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Intimer la Loi, ce n’est pas interdire de penser

Rappelez-vous l’incident qui eu lieu entre le petit Emilien, âgé de 5 ans, et son père. Ce petit garnement, ayant échappé à la surveillance maternelle avait allumé la télévision à son insu. Le père rentrant du bureau et constatant les faits envoie son fils dans sa chambre.

Celui-ci quittant la pièce lui lance un furieux : « Tu es méchant, Papa ! » Suite à cette réplique peu aimable, le père choqué puni son fils de télévision pour la semaine.

Respecter ses parents, ce n’est pas obéir sans mots dire, sans maudire…

A quoi renvoie la notion d’obéissance ? Si celui dont émane la loi doit veiller à ce que cette loi soit respectée et suivie, il ne faut cependant pas confondre obéissance avec servilité. Faut-il obéir à une loi parce qu’elle est juste ou encore parce que obéissance et amour sont liés?

Non, il faut obéir par ce que c’est la loi ! Mais rien ne doit empêcher de  trouver celle-ci injuste ou ridicule. Or trop souvent dans le chef parental, l’obligation d’obéissance est associée avec l’obligation de respect et d’amour! Ceux-ci sont d’un autre ordre…

Du droit de penser différemment.

S’il est bien du ressort de l’adulte de mettre des limites et d’appliquer les conséquences prévues lors d’un dépassement de celles-ci, il n’est pas en devoir d’interdire à un enfant de penser !

Ici, le papa d’Emilien apparaît complètement choqué, outré que son fils, face à l’attitude adéquate de son père, trouve celui-ci  méchant  ! Qu’espère-t-il, ce père? Que son fils lui dise : « Merci Papa de me punir. Je suis vraiment content que tu m’envoie réfléchir dans ma chambre! » ? Un peu de bon sens voyons ! Emilien est furieux sur son père, sa phrase est lancée dans un moment de colère. Sa colère manifeste, marque la différence, la coupure entre le désir de l’adulte et celui de l’enfant. Emilien veut regarder la TV, son père ne veut pas qu’il la regarde sans sa permission.

Il est important de savoir que cette parole de colère est nécessaire à l’enfant, elle lui permet de faire le deuil de son désir à lui et d’accepter  la loi du père. Humaniser un enfant, ce n’est pas lui interdire de penser une vision personnelle sur un événement ! Humaniser un enfant c’est le socialiser en le faisant accéder, pas à pas, au principe de réalité ; en le guidant dans la connaissance de ce qui se fait, de ce qui ne peut se faire. Ce sont les actes qui sont réglementés, non la pensée ; celle-ci doit pouvoir garder sa pleine liberté. Ce n’est qu’au prix de cette liberté que l’enfant acceptera librement la Loi. Punir un enfant parce qu’il pense autrement que nous n’induit que de la révolte qui, un jour, éclatera ou rongera en sourdine…

Ne pas confondre obéissance et amour.

Or, souvent, surpris par des manifestations de reproche qui leur sont intimés par leur enfant, certains parents la prennent pour une offense personnelle, comme une violence faite à l'égard de leur attitude pédagogique, à l'égard de leur projet éducatif ou comme une preuve de non-amour..
D’autres se mettent à douter du bien fondé de leurs exigences, du droit à mettre des limites; à moins qu'au contraire ils s'insurgent contre l'enfant qui ose remettre en question des principes hérités de l'histoire familiale et jamais jusqu'alors mis en question ! Comme si du fait même de leur pérennité ces principes seraient, de toute évidence, la seule vérité sur la question…

Ainsi, face à la réaction de colère d’un enfant confronté à un interdit ou à une punition, les parents sont parfois surpris et décontenancés. Comme le papa d’Emilien,  certains punissant l’enfant doublement d’avoir osé ce mouvement de révolte. En réalité, ne se protègent-ils pas  d’une sensation de déstabilisation ?

Ainsi, là où ce père fait sans doute fausse route, c’est en  supprimant la TV pour la semaine à ce fils qui a osé dire (donc penser !) qu’il  est méchant. S’il  souhaite engendrer, à son égard, un véritable respect de la part de son fils, il doit être respectueux de la liberté de pensée de ce dernier !  Plutôt que de se sentir attaqué, ce père ne doit pas craindre de confirmer le vécu de l’enfant. En disant, par exemple : « Mais oui, à tes yeux, je suis méchant car toi tu voudrais regarder la TV quand toi tu le décides mais moi je ne suis pas d’accord avec cela.. Alors quand tu désobéis, comme je te l’ai promis, je te punis en t’envoyant dans ta chambre. Ce n’est pas gai, tu es fâché sur moi, je le comprend  mais moi je dois faire mon travail de père !.»

C’est en acceptant que deux réalités puissent recouvrir un même événement nous permettons l’expression personnelle et le respect de l’autre.

Cela n’empêche pas que la Loi qui régit la société humaine l’enfant doit y être introduit car nous sommes tous tenus à nous y soumettre… Il doit donc apprendre à obéir !

Mots clés: Loi Penser Différence Obéissance