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Le sens de la vie penser

Qu’est ce qu’une minute ? « Le temps est ce que vous en faites ! » Force nous est de constater que dans la vie de tous les jours on a à peine le temps et pas davantage l’envie de s’arrêter pour réfléchir… L’aube d’une nouvelle année n’est-elle pas l’occasion de prendre ce temps de réflexion ?

Tout le monde s’affaire. Le leitmotiv de la modernité se résume en trois mots :  Time is money . !  Simple exemple : l’hôpital ne dispense plus des soins, il en « produit »… Cette injonction stimulant la rentabilité à tous crins, n’a-t-elle dégradé l’humain de son statut « d’animal pensant conscient et libre de ses choix » à celui de matière malléable appelée « potentiel humain » ? Ainsi pour s’enrichir en un minimum de temps, l’humain s’oblige à survaloriser les nouveaux référents tels que : efficacité et gestion des techniques à notre disposition. Et cela parfois au détriment du bon sens commun ou de l’esprit créatif qui sont l’apanage de la pensée ! 

Gare à l’impérialisme scientifique !

Pour tout et n’importe quoi, on fait appel à des experts, laissant de côté ceux qui favorisent plutôt une réflexion cherchant à réveiller l’intériorité spécifique de l’humain. Boudant ceux qui cherchent, par leurs questions, à prendre un peu de distance face au système de valeurs produit par notre société. 

La modernité favorise la Science et l’argent, la pensée simplificatrice et rationalisante et s’oriente vers une exaltation de l’innovation technologique ! Face aux vérités assénées par la Science comme assurément incontournables et immuables, prenons-nous encore la liberté de douter? Et pourtant, Dieu seul sait comme la science peut être trompeuse !  En ces temps de confusion, certains vont jusqu’à réduire l’essence de l’homme à celle de la carte de son génome…

A croire qu’il est plus aisé de rester dans la fascination de l’apprenti sorcier qui pense être maître de la vie et de la mort, que d’accepter la loi de l’impondérable qui pourtant,  chaque jour,  se manifeste dans chacune de nos vies ! On ne distingue plus les fatalités modifiables ( vivre plus longtemps et en meilleure santé) des finalités inexorables (la mort et la finitude.)

N’avons-nous pas perdu un élémentaire bon sens ? En nous assujettissant sans esprit critique à l’idéologie du discours de la science ne perdons-nous pas notre rapport au monde ? Dans « Un monde sans limite » Jean Pierre Lebrun nous met en garde contre la sophistication de la technologie qui nous fait perdre le contact avec la réalité, qui nous illusionne avec une technologie qui promet, d’un jour, évacuer le mot  impossible. Il dit encore « Le discours informatique fait fonctionner la machine, organise la croissance du règne technique : il n’aide pas l’homme à être au monde, il l’intègre dans le règne technique comme un vecteur, un élément fonctionnel de celui-ci… … En se soumettant à un système qui le commande, ne s’autorisant pas à penser, l’humain démissionne de son statut de sujet et se contente à être congruent avec les énoncés auxquels il a consenti à s’assujettir. 

Niant l’indéniable loi du vivant, à savoir celle de l’incertitude de chaque instant ainsi que celle du risque que comporte chacun de nos actes, entraînés dans la spirale de plus en plus rapide de l’engouement technologique, prenons-nous encore le temps de penser ? Dans le cas contraire n’est ce pas la fin de l’humain qui guette ?

Restons humain. Pensons !

La spécificité de l’humain est double. L’homme est vivant car doté d’une vie biologique. Mais, en plus, grâce à la conscience, il a la faculté de s’éprouver vivant, en d’autres mots « d’habiter son corps » de l’intérieur. Aussi devenir un être humain dans le sens plein du terme c’est à dire pas seulement un corps vivant mais un corps habité, ne peut se faire que si nous savons « nous reposer » c’est à dire, par notre faculté de pensée, nous poser d’une autre façon. Vivre en humain signifie s’incarner, prendre le temps de se penser en prenant distance de l’immédiateté de la perception, de se situer dans un espace-temps, se poser la question du Pourquoi ? Du comment ?

En effet, l’acte de penser implique plus que la simple déduction rationnelle. C’est aussi l’œil de l’intuition qui ouvre sur la créativité ; c’est cette connaissance des choses par « le dedans » de nous-même ; c’est chercher à donner un sens, une signification au monde, à l’humain, à notre vie.

