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A la découverte d'un nouveau règne

L'enfant a besoin de vie, voilà un fait inéluctable. Parce que vivant, et de plus doué de mouvement, l'animal est pour l'enfant, un lieu privilégié pour vivre des sentiments de tout ordre et projeter ses propres émotions.
Avant d'être emprisonné dans le raisonnement cartésien, l'être humain ressent l'ensemble du monde animé mu par la même énergie vitale que lui-même. Ainsi le contact, tant avec le règne végétal qu'avec le règne animal permet à l'enfant une foule d'expériences extrêmement enrichissantes. Un animal peut attirer, repousser, terrifier; l'enfant peut avoir envie de l'apprivoiser ou au contraire de le torturer.
Apprivoiser un animal.
Dans la majorité des cas, un enfant attiré par un animal tente d'avoir avec lui une relation d'intimité privilégiée. Certains enfants peuvent passer des heures à parler à leur ami chien, chat, hamster ou cheval.
Pour d'autres, le monde animal est si passionnant qu'ils usent de trésors de patience pour apprivoiser des animaux dit "sauvages". Ainsi Hélène, petite campagnarde de 10 ans, se fait réveiller chaque matin par Médard  frappant à sa fenêtre. Ce choucas ramassé au pied du nid, patiemment nourri par sa nouvelle maman partage, quelques semaines plus tard, en toute liberté, les loisirs de l'enfant. Voletant autour de la maison, il attend patiemment le retour de l'école pour se percher, tout bavard, sur l'épaule de son amie.
Plus étonnante encore , l'histoire du petit Mathieu, âgé de quatre ans. Cet enfant assez solitaire, décida par un beau jour d'été d'apprivoiser...des bourdons! Couché dans l'herbe, il parla pendant des heures à un gros bourdon jaune et noir. Au bout de ce long exercice d'approche, le bourdon pris sous le charme, vint se poser sur sa main. L'enfant et l'animal ne se quittèrent plus, jusqu'au jour où... Invité pour un séjour à la mer l'enfant dut embarquer dans la voiture. Il s'y refusa obstinément prétextant que sans lui, le bourdon se perdrait en tentant de suivre la voiture et par conséquent y trouverait la mort. Mais la volonté des adultes l'emporta et pendant plusieurs jours, Mathieu pleura la perte de son ami.
"Un animal est apprivoisé quand il te rend ta déclaration d'amour." me dit un jour un enfant.
La soif de tendresse, d'amour, de chaleur d'un enfant peut trouver son exutoire au travers d'un lien d'amitié avec un animal.
La phobie des animaux
Certains enfants, pour des raisons objectivement incompréhensives, ont horreur de se faire approcher par un animal quel qu'il soit. Plutôt que de les forcer à prendre contact avec cette forme de vie, il est utile de s'interroger à propos de cette méfiance. Pourquoi donc l'enfant veut-il rester à distance de ces êtres ayant comme lui du sang chaud? Craignent-ils d'être violés dans leur propre espace vital?
L'histoire de la petite Caroline âgée de 2 ans et demi peut nous éclairer sur cette peur. "Caroline a peur de tous les animaux, exception faite des poissons rouges. Que faire?" demande sa maman. Née, outre mer, Caroline est venue en Europe à peine âgée de quelques semaines. Lorsque l'enfant a deux ans, la famille quitte l'appartement dans lequel a grandi la petite, pour s'installer dans une maison plus spacieuse. "Depuis lors, ma fille est plus pleurnicharde, sa phobie des animaux s'est fortement aggravée." explique la maman. Elle continue: " Déménager n'est guère chose aisée, au début je me sentais mal dans cette maison. J'étais comme toute perdue. Tout est à refaire, on a plus ses espaces, on doit retrouver ses marques, sa place." Il y a gros à parier que Caroline ait ressenti le même désarroi, et pour la deuxième fois! Nous en avons parlé, avec la petite, de cette impression de se sentir mourir lorsque l'univers environnant brusquement se transforme; une peur de mourir entraîne une grande méfiance par rapport à la vie, par rapport à tout ce qui vit...exception faite d'un poisson rouge n'offrant aucun danger puisque, pauvre animal à sang froid, ne pouvant survivre dans notre atmosphère il est confiné à son bocal!
