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A chacun son histoire

Sans doute, parfois excédée par tout un courant de pensée qui clame, proclame et réclame « le droit d’avoir un enfant » - réduisant celui-ci à un objet de consommation nécessaire au bien-être de l’adulte – parfois envers et contre toute loi naturelle ou morale, je m’insurge du peu d’enthousiasme de certains à reconnaître pour l’enfant « le droit à son histoire ».

Petit rappel au passage, le droit est une invention humaine. C’est une tentative de réglementer les rapports entre les hommes pour leur permettre de mettre de l’ordre dans le chaos du monde ; pour mettre en place une certaine justice permettant à chacun d’évoluer dans une sphère assurant un minimum de sécurité. Cette sécurité, l’enfant y a droit. Or elle est, entre autre, donnée par le langage à condition que ce qui ce dit ne soit pas mensonges ou silences…

Tout juste le droit de se taire ?

En naissant l’enfant ne se retrouve-t-il pas dans une position extrêmement vulnérable ? N’ayant pas accès à la parole, il est totalement à la merci de notre bienveillance, il ne peut revendiquer aucun droit. Eventuellement, telle une bouteille lancée à la mer, à coup de fièvre, de refus de se nourrir ou de maladies, il peut, formuler une inquiétude ou une incompréhension mais rien n’oblige l’adulte à comprendre…

Sans doute est-ce parce que ne sachant revendiquer aucun droit que l’enfant a été pendant tant de siècles « oublié », déconsidéré et seulement regardé comme un adulte en puissance qui avait tout au plus le droit de se taire ! Aujourd’hui n’est pas hier, de plus en plus d’adultes pensent qu’un enfant a le droit d’être entendu dans son désir de Vie, énergie qui l’a amené à être le fruit d’une conception et à traverser une première vie appelée grossesse..

Le droit de comprendre

Si, à la veille du troisième millénaire, nous tombons d’accord sur le droit d’un enfant à se faire une place sur la planète terre, sans doute n’est ce pas trop demander à ceux qui l’accueillent de l’aider à comprendre le monde qui l’entoure.

Et pourtant…Si spontanément, l’adulte aide l’enfant à apprendre les parties de son corps. « Ici c’est ton nez, maintenant je caresse tes mains » etc.…l’aidant ainsi à acquérir son schéma corporel, étonnamment il est souvent beaucoup moins disposé à lui expliciter le schéma familial dans lequel l’enfant à été conçu, porté et grandi. Pourquoi ? Quelle importance pour lui ? A cet âge on ne comprend pas ces choses ! sont les remarques qui souvent fusent lorsque cette thématique est abordée. Comme si un enfant qui doit trouver sa place dans la toile sociale n’a pas, pour cela, besoin de références !

Pensez à tous ces enfants nés dans les camps de concentration et dont les parents ont disparus ; demandez leur, une fois devenus adultes, comme est brûlante la question des origines ! Pour grandir sereinement et devenir solide et bien équilibrés nous avons besoin de nos racines. Or ce terreau qui nourrit l’arbre que nous sommes, c’est l’histoire de la famille, celle du père, celle de la mère. C’est incontournable, nous sommes les héritiers d’un passé qui nous fonde.

Le droit de savoir

Le savoir c’est le pouvoir. Le savoir sur l’histoire dont nous sommes un maillon, nous donne le pouvoir de cheminer plus librement dans notre évolution. Campé dans notre vie d’adulte et dans notre histoire, nous avons oublié l’énorme énergie que l’enfance dispense à comprendre le comment et le pourquoi des choses et surtout de cette étrange chose qui s’appelle Moi ! Développer le potentiel avec lequel nous sommes venus au monde demande force  recherches et est stimulée ou bloquée par « la peur de ne pas comprendre ». Hélas, c’est bien connu, la peur engendre ce qu’elle craint. Ces enfants à qui on n’a pas assez expliqué peuvent accumuler les incompréhensions construisant ainsi des malentendus qui seront autant d'obstacles qui les faire trébucher sur le chemin de leur développement ;

Aujourd’hui encore, à cause de secrets familiaux, de tabous ou de non-dits concernant l’histoire de l’enfant on peut dire que la bienveillance à l’encontre de l’enfant n’est pas acquise. Laissez moi prendre un exemple parmi ces nombreux non-dits qui trouvent une justification de l’ordre de « mais c’est mieux ainsi pour lui qu’il ne sache pas ».

Jacques un adolescent de 17 ans, est trompé chaque jour et depuis de nombreuses années par sa famille, et ceci… avec le soutien tacite du médecin de famille. En effet, ses parents prétextant  qu’il souffre d’une fragilité à la fatigue, lui donne à chaque matin un médicament. Au hasard d’un article paru dans la presse, il vient de découvrir qu’en réalité depuis sa petite enfance il souffre d’épileptie…

Ne peut-on pas, dans ce cas, parler de maltraitance c’est-à-dire d’attitudes inadéquates ? Or, celles-ci sont souvent présentées comme éducatives ou protectrices alors qu'il s'agit en fait d'attitudes agressives voire sadiques ou perverses à l'instar de l'enfant !

Dans le même ordre d’idées, rappelons comment Françoise Dolto s’est battue pour qu’envers les enfants adoptés l’on n'attende pas qu’ils aient l’âge de raison pour apprendre la vérité quant à leur origine ! Et tous ces enfants nés ou conçus avant le mariage, qui au lieu de pouvoir être fiers d’être un enfant de l’amour doivent grandir dans une ambiance trouble teintée de culpabilité qui cherche à camoufler d’une manière ou d’une autre les mois qui manquent…

Et que dire de ces enfants dont on cache la paternité « parce que cela n’apportera rien qu’il sache » Comme si le corps ne savait pas, comme si le cœur ne souffrait pas quand il sent qu’on lui ment…

Non à l’injustice du mensonge

Hélas, malgré toutes les législations concernant l’enfant il s’avère que le secret, le tabou, le non-dit ou simplement l’oubli de raconter l’histoire familiale resteront des injustices impunies.

Sans doute n’est ce pas une question de droit mais plutôt une question de cœur ! Ce geste qui au travers du langage permet à un être humain d’advenir à son histoire en s’appuyant sur celles de ses géniteurs et dans le cas d’adoption sur celle de ses parents adoptifs restera une marque de notre bienveillance.
Nous qui racontons avec tant d’amour des histoires à nos enfants pourquoi faire tant d’histoire quant il s’agit de leur raconter la notre et la leur ?

Mots clés: Secrets Transmission Respect Mensonge Vérité