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Etre ferme et sévère, où se situe la différence

"Je dois me montrer plus ferme avec mon fils dites-vous! Pensez-vous que lorsque je rentre crevé du boulot, cela m'amuse de me fâcher sur mes enfants ? En les retrouvant j'ai plutôt envie de jouer avec eux, de me détendre et pas de vivre de conflits, ça j’en ai assez au bureau !".

Ainsi parlent nombre de pères lorsque je leur demande de prendre une part active dans la mise en place de plus de structure dans la vie familiale.

Et d'autres de rajouter: " Vous savez moi j'ai eu un père très sévère et autoritaire. Il avait tout à dire, avec lui il ne fallait pas broncher. Merci, non, ce genre de rapports je refuse de las établir avec mes enfants ! Contrairement au rôle de père fouettard qu’arborait mon père, je veux être à l'écoute de mes enfants; partager leurs joies et leurs peines, avoir avec eux une communication que je n'ai jamais eue avec mes parents et en tout cas pas avec mon père. Maintenant que je suis devenu adulte nous avons lui et moi des rapports amicaux, mais partager mon intimité serait impossible, nous sommes trop distants l’un de l’autre pour cela. Je veux être un père diffèrent !"

Une question de mots

Sans doute est-il important de ne pas confondre fermeté ou autorité avec autoritarisme, ou pour employer d'autres mots: ne pas confondre donner de la structure avec être strict ou rigide. L’autorité assurant fermeté et structure aide un enfant à savoir lesquelles de ses attitudes sont acceptables et lesquelles ne le sont pas, de lui faire découvrir ce qui est à lui et ce qui est aux autres, de l'aider à défendre son territoire tout en respectant celui des autres; tout cela est bien différent de l'idée qu'il faut avoir sur l'enfant tout le pouvoir, qui serait la vision de l’autoritarisme rigide qui donne froid dans le dos rien qu’à y penser !

Comme me disait très judicieusement, un père, l’autre jour: “Il faut aider un enfant à “modeler sa liberté”, ce qui est bien diffèrent de “l’empêcher à s’imaginer libre” !”

Le refus de la tyrannie

Dans son recueil Pensées, Blaise Pascal nous dit: "La tyrannie consiste en un désir de domination, universel et hors de son ordre.” Ainsi le tyran n'est pas celui qui veut commander, mais celui qui veut commander partout ! En d'autres mots, serait tyrannique le parent qui se croirait porteur de toute la vérité sur son enfant. Est tyrannique le parent qui “sait" et "ordonne" la plupart des gestes quotidiens de l'enfant sous prétexte qu'il "détient la Vérité” concernant tout ce qui est bon pour son enfant. Attitude dont la tyrannie est bien inconsciente car les parents qui l’adopte le font par amour (mal placé sans doute, mais chacun fait ce qu’il peut avec ce qu’il a reçu), agissant ainsi ils pensent faire le mieux pour leur enfant...

Pour être concret, serait tyrannique le parent qui ordonne à l'enfant en âge de le faire lui-même: ce qu'il doit mettre sur son assiette, comment il doit s'habiller, comment et à quoi il doit jouer avec les autres enfants, qui il doit aimer ou discréditer, etc.

Nombre de parents ont souffert de cette vision éducative tyrannique lors de leur enfance et Dieu merci ne souhaitent pas reproduire la même chose. Dolto et tant d’autres, ont fait bouger les choses en propageant haut et fort qu'un enfant est un humain au même titre qu'un adulte et par conséquent il a droit à autant de respect !

Ne pas confondre fermeté et Vérité

Si l'adulte ne possède pas la vérité sur ce qui serait idéalement "bien" pour son enfant, ce n'est pas une raison, pour des parents, d’abandonner toute prise de position ferme quant à la façon dont ils souhaitent que leur(s) enfant(s) se situe(nt) et agisse(nt) en famille et en dehors de celle-ci.

“L'enfant Roi” est né de cette découverte que l’enfant n’est pas une pâte à modeler au bon vouloir de l’adulte mais serait, dès sa conception, constitué d’une personnalité unique et respectable. De cette prise de conscience capitale a surgit la crainte de blesser l'enfant, la peur qu'une exigence trop claire de la part de l'adulte ne fasse trace de traumatisme et... sont nés les papas poules qui couvent plutôt qu'ils ne guident...

Or il est aujourd'hui évident qu'un enfant ne jouissant pas d'un cadre de référence construit sur une structure claire, sera un enfant en souffrance. Il est utile pour les parents de savoir qu'une règle, un ordre n'est ni vrai, ni faux, ce n’est pas d’une vérité qu’ils se justifient ! Simplement toute vie en société (et la famille est une mini société) est fondée sur une Loi à suivre; pour fonctionner de façon vivable, il faut des directives claires délimitant ce qui peut ce faire et ce qui est interdit.

Une Loi parentale régissant la vie familiale et la vie sociale en découlant, est un acte législatif; or le légal n'est ni le vrai, ni le bien. La loi ne dit ni le vrai ni le bien, mais l'ordre seul.

Dans son propos du 3 janvier 1931, le philosophe Alain nous cite un exemple éclairant : Si l'agent aux voitures voulait être juste, il interrogerait les uns et les autres, laissant passer d'abord le médecin et la sage-femme; dans le fait, ce serait le comble du désordre, et tous seraient mécontents. Aussi l'agent ne se soucie point de savoir qui est pressé ni pour quels motifs; simplement il coupe le flot; il réalise un ordre tel quel; non pas meilleur qu'un autre; mais c'est un ordre. Son idée est que le désordre entraîne par lui-même une masse d'injustices."

La loi demande obéissance

Celui dont émane la Loi doit veiller à ce que cette loi soit respectée et suivie. Là aussi ne confondons pas obéissance avec servilité. Faut-il obéir à une loi parce que celle-ci est juste ou encore parce que obéissance et amour sont liés ? Non, là aussi il y a mélange d'attribution ! Il faut obéir parce que c'est la loi mais rien n'empêche de la trouver injuste, voire ridicule et de penser ou de dire "J’enrage contre mes parents et leurs stupides règles à la ... Moi, plus tard, je ferai autrement avec mes enfants !" Or trop souvent dans le chef parental obligation d’obéissance a été associée avec obligation de respect et d'amour ! N’est ce pas un peu ridicule !

Le respect et l'amour sont d'un autre ordre, "L'ordre est bas, il n'est que nécessité" dit encore Alain tandis que l'on obéi, il est essentiel de garder toute sa liberté d'esprit, et ce droit là il serait immoral de l'interdire à l'enfant. Il a le droit de ne pas être d'accord et de l'exprimer, cela ne l'exclut bien sûr pas obéir !

Être des parents responsables

"Être responsable, au fond, c'est assumer le pouvoir qui est le sien, sans le dissimuler derrière son savoir ni, même, derrière ses ignorances" nous dit André Comte-Sponville dans ses Etudes cyniques. Ainsi, un bon parent n'est pas toujours un parent bon ou un parent cultivé ou encore sportif, mais un parent bon, cultivé ou sportif n'est pas forcément un bon parent...

Assumer son pouvoir signifie aussi assumer sa place. Voilà la raison pour laquelle je commençai cet article en parlant des pères. Si incontestablement l’écoute et la tendresse d’un père est un merveilleux cadeau fait à un enfant, il ne faut pas que ceux-ci en oublient l’indispensable place symbolique qu’ils occupent par rapport à l’ordre et la loi. Ce rôle ce n’est en aucun cas à la mère de l’assumer seule...

Mots clés: Père Autorité Loi Sévérité Obéissance Vérité