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Gare au sécuritaire qui tue

Qu’y a-t-il a entendre dans : « Elever un enfant en toute sécurité » ? D’emblée ce mot nous fait associer avec « sans danger », « que rien de néfaste n’arrive ». N’est-il pas important de se rappeler qu’avant tout, le but de la sécurité est de veiller à ce que , à l’abri du danger, l’enfant puisse vivre dans un état d’esprit confiant et tranquille.

Il s’agit donc bien de faciliter tout ce qui est de l’ordre de la Vie. Il ne s’agit donc pas de se focaliser à essayer d’éviter la Mort…

Qu’est-ce qui aliène la vie et la détruit ?

Ce qui l’immobilise ! La vie est échange, mouvement, changement, expansion et relation en interdependance. Un des moyens pour figer le mouvement de la vie est de chercher à contrôler, à sécuriser au maximum nos actes quotidiens. Un besoin archaïque est inscrit au centre même du cœur de chacun d’entre nous : ne perdre à aucun prix. Pour cette raison la sécurité séduit car elle nous fait imaginer qu’elle répondra à cette chimère à laquelle nous sommes incapables de renoncer : être à tout jamais débarrassé de l’angoisse du vide et de l’incertitude. Le sécuritaire renforce son emprise en nous leurrant de certitudes de contrôle sur la Vie et la Mort, ! Et pourtant nous savons tous que face à ces deux pôles de notre existence nous sommes impuissants et ignorants !!!

L’inflation de la « pensée sécuritaire »

Toute la société est obnubilée par l’éradication du moindre risque ! Ainsi, dès la conception (si pas avant… !), le parent est déjà menacé par la culpabilité de ne pas être « assez prudent ».  Le mot sécurité a enfanté de telles angoisses parentales que de nos jours, les bambins ne peuvent aller à l’école à pied ou en vélo car ils pourraient  trouver sur leur passage un « danger ».

Cet être humain qui, dès sa naissance, est pris dans le carcan du sécuritaire : amnio-synthèse, échographies à répétition, test de la mort subite, et normes de sécurité de tout ordre. Car qu’on le veuille ou non, nous voilà contraints d’accorder une confiance aveugle aux techniciens de la Science et de la Technologie car ce sont eux qui nous guident et décident de ce qui est bon ou mauvais pour nous ! Or, plus un individu doit se soumettre à des normes, plus il devient dépendant de son environnement et met en veilleuse sa capacité de réflexion personnelle, perdant ainsi le sens de sa propre compétence…

Pièges du sécuritaire à outrance

Le contrôle est devenu, au nom de la sécurité, un autre maître mot. « Tu peux jouer dehors, mais ne vas pas là où je ne te vois plus » disent nombre de parents à leur enfant. Le contrôle c’est le pouvoir du « regard » qu’il soit parental, scientifique ou technique.
Rappelons que la dépendance d’un enfant à son environnement est déterminée par la part laissée à la liberté d’action et la part déterminée par l’adulte qui lui ordonne ce qu’il doit faire. Sans nous en rendre compte, nous laissons à l’enfant le droit à de moins en moins d’initiatives propres. Or ce sont celles-ci qui sont le tremplin du sens que nous donnons à notre vie.
Que penser de cette gamine de 10 ans, très bonne élève, d’accord, mais incapable de traverser la route seule tant elle est habituée à tenir la main de l’adulte…

En fin de compte, cette sécurité tous azimuts nous protège-t-elle ou nous fragilise-t-elle ?

Renforcer le sécuritaire en dévalorisant l’échec.

Face à un enfant qui se balance et tombe, il y a deux manières de réagir. « Fais donc attention, voilà tu t’es fais mal, c’est de ta faute – tu es tombé – si tu as mal c’est parce que tu ne devais pas prendre le risque en te balançant. C’est dangereux. » Contenu du message : culpabiliser de la prise de risque et démontrer que celle-ci a pour conséquence la punition de la douleur.

Un constat plus constructif serait « Ce n’est pas grave – tu n’es pas blessé –mais comme cela tu apprends que lorsque l’on se balance trop, la chaise glisse. » Message encourageant qui signale qu’un échec est un apprentissage !

De nos jours, l’adulte craint pour son enfant toute prise de risque car elle est vécue comme une entrave au bien-être. Or l’échec est formateur, il permet l’initiation, pousse au changement et à l’évolution du monde et de l’humanité.

Constats et perspectives d’avenir ?

La prise de risque est interdite, or c’est une initiation nécessaire pour passer de l’enfance à l’âge adulte et elle n’est plus programmée. Cette continuelle addition de contraintes, fonctionnarise la vie.

« Quel bonheur c’était d’aller à l’école à vélo ! Cela nous permettait d’avoir des mini aventures, des rires entre copines sans être sans cesse sous l’œil vigilant d’un adulte. » raconte Edith, car elle souffre pour son enfant qui grandit dans un carcan où le sécuritaire l’emporte sur l’imprévu.

Or,  la vraie vie, n’est-elle pas la joie du désir et de l’imprévu ? Faut-il s’étonner que nombre d’enfants ne trouvent plus la vie vivable ? Certains se suicident très jeunes. Est-ce pour ne plus avoir à sans cesse affronter tout ce qui doit empêcher de mourir ? Mourir plutôt que se confronter à la réalité de la vie qui en appelle à parler – agir – créer, en un mot prendre le risque de vivre l’Incertain de la Vie ?
Lorsque l’on est dominé par la pensée sécuritaire, la vie est sans gravité, l’individu tombe dans le vide du quotidien sans jamais atterrir, prendre contact avec une nouvelle réalité. Trop souvent, nos enfants, nos « trésors » ne peuvent plus prendre  le risque de vivre leur vie tant ce serait grave si quelque chose leur arrivait… « Comment encore oser grimper au haut d’un arbre, car quel affolement si je tombais… »

N’avons-nous pas à laisser l’enfant s’émerveiller du caractère illimité des possibilités qu’offre sans cesse la vie ? Ne le vidons-nous pas de la richesse même de la vie en lui offrant un monde pré-fabriqué, pré-emballé qu’il ne lui reste qu’à consommer ? Certains enfants trouvent à ce monde a un goût si fade que…la mort serait peut-être plus passionnante… 

Mots clés: Société Sécurité Peur