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Elle me met hors de moi

Qui parle ? La mère ou la fille ? Qui essaye de déstabiliser l’autre ? Mettre quelqu’un « hors de lui » dit bien ce que cela dit :  Ne plus être centré, ne plus avoir en concordance, dans un même axe, l’émotif, le mental et le corps. C’est se retrouver, comme l’on dit communément, « A côté de ses pompes » !

Le malaise de Céline

Parlant de sa fille Sophie, âgée de 6 ans, Céline nous raconte « Cette enfant me rend dingue. Elle est incapable d’obéir quand je lui demande quelque chose. Elle m’oblige à crier, à hurler pour me faire entendre. Parfois je la frappe, tellement elle me pousse à bout. Je ne sais plus quoi faire quand elle me met « hors de moi ». »

Se faire mettre « hors de soi » n’arrive pas par hasard. Il est important de s’interroger sur la raison qu’a un enfant de nous faire exploser. Que cherche-t-il à nous dire ou à nous faire comprendre ?

Lorsqu’elle était elle-même enfant, Céline, n’a jamais osé s’opposer à ses parents. Elle était une enfant sage et raisonnable. Sans doute a-t-elle cherché à incarner, au mieux de ses possibilités, « l’enfant du rêve parental » : celui qui se tait pour ne pas déranger, celui qui ne choisit que ce qui plaira aux parents  celui qui renvoie à l’adulte l’image du parfait éducateur dont l’enfant fait ce que l’on attend de lui…

Mais voilà que Sophie, sa fille, ne joue pas dans la même pièce ! Sans doute la gamine est-elle suffisamment convaincue de l’affection que sa mère lui porte pour oser s’opposer. S’appuyant sur cette base solide, Sophie ne craint pas de dire non et d’essayer de faire tourner le monde selon son bon vouloir. Céline, par contre, a beaucoup de mal à faire entendre sa parole. C’est logique, ayant cherché à être, aux yeux des autres, quelqu’un d’idéal elle n’a pas appris à devenir sujet de sa propre vie !

Céline a du mal à être cohérente et conséquente car elle n’a jamais appris à parler en son nom, elle n’a pas été reconnue comme possédant une parole propre, comme ayant droit à un choix personnel. Dans ce cas, il n’est guère aisé d’assumer la tâche éducative qui oblige de mettre des règles et des limites ! A la fois elle se sent coupable de chercher à imposer une vision propre et dans la foulée Céline est indignée que sa fille n’adopte pas la même attitude que lorsqu’elle était enfant : obéir sans discuter. 

Le malaise de Sophie

Ne pourrait-on pas imaginer que Sophie faisant l’expérience d’une maman « pas bien dans sa peau », car mal à l’aise dans sa manière de demander ou de mettre des limites, s’en retrouve déstabilisée ? Sophie, mieux assurée, cherche à prendre la position forte, s’oppose, veut imposer sa vision, peut-être dans l’espoir de voir sa mère prendre sans se plaindre ou culpabiliser… la place qui lui revient, sa place d’autorité ! Ainsi certains enfants adoptent des attitudes très opposantes pour obliger le parent à plus de cohérence et d’assurance quant à son droit de ne pas fonctionner dans le tout pouvoir de l’autre.

Cela peut paraître paradoxal mais ces enfants dont nous disons qu’ils nous mettent « hors de nous », cherchent peut-être (inconsciemment bien sûr) à nous faire prendre conscience que  nous sommes quotidiennement « hors de nous » ! C’est à dire incapable de dire non, de mettre nos limites, d’oser notre propre parole, de nous battre pour notre désir. Très fragiles donc. Cédant à la demande de l’autre non pas par bonté mais parce qu’incapable de se positionner dans la différence qui dit Non là où l’autre veut Oui.

Eh bien oui, ce n’est pas facile à vivre ni à accepter, mais certains enfants nous chatouillent là où nous sommes vraiment très chatouilleux….Ces enfants ont une intelligence inconsciente émotionnelle et intuitive tellement développée qu’ils apprennent parfaitement à saisir la fragilité de leurs aînés. Avec les mots et les gestes adéquats ils les déstabilisent pour…les obliger à retrouver leur équilibre !

Et si Sophie en « cherchant sa mère » la pousse à imposer un Non clair, calme et décidé, à mettre une limite, à se faire respecter, en un mot à la « remettre dans elle » ? Afin d’avoir une maman bien dans sa peau…de façon centrée et cohérente. « Si l’esprit est détendu, il atteint la tranquillité. Si l’eau n’est pas agitée, elle devient claire » nous enseigne la sagesse tibétaine.

La leçon à tirer

Plutôt qu’émettre, face à ce qui est vécu comme une attitude arrogante de la part de l’enfant, un « Mais pour qui te prends-tu ? », n’est- il pas plus intéressant d’analyser les facteurs qui nous empêchent de rester calmes et centrés ?

En nous questionnant avant que l’émotion ne soit devenue trop forte, la tension qui réside dans notre cœur est en mesure de se relâcher. Se poser la question « Quelle émotion mon enfant cherche-t-il à faire surgir en moi ? Pour trouver quoi chez moi ? » Au lieu de se demander pourquoi, observez comment l’émotion surgit. Il est bien évident qu’un enfant ne désobéit pas par pure méchanceté (ce qui est malheureusement souvent interprété en ce sens par l’adulte…) mais pour susciter une réaction de la part de l’adulte. Il est donc utile d’essayer de comprendre quel est le point de déséquilibre que cet enfant cherche à pointer.

Quand, face à un enfant spécialement récalcitrant, on ne fait pas l’analyse du comment, cela peut devenir l’enfer pour l’adulte comme pour l’enfant. Tous deux perdent les pédales de leur bicyclette émotionnelle et mentale tombent, désarçonnés, désemparés, dans les arcanes du négativisme qui vire vite en violence. Des larmes intérieures ou bien réelles montent à la surface, un sentiment de désespoir, de rage, d’impuissance ou de culpabilité les envahit tous deux en les rendant bien malheureux.

Quand nous refusons d’accepter et de combler nos failles, là où chacun pourrait être gagnant, enfant et parent s’enfoncent dans l’incompréhension et la blessure affective.

Les sentiments d’énervement et d’agitation sont comme une eau trouble, qui ne s’immobilise et devient limpide que lorsqu’on la laisse décanter. A fur et à mesure que notre réaction émotionnelle s’apaise, le corps et l’esprit deviennent paisibles et équilibrés.

Mots clés: Education Transmission Enfance Emotion Obéissance