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Soyons jeunes, restons jeunes

« Soyons jeune, restons jeune ! » Ce leit motiv se révèle être souvent à la une des médias. Si, avant l’été, tout article concernant la perte de kilos fait monter en flèche les ventes d’un magazine, toute l’année durant les informations sur les produits, formules, cures ou autre tactique alléchante pour le rajeunissement sera garantie d’obtenir succès et rentrée d’argent pour l’afficheur ! Cette thématique est donc aussi une affaire de gros sous pour qui le culte de l’anti-vieillissement est une aubaine ! Et que réservera l’avenir à la DHEA dont l’efficacité réelle ou virtuelle  déchaîne des discussions passionnelles !

Ainsi, tout un secteur de l’économie gravite autour de ce marché très porteur qui touche aussi la gent masculine. En effet, de plus en plus nombreux sont les hommes qui se laissent séduire par les lignes de produits de soin pour le corps « spécial homme". 

Prenons un temps de réflexion concernant deux tendances assez répandues dans la société libérale de notre temps : le « jeunisme » ou la survalorisation des personnes jeunes et de la jeunesse éternelle et l’ « âgisme » ou la dévalorisation de la personne âgée.

Pourquoi tant d’engouement pour « l’anti-vieillissement » ?

Incontestablement, notre société favorise tout ce qui est jeune, exigeant de façon subtile à ce que tout un chacun soit et reste performant, à tous les niveaux, aussi sur le plan de « l’image jeune et dynamique »! . Que ce soit entre amis ou au travail il est de bonne augure de « présenter bien », d’avoir le teint bronzé, la peau nette, en un mot de renvoyer une image de « bon entretien » … Il y a 30 ans, n’était-il pas plus facile de vieillir ?

Cependant, un fait est certain, dès notre naissance, nous avons un pied dans la mort et malgré tout ce que notre société de consommation essaye de nous faire croire, la vie ne tient qu’à un fil! De plus, les bouts de ce fil ne nous échappent-ils pas? La médecine aussi nous illusionne d’immortalité puisqu’elle prévoit, pour les temps à venir, une vie de plus en plus longue. Quand commencera-t-elle alors, la vieillesse ? Imaginez l’horreur : être plus ou moins gâteux, malade ou diminué à 80 ans et savoir que l’on a encore 20 ans d’espérance de vie devant soi…Le souhaiterions-nous à notre pire ennemi ? Quoi de plus logique donc que de se mettre en quête pour rester opérationnel le plus longtemps possible ! Quoi de plus logique, dans ce cas, que de chercher à reculer les limites de la vieillesse, avant-dernier pas avant la mort !

Le culte du « jeune » comme anti-dote au vieillissement ?

Vieillir c’est s’approcher dangereusement de l’étape finale et décisive de la mort à laquelle nul n’échappe. C’est aussi voir éventuellement se profiler dans notre imaginaire des images de : déclin- caducité- sénescence- sénilité- décatir-  arthrose-  Alzeimer- handicap- perte de mémoire- ostéoporose. En un mot, signes de « mise hors usage » ! Vieillir renvoie aussi à des visions de solitude- fin de mois difficiles- être à la charge de – hospice... Que d’images de dégradation plus ou moins humiliantes et fragilisantes pour notre narcissisme ! 

Ne sommes-nous pas tous hantés par cette vision de Victor Hugo « Tu entreras jeune, rose frais, avec tes yeux brillants et tes dents blanches et ta chevelure d’adolescent, tu sortiras cassé, courbé, ridé, édenté, horrible, en cheveux blancs » ? Image à laquelle il rajoute : « La misère des vieillards n’intéresse personne»…

Mettre tout en œuvre pour rester jeune n’est ce pas tenter de refouler ces visions, de repousser à plus tard le spectre de la disparition ?  L’humain, être social par excellence, frémit à l’idée de ne plus faire partie du groupe des « vivants », d’être coupé de ceux qui sont « dans le coup » Il abhorre la pensée de l’oubli, de voir son nom effacé du tableau…

Aussi l’importance accordée à la plasticité du corps joue-t-elle un rôle important dans le passage de ce cap captieux. ? Incontestablement la forme physique est un atout apportant bien du plaisir dans l’existence. Si au cours de la jeunesse, la beauté a été un  atout majeur, se rider, voir la chair mollir, peut créer pour certains une réelle angoisse à chaque regard dans le miroir. Ainsi certaines personnes ne peuvent-elles accepter que leur corps ne réponde plus à l’image dont elles rêvent. Rêve de gloire ? ! Gloire du héros qui ne meurt pas car sa légende le porte au-delà de la mort. Immortalité des stars et des athlètes ?

