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Sans mon corps je ne saurai qui je suis

Le corps, ce grand oublié des derniers siècles ! Ces derniers siècles, les Idées, la Pensée, le Rationnel l’emportaient sur les autres aspects de l’humanité. Planant au dessus du corps, l’Esprit était considéré comme valeur première dont le corps ne serait qu’un dérivé, une contingence presque honteuse…un obstacle à l’élévation de la Conscience.

A force d’idéaliser l’intellect, on en avait presque oublié que le corps représente la contingence fondamentale et incontournable de notre existence ! Eh oui, il n’existe pas plusieurs choix pour recevoir la vie, pour naître, pour venir au monde, si ce n’est celui d’habiter un corps !

Depuis le fond des temps, l’Energie et la Matière existent et d’eux, un jour, a surgi la Vie. Celle-ci débuta sous la forme d’un micro organisme évoluant jusqu’à concevoir le corps humain tel qu’il est aujourd’hui et avec lui, la Conscience.

Comment définir le corps ?

Le corps visible avec les yeux, tangible par le toucher est donc bel et bien un agglomérat de Matière-Energie. La synergie de ces deux éléments fondamentaux crée la Forme. Cette forme, spécificité de tout ce qui est constitué de matière sera connue au travers de toutes les manifestations de notre « être vivant ».

Ainsi, le corps, dimension vitale de la réalité humaine, est-il le fondement sur lequel s’étayent toutes les fonctions physiques et psychiques. Le corps est a la fois contenant et contenu. Il est à la fois un livre et tout ce qui est écrit dans ce livre ! La médecine abordera plus la question du contenant, la psychologie celle du contenu et la philosophie se posera la question du « Pourquoi un corps ? Qu’en faisons-nous ? ».

S’il coule du sens que les caractéristiques et les fonctions physiologiques communes à l’humanité sont « corporelles », ce n’est que depuis peu que s’impose l’argumentation selon laquelle les images mentales, les émotions, la logique, tout ce qui constitue notre vie psychique soit aussi déterminé par les vécus corporels.

Que l’on s’en étonne ou pas, chaque élément constituant notre psyché, qu’il soit universel ou individuel, doit pour pouvoir se vivre, s’énoncer ou s’élaborer, transiter par notre corps !

Le corps : chaîne d’universel et trame d’individuel

Si, bien sûr, notre corps est façonné par la spécificité de notre trajectoire individuelle il n’empêche qu’en toile de fond il est constitué par l’histoire de ce qui, pas à pas, l’a moulé depuis la nuit des temps. En chaque corps est donc enfoui un réservoir de traces et de marques du passé proche et lointain.

Ainsi telle la feuille de papier pliée gardera, une fois dépliée, la trace du pli, les atomes de notre corps portent en eux la mémoire de la constitution de l’univers. La mémoire ne commence pas à la conception, elle existe depuis la création du monde. Ainsi, par exemple, dans notre corps physique la composition du sang rappelle la composition de la mer aux premiers temps du monde. Le réaction d’accrochage, élément de base pour la mise en place de toute vie psychique humanisée et de possibilité d’attachement, est un phénomène vieux comme le monde : les premières particules ont du s’accrocher entre elles pour former un atome et ensuite une molécule, l’ovule doit s’accrocher à la paroi de l’utérus pour se développer, le petit singe doit s’accrocher à sa mère pour subsister, nous devons nous accrocher à d’autres humains pour nous humaniser.

Quand on a que le corps à offrir en parole

Telle est bien la situation du nouveau-né, il n’a pas encore l’usage de la parole ce qui ne signifie en aucun cas qu’il n’ait rien à communiquer.

A l’aube de sa vie, les premières expériences du bébé se situent dans le registre du perceptif, du sensoriel et du kinesthésique ; ce que le bébé transmet est en relation étroite avec ses éprouvés corporels. Il n’a pas encore de « mots » pour parler d’amour, d’angoisse de solitude ou d’abandon, c’est alors sa bonne santé, ses « maux », son agitation ou ses sourires qui pourront nous mettre sur la pistes de ce qu’il a à nous faire partager, son corps se fera le porte voix de sa parole.

