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« Fashion victim »

Etes-vous une « fashion victim » ? Rituellement obsédée par les dernières tendances en matière de mode et de beauté ? Toujours à l’affût, taraudée par le désir de renouveler continuellement votre apparence avec comme challenge « d’être la première à suivre ce qui va venir » ?

 

 

La mode est une belle invention, elle se nourrit de créativité et à l’avantage d’amener du changement dans notre look, dans notre environnement quotidien. Elle est comme un courant de surface qui change au rythme des saisons et des années tandis que des valeurs de beauté, d’harmonie et d’intelligence détermineraient le courant de fond qui traverse une vie humaine et les générations.

Certaines personnes s’aviseront d’avoir toujours et à n’importe quel prix : écouté le dernier orchestre en vogue, vu le film dont tout le monde parle, visité l’exposition d’un artiste contemporain dont on fait des gorges chaudes, suivi des cours de cuisine prescrits par les mondanités, voyagé là où ne vont que les gens en vue, etc. Et les voilà malheureuses quand un grain de sable vient enrayer cette course éperdue. Parfois que des souffrances pour…du superflu. Cette quête d’être « branché » à tout crin, contraint à ne plus avoir une minute à soi, est-ce cela que les jeunes nous signalent quand ils parlent de « s’éclater » comme synonyme de s’amuser ? Qu’à force de nous se projeter en 1000 lieux notre identité éclate en 1000 morceaux…

« Tu n’es pas, si tu n’as pas… »

Esclave, accro, toujours au top, telle est l’adrénaline de ceux qui veulent être dernière tendance, posséder le gadget ou l’accessoire incontournable pour être dans le coup, pour « être in ». Epuisante compétition, faire mieux que l’autre, être la première : « Je suis ravie, dans LA revue des célébrités j’ai vu un bijou en pierres ciselées au cou de mon actrice préférée. Je me suis précipitée pour acheter le même. Demain se donne un grand cocktail, je me sentirai être mon idole ! » Certaines femmes sont susceptibles d’acheter une robe qui ne leur sied absolument pas parce que la vendeuse dit « C’est la fureur de cette saison ». Méfiez-vous, si tout le monde se retourne à votre passage il se pourrait que ce soit parce que vous portez quelque chose qui ne vous va pas du tout ! Les célébrités et les modèles exagèrent les tendances pour attirer l’attention et dans la réalité quotidienne porter les mêmes vêtements frôle parfois le ridicule.

Par ailleurs, confondre l’Etre avec l’Avoir, telle est bien une caractéristique de la pression sociale actuelle. L’avoir a ses charmes mais aussi ses pièges ! Focaliser son désir, son temps et de son énergie sur l’image que l’on véhicule, n’est ce pas souvent, une tentative de combler désespérément un manque, de camoufler une faille, de colmater une fragilité narcissique ou d’étouffer, fuir ou dénier une question cruciale ou existentielle ?

Tout ce paraître, pour être qui ?

Tous, dès notre naissance, pour construire une image narcissique plus ou moins solide, avons besoin de nous voir exister dans le regard de quelqu’un. Regard qui en nous accueillant, nous signifie que nous sommes vus, aimés pour qui nous sommes. Regard qui nous rend unique car il nous distingue du commun des mortels. Ce regard confirme notre existence. A partir de là, nous partons à la découverte de qui nous sommes et de quoi nous sommes capables. Mais quand l’intensité de ce regard a manqué, qu’il à été distrait ou flou, être remarquée et reconnue comme une personne toujours à la pointe des nouveautés, peut être un moyen de se sentir exister.

La fashion victim veut s’extraire de la masse, elle fait appel à l’admiration et au regard, cherche à se faire exister aux yeux de l’autre. La surconsommation de mode, quelle qu’en soit le domaine est une façon de répondre au désir d’être distinct et reconnu.

Pour ceux qui ont de l’argent en suffisance, dépenser sans compter est un jeu offrant le plaisir d’acheter tous azimuts ce qui s’offre comme nouveautés.  Tant qu’il y a de l’argent pour s’offrir tout le luxe rêvé, il n’y a pas de problème.. Heureusement qu’ils existent, les passionnés de l’uniforme du présent. Mais se sentent-ils libres d’exister à leur guise ? C’est une autre question. ..

La dépendance face au « must »

La société de consommation à besoin d’écouler sa marchandise. Rien de tel que de cultiver intensément tout ce qui peut rendre les gens dépendants des « nouvelles tendances ». Fragilisant la liberté de penser et d’agir en suscitant des mécanismes d’obéissance, l’aubaine du « trendy » favorise l’économie de marché. Car le joug de la mode se profile dans bien d’autres domaines que ceux de l’habillement…

Avec l’engouement pour le jeunisme, par exemple, même nos corps physiques deviennent objets de mode ! La chirurgie esthétique attire de plus en plus de monde, hommes et femmes confondus. « Enlevez-moi ces taches – relevez-moi ces joues – et mes seins faut qu’ils dardent le vis à vis – quant à ces cuisses rendez-les lisses – gonflez-moi les lèvres sinon mon sourire est mièvre. » Il en faut toujours plus, toujours mieux… N’avons-nous pas à être sujets de notre corps plutôt que de nous en désolidariser pour le faire correspondre à un objet de marketing plus ou moins idéal ?

Les vrais victimes; esclaves de leur besoin de « vitrine », sont les individus qui obsédés par le « regardez-moi », se saignent pour de la poudre aux yeux. Oubliant que les choses essentielles sont gratuites et à portée de main. Un sourire – une place autour d’une table – l’élégance d’une fleur - le chant d’un oiseau et les mille autres petites merveilles que nous offrent la vie au quotidien.

La voie du milieu

Pour ne pas tomber dans le vide de l’âme, « la voie du milieu » est sans doute, la plus sage. Nous ne sommes pas que de purs esprits et nous offrir la chance de se sentir « agréable et aimable aux yeux de l’Autre » et jouir d’un environnement bienfaisant, quoi de plus fondamentalement humain ! C’est faire honneur au principe du plaisir. Le tout est de ne pas perdre de vue que l’important n’est pas le vêtement que nous portons mais la façon dont nous le portons. De veiller à ce que nos choix correspondent à notre image, à notre personnalité et non pas simplement « au dernier cri ». De choisir d’être avant tout à l’aise tant dans nos vêtements que dans ce qui nous entoure.

Garder son bon sens, c’est oser la question : « Est-ce que j’achète ceci parce que c’est à la mode ou parce que cela me plait vraiment ? »