De nos jours, pour certains, trouver la Fontaine de Jouvence par tous les stratagèmes possibles devient le sens principal donné à leur vie et mobilise une grande part de leur énergie, temps et argent. Mais ne serait-ce pas faire fausse route que de confondre le culte de la Beauté avec le culte de l’Eternelle Jeunesse ? Et ceci afin de camoufler la crainte de notre finitude…

N’est-ce pas une fausse préoccupation, un vain leurre,  que de se braquer sur l’acquisition de cette éternelle jeunesse, comme s’il s’agissait là d’un idéal de perfection ?  Envisageons plutôt les bienfaits de la technologie proposés par le monde médical, paramédical et pharmaceutique comme des moyens pour vieillir en beauté plutôt que comme une fin en soi. .Et restons conscients du fait que quoique les belles publicités nous insufflent, nous ne serons jamais immortels !! L’acceptation de cette idée doit nous amener à acquérir cette belle sagesse qui est l’apanage des plus anciens et leur meilleur signe de santé et de beauté intérieure 

Une verte vieillesse !

. Rien n’empêche, comme dit Balzac : « de porter sa verte vieillesse d’un air guilleret » ! Celui ou celle qui se fait faire un lifting n’affiche pas forcement un refus de vieillir. Dans le même ordre d’idée, celle qui aime aller régulièrement chez un(e) esthéticien(ne) pour, le mieux possible, se « maintenir la forme », fait-elle une folle dépense ? Certainement pas, d’ailleurs en général cela fait autant de bien au corps qu’à l’âme!

Rien n’empêche donc d’accepter le poids des ans tout en veillant à tirer profit de la technologie moderne pour ralentir l’affaiblissement global des fonctions physiologiques et des facultés mentales dues aux modifications atrophiques des tissus et des organes ! Ainsi, sans s’obséder désespérément face au temps qui passe, on peut sainement chercher à vieillir en beauté. D’ailleurs, un proverbe persan nous dit : « Les feuilles flétries n’enlaidissent pas les vieux arbres. . 

Pourquoi tant craindre l’automne de notre vie ? N’y a-t-il rien à gagner ? Seul le bon vin ou le fromage s’améliorent-ils en vieillissant ? Après tout ne faut-il que jeunesse se passe car si la jeunesse renvoie à l’éclat et à la fraîcheur, à l’idéalisme, elle est aussi signe d’inexpérience, d’illusion et d’intransigeance… Si la jeunesse est prometteuse d’avenir, de changement, la vieillesse garanti une certaine stabilité, une transmission de valeurs. Quoi de plus indispensable que les récits des anciens qui en décrivant le passé, enracinent les générations suivantes dans leur histoire familiale et culturelle!

D’autre part, il y a bien des façons de rester jeune : de corps, de visage, de cœur, de caractère, d’esprit, etc.

A bas « l’âgisme », les aînés, une valeur sûre !

Selon l’institut national de statistique, la Belgique comportait en 1999, 2335034 personnes de plus de 60 ans, soit 21,85 %de l’ensemble de la population.

Leur présence active importante, dans une société unilatéralement marquée par le profit, la rentabilité et l’utilitarisme est une réalité providentielle. Ils y représentent un certain nombre de valeurs trop souvent négligées dans la vie professionnelle. Leur valeur propre apporte la capacité de découvrir, malgré les limites et peut-être même au sein des appauvrissements physiques et psychologiques liés à l’âge, la richesse de l’être profond, faite de sagesse et d’ouverture, qu’ils peuvent et doivent chercher à rendre disponibles à ceux qui les entourent.

Une société est un tout et elle n’est vraiment réussie que si elle parvient à intégrer et insérer toutes les classes d’âge sans exclusive et dans la solidarité. Il n’empêche que notre bien-être physique et moral dépend de la façon dont nous prenons en charge notre vie. Celle-ci se fonde sur une réalité : notre santé et notre bien-être dépendent essentiellement de nous et non des autres ! Qu’est ce qui détermine finalement notre jeunesse ? L’état de nos artères ou l’éclat de notre regard ou encore notre été d’esprit ?

Sainte-Beuve nous rappelle que : « Vieillir est ennuyeux mais c’est le seul moyen que l’on ait trouvé pour continuer à vivre »  Plutôt donc que de craindre la mort (de toute façon inéluctable !), cherchons à aimer la vie pour pouvoir mourir en toute liberté ! Ne prenons pas la fuite en nous accrochant à des illusions car plus nous sommes conscients, plus nous adhérons à ce qui se passe, plus les choses sont belles. Et nous aussi !