Quelques jours plus tard, l'enfant interrogea sa mère à propos de la mort, de la sienne, de celle de ses parents. La phobie des animaux alla en s'estompant, elle caressa même le chat. Maintenant quittant les jupes de sa mère, son grand dada est de "tout ouvrir". Craignant moins la mort, sans doute s'ouvre-t-elle à la vie...
Si certains enfants refusent de se laisser approcher par toute forme d'animal, d'autres ont plutôt une aversion pour un animal spécifique. Cette angoisse se révèle souvent directement liée à la  symbolique relative à l'animal en question.
- Martin a peur des chiens. Que peut faire un chien? Mordre, dévorer! La peur des chiens renvoie à l'angoisse d'un âge très précoce lorsque l'enfant à peur soit de sa propre agressivité orale soit de celle des adultes qui lui sont proches.             -Jacques a peur des chats: félins silencieux aux griffes lacérantes. La phobie des chats renvoie souvent à la peur d'être pris, tel une souris sans défense, entre les griffes, à la merci donc du pouvoir cruel de l'autre.
-Louise s'encourt à toutes jambes, si du fond de la prairie elle voit venir vers elle le plus brave des chevaux. Sans doute se sent-elle fragile, a-t-elle peur d'être piétinée par la force virile de l'autre ...
Et ainsi de suite, en passant par la phobie des araignées et des souris!
La communication avec un animal
La communication entre l'humain et l'animal reste encore en bien des points chose mystérieuse. Un fait est certain, notre approche des animaux est directement liée à notre relation à la Vie. Ne voit-on pas souvent les animaux aimantés par ceux qui en ont peur! "Moi, qui déteste les chiens, c'est toujours chez moi qu'il viennent quémander une caresse!" entend-on souvent. Peut-être les chiens viennent-ils simplement rassurer le peureux?
Un animal peut non seulement être un compagnon de jeu mais de surcroît se révéler avoir un effet thérapeutique. Ainsi tel enfant mutique osa s'ouvrir au langage grâce à la tendre douceur de son lapin blanc. Les dauphins, mystère qui a déjà fait couler beaucoup d'encre, surprennent par la façon dont ils apaisent, apprivoisent et socialisent les enfants autistes... Dans certains cas, l'animal est un relais affectif permettant de restaurer un manque, un malentendu entre l'enfant et l'adulte.
Mais sans même faire référence à ces situations traumatiques, la vie quotidienne nous livre milles exemples de communication intense entre humains et animaux. Voici la belle histoire de Beau-Prince. " Il était grand, large, bourré de muscles. A ses allures altières s'ajoutait un regard doux et gentil.
Une dame charmée par la splendeur du jeune étalon l'acheta. Pendant de longues années elle essaya par milles moyens d'en faire un cheval de selle. Echec total, dès que quelqu'un le montait, au premier grand galop il s'empressait de se débarrasser de son cavalier! En désespoir de cause, cette dame décida de  faire abattre Beau-Prince. Je lui demandai de me le donner. Mes parents, sceptiques, dirent qu'ils ferraient tuer l'animal s'il manifestait la moindre violence à mon égard. Il est devenu mon meilleure ami, je le monte sans problème. Nous avons une extraordinaire et tendre connivence." Ainsi raconte Ariane.
Torturer un animal
Certains enfants éprouvent du plaisir à faire souffrir un animal. Je ne parle pas ici des enfants qui par taquinerie, tirent à la queue de leur chat ou aspergent leur chien d'eau mais plutôt de ces gosses qui arrachent les ailes des mouches, ou qui frappent, en les jetant contre un mur, des grenouilles jusqu'à ce qu'elles en meurent ou qui, plus banalement donnent de violents coups de pied à un animal.