Cette faculté de penser le monde dans lequel nous sommes jetés en naissant, comme disait Heidegger, est-ce un cadeau empoisonné ? Peut-être puisque l’acte de penser instaure une subjectivité unique et individuelle qui introduit le doute et par conséquent l’angoisse. Nous obligeant, par ailleurs, d’accepter de ne pas tout connaître, de ne pas tout savoir résoudre, d’être soumis à l’impuissance d’annuler la mort… Peut-être est-ce pour cela que nous préférons que la science parle à notre place, que nous nous agglutinons à un savoir qui prétend avoir réponse à tout. Mais à force d’objectivité la Science ne tue-t-elle pas la belle liberté de notre libre arbitre ? En à faire taire la subjectivité, cette graine de différence entre vous et moi !

Oser penser, c’est accepter la différence.

Dans notre monde l’homogène s’impose au mépris de la différence. Globalisation, mondialisation, diabolisation de l’autre différent, déni de la différence sexuelle, des générations, de la mort, etc.

Il est peut-être utile de rappeler que la vie psychique de tout un chacun naît justement de l’accès à la différence. Processus qui prend cours dès le début de notre existence. En effet, ce n’est que lorsque, vers 6 mois, un bébé commence à se comprendre comme possédant un corps détaché de celui de sa mère, qu’un premier sentiment d’identité peut naître, espace de vie propre et unique. Tout au cours de notre vie, notre faculté de penser, de comprendre forge notre identité par identification à certaines idées mais aussi par opposition à d’autres. Chacun mettant en place une dialectique propre suite aux expériences que la vie lui aura fait traverser.

En abolissant la différence, nous détruisons notre capacité d’habiter chacun à notre manière notre corps. Imaginez l’horreur si chaque génération reproduisait exactement les modes de vie de leurs parents, adoptaient les mêmes idéologies, toute évolution serait figée, sans passé, sans futur. De même, si nous avions tous les mêmes idées, qu’en sera-t-il de la différence entre vous et moi ? S’imposerait alors le totalitarisme d’une culture qui va à contre courant de ce qui s’appelle « civilisation. »

Penser c’est aussi se positionner par rapport aux autres. Hélas, de nos jours, celui qui veut penser librement, hors des sentiers battus, est regardé d’un air réprobateur voire de mépris. Même les universités boudent les penseurs, on veut des experts qui ont réponse à tout. Et pourtant se poser des questions, celles qui permettent à l’humanité d’aller de l’avant, ne pas se laisser enferrer dans la loi de la répétition et des dogmes, n’est ce pas indispensable ? 

Mais souvent nous sommes tellement affairés que nous en oublions de réfléchir au sens de ce qui nous occupe ! Nous en oublions de réfléchir sur la qualité de la trace que laisse notre passage sur terre.

Pensées pour l’année à venir.

Les gens pensent-ils encore ? Sommes-nous encore vivants dans le sens plein du terme ? Tant d’horreurs, de drames, de sexualité pornographique, de feu et de sang, nous émeuvent-ils encore ? Si non, cela signe le meurtre du vivant de notre société car la mort du vivant est l’incapacité d’être touché par l’horreur…

Soyons donc attentifs de ne pas être emportés par la fascination des images nous entraînant dans un vide de pensée, vide qui sacrifie la vie et nous fait entrer dans une forme de violence : la survivance…La violence est toujours la marque du manque à penser, d’une incapacité à prendre distance, d’un agir sans réflexion. Certaines cultures, certaines idéologies rétrécissent le champ de la pensée, or tout ce qui concourt à arrêter la pensée vole à l’homme la capacité d’être humain. Et ne regardons pas seulement la poutre dans l’œil de l’autre…

Ne nous laissons pas emporter par le courant néolibéral qui cultive l’indifférence et la tolérance croissante face à la souffrance dans le monde. Essayons de prendre un brin d’écart par rapport aux stéréotypes sur les guerres économiques ou religieuses ; discours qui cherchent à attribuer le malaise de la planète à un inévitable destin. N’endormons pas notre indignation face à l’injustice infligée dans notre environnement proche ou plus large. Que de choses restent à penser, à imaginer, à réinventer

En ces temps de totalitarisme culturels ne sommes-nous pas en devoir de nous remémorer une loi essentielle de l’humain : la loi de l’obligation à l’errance ? En effet, l’important n’est pas d’avoir une place mais de savoir se déplacer, de chercher une place afin de favoriser la croissance de la richesse intérieure grâce à notre curiosité. N’anéantissons pas notre besoin de penser, de chercher de nouvelles réponses, de faire circuler des idées de soi à l’autre et vise versa, de s’ouvrir à de nouvelles questions.

Ne serait-ce pas cela le sens de la vie ? 

Mots clés: Avenir Penser Argent Culture