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Et si le touriste était un voyageur

Voyager ? Où, quand, comment ? Que représente ce mot dans nos imaginaires réciproques ? A quels rêves renvoie-t-il ? N’avons-nous pas tous, de notre naissance à notre mort, tant de voyages à accomplir ? Tant de terres inconnues à découvrir qu’elles soient celles de l’intimité de l’âme ou celles qui s’étendent au-delà de notre ligne d’horizon habituelle !

Le voyage, une histoire de tous les temps ?

Si aujourd’hui, l’économie touristique stimule tous azimuts notre soif de quitter le quotidien en allant « voir ailleurs », cette habitude ne fut pas de tous temps.

Mis à part les exodes massifs de populations, les premiers grands voyageurs de nos contrées furent sans doute les pèlerins et les croisés qui, au nom du Christ, allèrent cheminer sous les cieux des « infidèles ». Vinrent ensuite les téméraires explorateurs comme Christophe Colomb ou Marco Polo qui, sous l’emblème de leur roi, nous ramenèrent des senteurs venues de l’autre bout du monde. Le commerce prit le relais du religieux en ouvrant des routes comme celle de la soie ce qui permit aux gens « d’ici » d’en savoir plus sur ce qui se passait « là-bas », dans ces contrées lointaines. De fil en aiguille, dans le sillon des commerçants, des gens suffisamment fortunés et avides de découvertes ethniques et culturelles, se mirent à traverser le monde en tout sens. 

De nos jours, les agences de voyage se chargent de mettre à notre disposition une large palette de voyages, adaptée tant au budget financier qu’à la formule souhaitée. Aussi, devant tant de variété chacun devrait pouvoir trouver son compte de voyages !

Le voyage, une mode, une manipulation économique ou une nécessité ?

L’effet de mode est incontestable ! Celui qui, par les temps qui courent, ne voyage pas, est perçu comme quelqu’un à qui il manque quelque chose, que ce soit de l’argent ou de l’ouverture d’esprit ! Dans l’optique actuelle, voyager parfait le statut social. Courir le monde est presque devenu un must. Ne faut-il pas, pour garder une certaine image de marque, avoir des photos à montrer quand on se retrouve avec les collègues de travail ?…

Il n’empêche que pour bon nombre d’entre nous le voyage est devenu une nécessité afin de faire face à un mode de vie de plus en plus stressant ! En effet, pour être persona grata, il faut gagner le plus possible d’argent, il faut être de bons parents, il faut être au courant de ce qui se passe dans le monde, etc. Le « il faut » sociétaire agit d’une façon au moins aussi despotique que le « il faut » de l’autoritarisme paternel tant décrié en mai 68 ! Nombreux sont donc ceux qui savent ce qu’ils fuient en choisissant de voyager mais ce n’est pas pour autant qu’ils savent ce qu’ils cherchent ! Gare à la manipulation, tout ce qui brille n’est pas or !

« Peut-on voir dans cet appétit insatiable de vacances, la marque non pas d’un besoin personnel mais plutôt d’une nécessité économique justement créée par une société de consommation au marketing très efficace, au plus près de votre porte-monnaie ? » se demande Stéphane Madaule Le consommateur, s’il veut vraiment tirer parti de son temps libre, doit donc être vigilant de choisir un voyage qui correspond à ses aspirations profondes et non pas à se laisser embrigader dans une formule qui n’apporterait pas la détente nécessaire. Pour les uns, un « chouette » voyage correspondra à leur désir de liberté d’action, d’autres rêveront d’un « beau » voyage ou d’impressions fortes et leurs récits seront remplis de « s’était dingue » ou de « j’ai eu la peur de ma vie », pour certains le vrai dépaysement sera la plongée dans une nature « clean », il y en a pour qui des « vraies » vacances sont celles qui permettent un ressourcement dans le calme complet. Il y a ceux pour qui voyager est synonyme de « faire » un pays c’est à dire se déplacer rapidement d’un lieu à l’autre afin d’y visiter les sites connus et d’autres, au tempérament plus nomade, qui décident d’aller « dans » un pays, d’y flâner au gré des opportunités sans programme minuté, à l’affût du contact avec la population et des mœurs locales. Vive donc la différence. Essayez de trouver la vôtre !

Voyager, n’est ce pas rêver de vivre ce qui est inaccessible ici et maintenant ? Le voyage donne l’occasion, toute l’année durant, de rêver au déplacement à venir ou…déjà passé car certains travaillent une bonne partie de l’année pour payer des vacances qu’ils ont déjà eues !

Voyager pour retrouver un sentiment de liberté

Faire un voyage d’agréments permet de retrouver une certaine liberté d’action qui s’entend comme le contraire de la contrainte, de l’obstacle, de l’esclavage. « La liberté, dit Hobbes, n’est autre chose que l’absence de tous les empêchements qui s’opposent à quelque mouvement » Aussi, pour certains, cette liberté se traduit par : se laisser entièrement guider, n’avoir à penser à rien, ne rien devoir programmer, ne rien prévoir, ne rien régler à part la note ! « Payez et nous faisons le reste » pourrait servir de devise à ces clubs de vacances qui, pour votre plus grand soulagement, vous prennent en charge du premier jour jusqu’au dernier, organisant vos loisirs et vos divertissements.