Ces gestes accomplis par des grands enfants se retrouvant en bande sont plus signe de bravade que de réelle méchanceté; c'est tellement important à cet âge de prouver que "Moi, j'ose. Moi, je n'ai pas peur"
De plus jeunes enfants sont parfois surpris en pleine action de torture vis à vis d'un animal; les parents, en général, sont inquiets de cette attitude qu'ils interprètent comme un signe de sadisme, de manque de coeur, de tempérament porté à la cruauté. Je serai pour ma part plus nuancée. L'enfant mettant à mal un être vivant, c'est à dire un animal respirant, bougeant comme il le fait lui-même, ne cherche pas à tuer l'animal mais à voir quelles sont les possibilités de résistance de l'animal face à des agressions mettant en jeu sa vie.
En d'autres mots, ces enfants, pour une raison personnelle, se sentent menacés par rapport à leur survivance et essayent de trouver via l'animal torturé une réponse à leur angoisse de mort. Prenons un exemple: la maman de Vincent le freine fortement dans son autonomie. Malgré une bonne maturité pour ses 8 ans, il ne reçoit pas la permission d'aller jusqu'au coin de la rue s'acheter un bonbon. Face au refus parental de voir grandir leur enfant, celui-ci se sent mourir psychiquement; analogiquement l'enfant ressent ses jambes symboliquement coupées. Y a-t-il moyen de survivre dans la vie sans disposer de toute la mobilité prévue par la nature? Voilà ce que questionne ce petit gamin en arrachant les ailes d'une mouche! Survivra-t-elle à cette blessure? Pourra-t-elle assurer ses moyens de subsistance en n'ayant plus que ses pattes ? Dans ce cas quel prédateur s'avérera le plus menaçant? Et si je lui arrachais encore une patte, comment fera-t-elle alors? Et ainsi de suite...
S'agit-il ici de manifestations de pure cruauté? Vincent est par ailleurs un bon gosse mais aujourd'hui, il souffre de son manque d'indépendance. Regardant la mouche aux ailes arrachées, mise dans une situation analogiquement identique à la sienne, il interroge les possibilités, qu'a un être vivant malmené par la vie, d'échapper à la mort.
L'adieu aux animaux.
Parallèlement à la question de l'attachement, le règne animal confronte souvent l'enfant à la problématique du détachement, de la perte, du deuil à faire  lorsque la mort survient.
Si un enfant perd son animal chéri, que celui-ci se retrouve écrasé, perdu, volé ou "endormi" par le vétérinaire pour cause de maladie incurable, témoigner de compassion envers les sentiments de l'enfant est essentiel. Certains adultes croient aider l'enfant à relativiser son chagrin en le banalisant. On les entends dire, l'animal décédé encore chaud: " Ne t'en fait pas, ce n'est pas grave, nous t'achèterons un autre lapin." ou encore, " Ne pleure pas comme cela, c'est ridicule. A t'entendre on croirait que tu as perdu un membre de ta famille!". Certains enfants, au retour de l'école, ne retrouvent pas leur mascotte adorée les parents ayant décidés de la supprimer, pour des raisons souvent légitimes d'ailleurs. Sous prétexte de ne pas vouloir faire de peine à l'enfant ils ne l'avertissent pas de la décision prise et préfèrent prétendre à une mystérieuse disparition...Ceci est injuste à l'égard de l'enfant car le deuil d'un être disparu sans laisser de traces est bien plus difficile à faire.
