papa, maman et leurs enfants » mais elle s’est élargie à des concepts de familles recomposées, de familles mono parentales, de familles de culture mixtes, et qui sait bientôt des familles à parentalité unisexe… Il est donc de moins en moins évident de voir le couple parental biologique assumer quotidiennement l’éducation de leurs enfants.  Les familles se recomposent et il est essentiel que le nouveau compagnon de vie du parent biologique prenne lui aussi sa part de responsabilité dans l’éducation de l’enfant. Et ne se réfugie pas derrière des phrases comme  « Moi je n’ai rien à lui dire, je ne suis pas son père! Pour l’éduquer, à toi de jouer.» 

Une famille pour ne pas se sentir seul !

D’abord et avant tout, la famille doit être un lieu d’échange et de réassurance affective. C’est un environnement qui, en plus de dispenser de l’amour, dit OUI à l’enfant. Ce « Oui tu peux vivre » soutient le désir de vie, il donne la sécurité de base et le sentiment d’exister aux yeux de l’autre. Ce sont là des repères indispensables à la structuration psychique de tout individu.

Pour répondre à cette nécessité structurale, qu’est la sécurité de base, la philosophie éducative contemporaine se préoccupe essentiellement de l’épanouissement personnel des enfants. Oubliant parfois (même souvent !) qu’un réel épanouissement existentiel ne peut se réaliser que si l’individu trouve un équilibre entre le respect de lui-même et celui de l’environnement. Or l’individualisme est basé sur un rapport au monde dominé par le toi OU moi… Attention, l’individualisme est notre intégrisme à nous, occidentaux ! Et aussi paradoxal que cela puisse paraître, cette tendance engendre des enfants souffrant cruellement de solitude psychique…

Or la véritable richesse de l’humanité n’est-elle pas dans la relation, dans la joie d’être ensemble, dans le plaisir de se dire des choses… ?

Les repas en famille : quelle nourriture !

L’organisation du temps familial semble avoir très mal résisté aux modifications de notre société, en particulier au niveau des repas. Sous la poussée de nouveaux modes d’organisation du travail, la culture alimentaire des familles a fortement évoluée et la structure traditionnelle des repas familiaux aurait tendance à disparaître.

« En voyant mes enfants grandir, je constatai l’accentuation d’une mauvaise organisation des repas. Ceci en raison de la vie professionnelle des parents et de la diversité des loisirs des enfants. De plus en plus souvent, chacun d’entre nous allait se servir un peu n’importe quand en mangeant un peu n’importe quoi. Je me suis dit qu’il était grand temps de ré-instaurer des repas familiaux ! Cela nous a permis de refaire connaissance avec nos enfants… »

Avoir du temps pour être ensemble, pour se parler et échanger ses idées est à la fois un devoir de toute famille et un droit élémentaire de l’enfant !

Une famille pour trouver sa place dans la société

Un autre droit élémentaire de l’enfant est d’être guidé dans la connaissance de ce qui se fait et ce qui ne se fait pas. La crainte de mal faire, de ne plus être aimé par l’enfant, d’être critiqué par les autres adultes entraîne chez certains adultes, en charge d’une famille, une réelle difficulté à imposer un refus face aux demandes de l’enfant.

Or, la famille est le lieu où doit s’inaugurer, pour l’enfant, la rencontre avec le NON. La famille doit répondre à un système qui a ses règles et des limites claires et les adultes mis en place de parents doivent assumer la capacité de décevoir l’enfant ! C’est entre 2 et 5 ans que s’engramment les premières clés de la socialisation qui ont pour corollaire de nous apprendre que tout n’est pas possible, que tout n’est pas permis ! Ainsi, prenant, peu à peu, conscience que tout acte a ses conséquences, l’enfant acquiert le sens des responsabilités.

Cette mise en place des limites n’est pas un chemin aisé pour les femmes qui élèvent seules leur enfant. Souvent elles compensent le fait de n’offrir qu’un adulte pour l’élever en renonçant à frustrer l’enfant, en évitant de rentrer en conflit, en essayant de tout négocier à l’amiable afin d’éviter les conflits. Dans cette position difficile d’être seule face à l’éducation quotidienne de l’enfant, il est important pour la mère de pouvoir tabler sur la famille au sens large, de battre le rappel des grands-parents. Ceux-ci doivent pouvoir être, eux aussi, témoins, référents et garants de la mise en place de la Loi comme étant constitutive de tout groupement humain.

