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A table

Le repas est un moment essentiel pendant lequel la famille se retrouve réunie, au cours duquel les avis et les vécus réciproques ont une chance d’être entendus de tous, c’est bien connu. Moment convivial par excellence donc. Et pourtant, pour certains parents les repas tiennent plus du cauchemar que de la joie d’être ensemble…

« Les repas deviennent réellement éprouvants à cause des continuelles remarques que, sans cesse, nous devons faire à l’un ou à l’autre enfant. Ces moments qui devraient incarner le bonheur d’être ensemble ne sont que source de conflits et de tensions », s’explique Donatienne.

Les repas sont-ils un lieu d’agrément ou d’éducation ? Difficile de faire la part des choses.

Damien ne vient pas quand on l’appelle

« Parfois je me demande si mon aîné n’est pas un peu dur de la feuille ! Notamment à l’heure des repas, il me faut parfois l’appeler 5, 6 fois avant que monsieur daigne me répondre qu’il arrive quand il aura fini de…Toujours le dernier à venir à table, il se plaint ensuite de ne pas recevoir un beau morceau de viande ! »

N’est-il pas exact que, pour une mère, s’époumoner avant même de se mettre à table a quelque chose d’absolument irritant. Mais, vu d’un autre angle, pourquoi Damien se presserait-il à venir puisque de toute façon sa mère continuera à l’appeler ? « Si elle souhaite tant que je vienne à table, il n'y a pas de mal à la faire attendre un peu ! Qu’en pensez-vous ? Après tout c’est elle qui veut que je vienne manger, pas moi ! » Ainsi raisonne, peut-être, notre ami Damien. Sans doute y aurait-il moins de grabuge si Damien et sa mère mettaient en place un accord. Par exemple : dorénavant elle l’appellerait encore maximum deux fois, sans nouvelles de sa part il lui signifie qu’il n’a pas faim et ne viendra pas manger ; il y a fort à parier que Damien deviendra rapidement moins sourd aux appels de rassemblement et plus à l’écoute de sa propre faim… Bien évidemment, il mettra d’abord sa mère à l’épreuve en testant si effectivement, après deux appels, ne se présentant pas à table elle lui signifie gentiment que puisqu’il est en retard, il peut tranquillement continuer ses activités. Bien sûr, au repas suivant, il sera le bienvenu !

Elise ne reste pas deux secondes sur sa chaise

« Elise par contre est prompte à l’appel. Elle est souvent la première à table surtout en week-end quand mon mari et moi partageons le repas avec les enfants. Par contre, tous les prétextes sont bons pour, sans arrêt, se lever de table : chercher quelque chose dans le frigo, caresser le chat qui passe, cajoler sa poupée dans la pièce d’à-côté ou simplement faire le tour de la table pour embrasser l’un ou l’autre. Ce sont toujours des marques de gentillesse alors nous ne savons pas très bien comment réagir. Peut-on la punir d’être gentille ? »
Pas bête la petite Elise ! Virevoltant autour de la table, ne respectant pas les règles parentales, elle s’organise pour être le point de mire pendant le repas, s’arrogeant ainsi tout un pouvoir. De plus, elle met ses parents en difficulté car elle sent leur malaise à s’imposer face à tant « de gentilles attentions »…

Les repas sont une possibilité de prendre tous ensemble du plaisir ;  un des plaisirs n’est-il pas de manger tranquillement sans avoir à souffrir d’une gentille mouchette qui tourbillonne autour de la table selon son bon vouloir ? Ne serait-il pas utile que son père lui explique qu’elle est, bien sûr, la bienvenue à table mais que si chacun se mettait à tourbillonner ainsi, tout le monde aurait le tournis ! Donc, soit elle prend du plaisir avec tous en restant assise, soit si elle s’ennuie et se lève de table, elle ne doit venir s’y ré asseoir, ni y revenir au moment du dessert ! Certains parents diront « Oui mais il faut quand même qu’un enfant reste à table quand on le lui demande, Elise doit apprendre à obéir » D’accord si vous êtes décidé de faire de chaque repas une bataille que vous risquez de ne gagner qu’en attachant l’enfant à sa chaise ou en finissant par sortir de vos gonds ! N’est-il pas moins éreintant de l’intimer à quitter la pièce si elle se lève de table ? D’ailleurs, bien rapidement, elle va sentir qu’ayant perdu son pouvoir sur l’environnement attablé, c’est encore plus gagnant de rester à table assise à sa place !