Pour d’autres cette liberté d’action se traduira par le bonheur de ne rien faire. D’être presque nus sur une plage à attendre avec délices que le temps passe, que vienne l’heure de l’apéro et puis celui de la sieste. Le ravissement de la dolce vita !

Voyager pour rêver

 « J’ai besoin de rêver » disent certains. Pour eux s’émerveiller devant un monument superbe, se reposer à l’abri de « vieilles pierres » remplies d’un passé fascinant ou encore s’écarquiller les yeux devant un paysage grandiose ou insolite, sont des émotions irremplaçables et nourrissantes. « L’univers est un livre dont on n’a ouvert que la première page quand on a vu que son pays. » nous dit Fourgeret de Monbron. Ainsi, pour certains, voyager signifie se remplir le cœur de toutes les fleurs et autres beautés que leur regard peut contempler. 

Pour ceux qui rêvent d’un retour au paradis terrestre, de retrouver des odeurs et des couleurs vierges de tout impact de civilisation technologique, la formule des eco-voyages remporte un succès grandissant. Ces voyages qui tentent de récréer une ambiance d’exploration, sont des retours au « basique », replongée dans un environnement « naturel » donc encore « propre »…

Voyager pour se ressourcer

Pour certains, voyager signifie faire le plein d’énergie, se recentrer, se ressourcer. Les étendues sans fin des plaines mongoles ou l’aridité du désert sera leur tasse de thé. Et pourtant de ces périples, d’autres diront : « Mais où est le plaisir de se balader là où il n’y a rien à voir ?» Ce plaisir est sans doute similaire à celui qu’éprouvent les navigateurs qui se lancent dans une traversée de l’océan. Rien à voir d’autre que de l’eau, et encore de l’eau, à perte de vue. Et pourtant, à chaque instant, la lumière jouant autrement avec les vagues donne l’occasion de méditer sur notre lumière intérieure..

De même, le pas cadencé des méharées nomades, ces nuits passées dans l’hôtel aux 1000 étoiles, ce silence respectueux que la nature adresse au soleil de midi, sont des voies royales pour nous permettre d’écouter la vérité qui se dit du fond de nous-même. Comme le rappelle la sagesse égyptienne : « La barque du silencieux vogue avec le vent ». Rien n’arrête le vent, il frôle les cailloux, il saute d’une dune à l’autre, toutes pareilles et chacune différente, comme les cailloux…Dans le silence d’un lieu rempli de vitalité, l’esprit emporté par ce vent palpe le sens de la vie et revient enrichi d’une grande sérénité.

Quand le voyage se passe du fauteuil au lit et du lit au fauteuil

Pour certains de nos aînés, voyager devient fastidieux. Doivent-ils pour autant faire le deuil du voyage ? Oh que non ! « La vie est un voyage » nous dit Proust, il y a tant de voyages à faire sans quitter son fauteuil. Pouvoir devenir tour opérateur à peu de frais, voilà la chance de tous ceux qui ont l’audace et l’imagination de laisser errer leurs pensées par monts et par vaux ! Pour les aïeux,, les étendues du souvenir sont illimitées et sur les traces de celles-ci ils peuvent emmener de plus jeunes qu’eux. Voyager, n’est ce pas aussi parler avec ceux d’une autre époque ? En se laissant transporter par le récit, traverser le temps passé avec délices et parfois frissons. Et le narrateur, en retraversant les pans de l’Histoire, la sienne ou celle de son pays, de sa culture, s’entreprend-t-il pas aussi un périlleux voyage ?

Voyager c’est aussi découvrir et respecter les différences

« Qui n’a quitté son pays, est plein de préjugés » nous dit l’italien Goldini. La découverte d’autres ethnies, d’autres coutumes, d’autres nourritures permet, c’est une évidence, de développer une pensée plus expansive mais, à condition, d’être disposé à s’ouvrir à la logique d’autres cultures. Bien sûr, ce n’est pas donné à tout le monde de s’adapter à des habitudes de vie trop différentes mais mieux vaut alors ne pas s’engager dans des voyages lointains. En effet, certaines attitudes de dénigrement ou de moqueries sont parfaitement odieuses ; ainsi, il est regrettable de voir un touriste déconfit ou même désagréable lorsque, dans des pays où le riz ou la semoule sont les aliments de base, il ne retrouve pas sur le menu son steack-frites national !

Quelque soit la formule choisie, le voyage insolite, conformiste, incongru, rassurant ou ressourçant, un dénominateur commun devrait être de rigueur : le respect des gens et des lieux que nous visitons. Que penser de ces touristes inconscients du respect de l'environnement qui oublient d’effacer les traces peu élégantes de leur passage ? Dans la foulée, n’oublions pas l’importance du respect de la spécificité d’un lieu ; une cathédrale ou une grotte ne sont pas des cafés-théâtre et se parcourent en respectant le sacré dont ils sont porteurs. Sans parler de l’envahissement intempestif du touriste consommateur assidu de pellicule qui à force de mitrailler lieux et personnes les déshumanise ou les désacralise et comme dirait Scheldrake : « leur vole les bonnes ondes ! » 

Si pour vous, se remettre en forme, retrouver une paix intérieure et l’ouverture aux autres se fait plutôt en restant calmement au pays, pas de fausse honte, au moins vous faite preuve que vous ne vivez pas pour les apparences et que vous n’avez pas peur de la différence !