Le petit exemple suivant illustre pour vous un cas extrême certes mais véridique. Depuis ses quatre ans, Louis refuse d'adresser la parole à ses parents. Au fil des années, l'enfant s'est de plus en plus fermé à la vie; une seule chose l'intéresse: aller à des enterrements. Habitant près d'une église, se chargeant d'une foule de petites tâches domestiques il est devenu la bras droit du curé lors de ces cérémonies, pendant lesquelles il officie, d'ailleurs, avec la plus grande piété. Qu'y a-t-il pu se passer lorsque cet enfant avait 4 ans? Ceci on ne le comprit que bien des années plus tard. Par un triste jour d'octobre, le père de l'enfant, dans un accès de colère, tua le beau lapin noir de son fils. Celui-ci, effectuant un petit séjour chez sa marraine, ne retrouva donc pas, à son retour, son tendre ami, son confident de tous les jours. Non-dit total sur la disparition de l'animal, les parents firent comme si de rien n'était; pour Louis, déjà en souffrance, quelque chose se cassa à tout jamais au fond du coeur. Il se ferma à tous et à tout. Sa vie n'a plus qu'un sens, assister au plus grand nombre possible de cérémonies funéraires afin de pouvoir à chaque fois enterrer mentalement son seul et unique ami: Charbon, le petit lapin noir.
Le respect du chagrin de l'enfant face à la mort de son animal a son importance à plusieurs niveaux. D'abord cela marque de la part de l'adulte un respect vis à vis de la vie et des relations affectives qu'elle permet d'élaborer. Ensuite, l'enfant s'identifiant à l'animal, si la mort de celui-ci est gommée sans autre forme de procès, l'enfant court le risque d'imaginer que sa mort ne causerait pas de grands dommages affectifs chez ses parents. Ne voit-on pas bons nombre d'enfants ou d'adolescents, ayant survécu à une tentative de suicide, complètement abasourdis, renversés par la violence du choc affectif vécu par leurs parents suite à leur geste. Jamais ils n'avaient imaginés être à ce point aimé...
Il est donc essentiel d'oser, en tant qu'adulte, regarder la mort en face, fut-ce celle d'un animal afin de permettre à l'enfant de dire adieu, de faire le deuil de sa mascotte. Celle-ci ne doit pas être jetée dans une poubelle comme un vulgaire déchet. Un petit trou au fond du jardin ou dans un parc sera une petite tombe dans laquelle l'enfant déposera une fleur sauvage ou une jolie feuille en guise de cadeau d'adieu, favorisera une saine séparation . Ensuite il est vrai, il faut savoir tourner la page et le jour où l'enfant se sentira prêt à réentreprendre une nouvelle aventure affective, il sera temps si les circonstances le permettent, de lui offrir un nouvel animal.
Respecter la vie c'est accepter de saluer la mort.
Ma fille voudrait tant avoir un chien.
"Nous habitons un appartement. Julie, ma fille aînée âgée de 8 ans rêve depuis sa petite enfance d'avoir un animal, de préférence un chien. Moi, je ne suis pas très portée vers les animaux, de plus les chiens m'ont toujours un peu dégoûtés. Honnêtement, nous avons aussi pensé à toutes les servitudes que cela pouvait entraîner! Mais la demande de Julie se fait de plus en plus pressante. Que faire?"
Un fait est certain, les enfants ont besoin d'avoir de la vie autour d'eux, et les immeubles modernes leur en fournissent peu! Cependant, si un appartement est trop exigu, un chien y trouvera difficilement son bonheur. Il n'est aisé de dire non à un enfant mais un refus peut être motivé par le bien-être de l'animal. Un chien doit pouvoir être aussi heureux que son maître! Un maître heureux ne justifie pas le malheur d'un chien, cela grâce à sa faculté d'identification, l'enfant le comprend aisément..
Mais revenons à Julie. Contrairement à sa soeur qui s'enflamme pour un projet mais l'a déjà oublié le lendemain, Julie a le sens des responsabilités. Alors pourquoi ne pas discuter avec elle de l'éventualité de l'achat d'un hamster, d'une tortue ou d'une perruche?
Un enfant ne se sentira pas brimée si on lui explique clairement pourquoi l'acquisition d'un animal ne ferait pas le bonheur de celui-ci. Par contre , il est important de voir de quelle manière l'adulte peut répondre au besoin de vie d'un enfant.