Sophie mange comme un cochon

Cette petite, de voilà bientôt cinq ans, a trouvé un autre créneau pour que l’on s’occupe d’elle. « Mon mari et moi ne sommes pas d’accord sur la manière d’apprendre à cette enfant de se tenir à table. Il ne supporte pas qu’elle mange la bouche ouverte, mette les coudes sur la table et se tienne comme un sac de pomme de terre ! Il est vrai qu’en plus elle se barbouille de nourriture et en met partout ! Les repas sont vraiment épuisants à cause, entre autres, des remarques de mon mari concernant le comportement de Sophie à table. Cette petite a un malin plaisir à irriter son père, à le faire sortir de ses gonds, ce qui à pour résultat d’entraîner des discussions entre les parents car je trouve qu’il est trop exigeant »

Il est vrai qu’à partir de trois ans, un enfant est capable de manger proprement et donc le père est en droit de l’exiger. Lorsqu’un enfant, par ailleurs pas plus maladroit qu’un autre, mange salement, quel sens donner à cette attitude ? Manger salement, est une manière de montrer aux yeux des autres et donc aussi à soi-même une image de soi peu humanisée, peu valorisante, peu respectueuse ; comme si l’enfant sous estimait sa valeur.. Prenant la place de la « sale », Sophie cherche à attirer l’attention de son père, sensible à la propreté, sur elle ; hélas les remarques paternelles, cinglantes et désapprobatrices, ne font que nourrir l’image négative que la petite a d’elle-même, à chaque fois son narcissisme est à nouveau meurtri... De plus pour Sophie, créer de la bisbrouille entre les parents est très culpabilisant même si au moment même c’est excitant d’avoir, si petite, ce pouvoir !

Visiblement Sophie à besoin de reconnaissance de la part de son père. Pour répondre à cet appel, plutôt que de jouer le versant de la culpabilité et de l’agacement, de tomber dans le piège dévalorisant de « Sophie est un cochon », ne serait-ce pas plus constructif que le père prenne sa fille à part, à un moment hors des repas ? Marquant ainsi son intérêt pour elle, il pourrait faire un petit contrat à connotation positive ou encore établir un code secret pour la stimuler à « tenir le coup d’être propre » pendant les repas, etc. Tous en sortiraient gagnants, surtout Sophie qui trouverait ainsi réponse à la question concernant sa valeur aux yeux du père !

De l’importance d’avoir chacun sa place à table

Souvent, dans les familles, surgissent des plaintes de jalousie, d’ingérence réciproque, de non-respect des territoires individuels, etc.  Situations provoquant stress et nombre de conflits !
Et souvent…que constate-t-on ? Pas de places fixes à table ! Tout cela part d’une belle philosophie d’épanouissement qui suggère aux parents de laisser aux enfants la possibilité de choisir, à chaque repas, quels seront ses voisins de table.

Théoriquement c’est un point de vue démocratique idéal mais n’est-ce pas faire l’impasse sur la question de la rivalité et du pouvoir ? En soi, le goût du pouvoir est une bonne chose, encore faut-il savoir le canaliser afin de ne pas le rendre despotique et destructeur. Ainsi, ne pas attribuer de places fixes à table peut avoir comme conséquence de transformer chaque début de repas en une bataille en règle commentée de disputes et de discussions par rapport à qui se mettra à côté de qui car hier…puisque avant hier…et que donc demain…etc.

Puisque rien n’est réglé, rien n’est acquis, ce qui oblige chaque enfant à défendre son choix du jour, son droit, son dû, sa place…à moins qu’il ne choisisse de ne jamais choisir…Sans parler du fait que souvent avec la chasse à « la » bonne place, valsent injures et rancœurs, chacun luttant pour avoir la place que l’autre voulait car c’est bien connu l’herbe du voisin est toujours meilleure….

N’est-il pas plus reposant de se réveiller chaque matin en sachant d’emblée à partir de quelle place à table on pourra échanger rêves, cauchemars ou rires ? Il faut un minimum de structure pour que règne une atmosphère de paix et de confiance qui met en place le respect de l’autre. L’autorité, permettant à l’enfant de grandir en se sentant protégé et soutenu, n’a pour autre fonction que de veiller au respect des personnes et des territoires, or l’autorité revient aux parents. Alors pour la paix de chacun, n’hésitez pas à désigner une place à chacun !

Mots clés: Education Place Nourriture Limites