Donner un cadre à l’enfant, c’est jour après jour donner une éducation qui véhicule la Loi, qui dit « Tout n’est pas permis, tout n’est pas possible. ». Mais hélas à notre époque, cette règle est souvent inversée.

Dans une famille c’est l’adulte qui doit guider l’enfant et non pas l’enfant qui doit soutenir l’adulte car comme me disait récemment un enfant : « Une famille c’est pour devenir grand, pas pour devenir vieux »

Le drame de l’enfant-roi

Etre soumis à la Loi de l’enfant, tel est, entre autres, le prix à payer par l’adulte submergé par un sentiment de culpabilité, par sa dépression ou par son besoin d’être aimé...

De nos jours, souvent règne l’Enfant Roi. Qui au fil des mois et des années devient l’Enfant-Chef… « Oui, je sais, je manque de fermeté avec mon enfant, je n’agis pas toujours en conséquence avec ce que je dis. Lui par contre est très cohérent, quand il veut quelque chose, il n’en démord pas ! Mais me sentant coupable d’avoir si peu de temps pour lui, je n’ai pas envie de le frustrer. Je suis trop fatigué pour m’opposer, j’ai assez de conflits au bureau. Et je n’ai pas non plus envie de le punir, de gâcher ces quelques moments de retrouvailles… J’ai besoin de son affection et de ces moments de joie, cela me réconcilie avec la vie ! » Ainsi parlent bon nombre d’adultes tout en se plaignant d’un enfant qui devient un Enfant-Tyran… Aussi étrange que cela puisse vous paraître, face à un adulte démissionnaire, l’Enfant-Tyran se sent seul et abandonné de tous…

Une philosophie éducative laxiste ne fait pas le bonheur de l’enfant. Qu’on se le dise !

Notre civilisation confère à l’enfant une valeur extrême ; mais pour faire place à ce petit roi, il faut précisément lui assurer un contexte équilibré que notre époque a bien du mal à sécréter…Et si on revalorisait l’esprit de famille ? 

L’école ne remplace pas la famille !

Les parents n’ont pas le droit d’attendre que vienne d’ailleurs l’acquisition des limites et le don d’une structure. Apprendre à l’enfant à être responsable de ses actes, à mettre une limite à son désir est un travail qui s’apprend d’abord à la maison. Or, de plus en plus, obsédé par la revendication de ses droits, le citoyen attend tout de l’extérieur…et en oublie que l’adulte a, vis à vis de l’enfance, des devoirs !

Une éducation où chaque adulte en contact avec l’enfant prend ses responsabilités, donne du sens à la vie de ce dernier. Je pense que cela favorisera la baisse de la violence et des suicides... L’école a un rôle important à jouer en ce sens, mais il lui est impossible d’atteindre ses buts si les familles, aussi, ne remplissent pas leur rôle.

Avec le glissement des responsabilités qui se constate de nos jours, l’enfant ne sait plus qui est qui, qui à quoi à dire et se sent perdu, et il devient violent pour crier son désespoir et sa solitude !

On se plaint de la violence des jeunes mais réfléchissons à toutes les violences faites à l’enfance. Lorsque l’enfant doit combler l’adulte en réalisant les rêves de celui-ci ; lorsqu’on lui achète tout ce qu’il veut pour qu’il nous laisse en paix ; lorsqu’on refuse de dire Non car on veut pas gérer un conflit  ou lorsque : « J’étais tellement content que ma fille de 8 ans ne fasse plus pipi au lit, que je lui ai offert une télévision pour mettre dans sa chambre ! » Beau cadeau pour une enfant qui a surmonté sa crainte de grandir que de lui offrir la compagnie d’une tv afin qu’elle reste seule dans sa chambre…; etc. Assumons nos responsabilité, un enfant ne s’auto éduque pas !

Une famille n’a-t-elle pas comme rôle essentiel d’une part, d’instituer chaque individu comme étant unique et irremplaçable et d’autre part de chercher à faire de lui une personne consciente et responsable de ses actes ? Chacun d’une manière ou d’une autre fait partie d’une famille, dans ce monde en totale mutation, n’est-il pas essentiel de ne pas fuir nos responsabilités… ? 

Mots clés: Famille Transmission Humanisation