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« Et moi, et moi, et moi… » Jalousie quand tu me tiens

Notre rêve de parents n’est-il pas de voir nos enfants grandir dans la complicité et le compagnonnage heureux ? Qu’il est bon de voir des têtes blondes ou brunes penchées sur un même jeu ou d’entendre les échos de vélos lancés dans une course effrénée !

Et pourtant. Il est fréquent, dans une fratrie, de voir un enfant sans cesse à l’affût de tout ce que l’on fait pour un autre. Il est plus fréquent qu’on ne le pense, de voir un aîné jalouser celui qui le suit, tandis que vis à vis des autres enfants de la fratrie tout se passe dans la norme. Une dispute de temps à autre, rien de plus normal mais une constante revendication d’un enfant par rapport à un autre a quelque chose d’usant, d’agaçant, de désespérant. Pour les parents qui ont du plaisir à faire des jeux de société avec leurs enfants quoi de plus énervant qu’un enfant qui ne sait pas perdre parce qu’il ne supporte pas que l’autre gagne !

Un jaloux parmi d’autres

Prenons l’histoire d’Henri, 6 ans, aîné de la fratrie il est suivi de deux sœurs âgées respectivement de 4 et 2 ans. Il pleure facilement, souvent il a triste mine et d’une voix nasillarde renvoie un éternel refrain : « Tu fais tout pour les autres. Moi, tu m’aimes pas »

Cela ne l’empêche pas de s’acharner sur Caroline, sa sœur cadette, que sans cesse il cherche à diminuer, se moquant d’elle pour tout ce qu’elle ne sait pas encore faire et lui bien. « T'es bête, tu sais même pas écrire ton nom », etc. Ses parents ont beau le raisonner, le punir, c’est plus fort que lui, il prend trop de plaisir (pense-t-on) à la voir pleurer ou humiliée.

Dès que la mère s’occupe ou câline de façon plus personnelle sa petite Caroline, voilà notre revendicateur né qui fonce sur les deux en hurlant « Et moi, et moi, et moi ! ».

« Cet enfant doit sans cesse être rassuré quand à notre affection pour lui. Nous faisons plus pour lui que pour les autres, mais ce n’est jamais assez. J’ai l’impression d’essayer de remplir un puit sans fond ! Tout le temps il tire la couverture vers lui. Nous n’avons plus aucun plaisir à faire un jeu de société car il ne supporte pas de perdre contre sa sœur ». raconte la maman.

Que peut signifier cette terreur de « perdre » au jeu ?

Dans le langage courant ne dit-on pas avec une intonation d’angoisse ou de tristesse dans la voix : « perdre la vue », « perdre son temps » ou encore « perdre la vie », par ailleurs nous énonçons souvent « l’indispensable nécessité de gagner sa vie »…

Pour nombre de parents un jeu de société est essentiellement conçu pour « apprendre à perdre ». Pas facile dans un univers où l’on nous ressasse que gagner c’est vital ! Ah, les adultes et leurs paradoxes !

N’empêche certains enfants, notamment ceux dont la perte du monde utérin ou la perte du statut d’enfant unique fut une souffrance qui a du mal à s’oublier, associent le mot perdre à « perdre des morceaux de soi » N’est il pas logique alors qu’ils soient terrorisés de perdre ? Et qu’ils soient d’accord de jouer tant qu’ils ont l’espoir de gagner car…ainsi (espèrent-ils fantasmatiquement), se retrouverait ce qui aurait été perdu et pourrait se re-« gagner » une intégrité blessée.

Pour eux perdre n’acquiert pas le sens de « ce que l’on souhaite n’est pas toujours possible » mais les  renvoie plutôt au sentiment d’une dislocation, d’une diminution de ce qu’ils étaient avant le jeu. Une terreur de devenir si peu qu’ils ne seront plus visible et qu’alors , l’autre prendrait toute la place…

Tellement peur de perdre sa place

En effet ne s’agit-il pas d’une terrible angoisse d’être rayé de la carte parentale qui habite ces enfants jaloux qui, de surplus, ne supportent pas de perdre ? Si ce comportement se révèle odieux pour l’entourage, ne croyez pas qu’il soit agréable à vivre pour celui qui le subit…C’est un réel martyr que de se sentir constamment menacé de disparition dès l’apparition de l’existence de l’autre.
« Avec Henri, il est évident que sans cesse il se bat pour occuper tout l’espace car son raisonnement face à sa sœur cadette. est : « c’est elle ou moi » Comportement résultant d’un malentendu quant à la place que le jaloux craint de perdre dans le cœur de ses parents.

Une grand mère astucieuse

Voyons comment le petit Henri a pu être aidé a lentement surmonter sa jalousie et un de ses corollaires : la peur de perdre.

Un jour, tandis qu’Henri passait deux jours chez sa grand mère, quelle ne fut la surprise de sa mère de voir ses deux filles jouer ensemble, rire aux éclats et partager de bons moments. « Quand Henri est à la maison cela n’arrive jamais, sans cesse il intervient entre ses sœurs cherchant toujours à s’approprier par toutes sortes de chantages, la faveur de l’une ou de l’autre, ceci afin de s’assurer d’être à deux contre un. »

La grand-mère ayant eu écho de la complicité des petites décida d’aborder le sujet avec son petit fils en essayant de l’inciter à laisser ses sœurs tranquilles.
A cela il lui rétorqua de but en blanc « Mais Mamy, si Hélène aime Caroline, moi je n’aurai plus de place ! »

Interloquée, elle réfléchit un moment puis lui demande : « Aime-tu Mamy ? »
« Bien sûr que oui ! » répond l’enfant étonné de la question.
« Aime-tu ta maman ? » continue la grand-mère.
« Mais Maman c’est ma Maman alors évidemment que je l’aime ! » rétorque l’enfant.

La grand-mère poursuit : « Donc dans ton cœur tu a de la place pour l’amour que tu portes à Maman et à Mamy. Tu vois que dans le cœur il y a de la place pour aimer des personnes différentes ! Ce n’est pas parce que Caroline joue avec Hélène qu’elle ne t’aime plus. C’est peut-être ce que tu as pensé quand tes parents ont fait un deuxième bébé. Tu croyais peut-être qu’ils n’aimaient pas un enfant plus grand et qu’alors ils ont fait un bébé pour te remplacer ? Mais tu sais le cœur des parents grandi avec le nombre des enfants et la place d’amour que tu avais quand tu étais seul enfant, est restée la même quand ta sœur est née. Pour elle c’est crée une autre place. »

N’allez pas croire que ces quelques paroles ont miraculeusement fait fondre la jalousie de ce petit ! Mais à force de le rassurer qu’il n’a rien perdu ni en amour, ni en place, ni de l’attachement de ses parents pour lui, lentement c’est s’ancré dans son cœur l’idée qu’il est encore « entier », qu’il n’a rien perdu qui devrait à tout prix être récupéré, notamment sur le dos de sa soeur…  

Mots clés: Amour Sécurité Jeux Peur Fratrie