La première propriété fondamentale du corps de l’enfant nouveau-né, est l’ouverture au monde c’est pourquoi il mobilise une grande partie de son énergie à se familiariser avec ce nouvel environnement, pour rentrer en contact grâce aux mouvements de son corps.

Sans mouvement, pas de signe de vie !

Le mouvement joue un rôle essentiel car il est la fonctionnalité du corps agissant. Les muscles activés par les sensations internes ou externes mettent le corps en mouvement.

Le corps en mouvement participe à la création d’images mentales c’est en bougeant, en se déplaçant, que l’enfant construit peu à peu les notions de temps et d’espace .Les mouvements de notre corps, des corps de ceux qui nous entourent, des objets dans notre espace mettent en place des « situations » dont nous déduisons notre orientation, la direction, le sens dans lequel nous allons et finalement, aussi étonnant que cela puisse paraître, le sens que nous donnerons à notre vie !

Au départ se sont les mouvements du corps qui fondent les bases de la pensée psychique tant émotive que mentale, c’est pourquoi l’enfant a besoin de bouger pour penser !. Le corps à corps avec la mère, les moments d’alternance de présence/absence de celle-ci sont à la base de la pensée. Je m’explique : sur base des bonnes sensations éprouvées en sa présence il peut, lorsqu’elle s’absente, se l’imaginer ce qui lui permet d’une certaine façon de se la réapproprier et de se rassurer. Ainsi au travers des sensations corporelles l’Imaginaire, faculté indispensable à la pensée propre, se met en place.

Vie, pensée et mouvements du corps sont donc indissociables !

La présence du corps de l’Autre

Bien sûr, pour répondre à l’appel du corps du tout petit, pour relayer cette demande, la présence d’un être humain vivant et palpitant est indispensable. La qualité de cette présence est une première détermination fondamentale de notre possibilité d’existence, de pouvoir un jour « être capable d’être seul responsable de nous-même. »

Cette présence, c’est par le corps de l’autre qu’elle se fait sentir, par la façon dont l’enfant se sent touché au niveau de tous ses sens. Son sentiment d’existence s’élabore au travers des sensations corporelles produites par la rencontre avec ceux qui ont la charge de l’accueillir. Cette présence marque le corps de joie de vivre et de sécurité.

Les sensations qui ont leur source dans la surface du corps ont un rôle essentiel et primordial. Le toucher, par l’intermédiaire de la peau, a une structure réflexe, on touche et on est touché à la fois, il est donc un point d’intersection sensoriel crucial dans les interactions entre le tout petit et son environnement.

Si le corps de l’enfant n’a pas pu être entendu à travers des échanges chargés de sens et d’émotions, avec la mère comme instrument de médiation privilégié, il devient comme absent de vrai Vie et fonctionne comme un robot mécanique obéissant ou au contraire il se déréglé et est livré à des décharges pulsionnelles immédiates.

En conclusion

Joël Clerget nous dit :« Un bébé va grandissant dans l’articulation signifiante et vivante, symbolique, de mains qui lui parlent et de voix qui le touche,. C’est en ce creuset qu’un enfant vient à sourire et à parler, à lire et à écrire, a se compter parmi les autres et à compter avec des chiffres. »

Comme vous voyez, on en revient toujours à cette place essentielle du corps pour devenir des humains humanisés, en effet, ces indispensables fonctions maternelles de protection, de contenance, de renforcement narcissique s’intériorisent par l’intermédiaire d’expériences somato-psychiques, d’échanges cutanés, sonores, visuels et musculaires.

Pour chacun d’entre nous, la constitution et les vécus du corps fondent ce qui constitue notre Moi. Les expériences traversées par notre corps marquant profondément notre narcissisme de base et notre Identité.

N’y a-t-il pas de quoi porter un intérêt croissant et un profond respect pour cet « être corporel » que nous sommes et sans lequel notre vie terrestre et tout ce qu’elle donne à vivre serait inexistante ? 

Mots clés: Corps Identification Langage Vie