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Je découvre mes oreilles

Le petit chaperon rouge, rendant visite à sa grand-mère malade, lui demande : « Dis, grand-maman, pourquoi as-tu de si grandes oreilles ? » « C’est pour mieux t’entendre » répond, d’une voix grave, le grand méchant loup qui s’était faufilé dans le lit de l’aïeule, se faisant passer pour elle.…

Pour nous adultes, il paraît évident que nos oreilles sont conçues pour capter les sons ; le jeune enfant, quant à lui, doit découvrir « par quel organe » tous les sons qui l’entourent, le pénètrent, le processus physiologique du fonctionnement de l’oreille n’étant pas conscient.

L’autre jour, au concert

Bernard raconte : « L’autre jour, me rendant, à un concert de musique folklorique, je fus témoin d’une petite scène touchante. Un petit enfant, sans doute âgé de 18 mois, était juché sur les épaules de son père. J’étais derrière lui et je l’observais distraitement. Soudain, frappé par un comportement bizarre, je focalisai mon attention sur lui. Avec grande attention, il tournait la tête dans un sens puis dans l’autre, mettant chaque fois une oreille en direction du lieu d’émission de la musique. » En d’autres mots, ce petit « dressait l’oreille » un peu comme nous voyons faire un lapin aux aguets, qui cherche à distinguer parmi les bruits familiers celui qui serait signal de danger.

« C’était fascinant de le voir ainsi se concentrer sur son audition. » Il était « toutes oreilles » à sa capacité d’entendre !  Pour écouter, ne faut-il pas aller à la rencontre des sons ?

« Le pas suivant fut de couvrir ses oreilles de ses deux mains. Les distancier, les rapprocher, sans doute attentif et fasciné par l’augmentation et la diminution de l’intensité du son. Il jubilait, se passionnait pour sa découverte. », poursuivit Bernard encore émerveillé par la concentration de ce petit qui, entendant un son, observait dans quelle partie de son corps il résonnait. En effet, il « ouvrait de grandes oreilles » à sa capacité d’audition.

Ensuite, fort de sa découverte, il s’enquit de voir si tout un chacun était dur de la feuille lorsque les mains jouent office de bouchon. Ecoutons la suite : « Non content d’avoir jubilé devant la découverte de la fonction de ses oreilles, voilà que de ses petites mains, il couvre les oreilles de son père, d’abord une puis l’autre, puis les deux. Mais le père ne « l’entendant pas de cette oreille » réagit par un geste d’énervement. Voilà le petit ravi de constater que s’il bouche les oreilles de son père, celui-ci n’entend plus et s’énerve ! « Youppie, mes oreilles fonctionnent comme celles de papa » à du penser le petit, et ne pouvant s’empêcher de faire part de sa découverte à son père, il poussa des petits cris de joie. Pour ne pas déranger l’assemblée, le père l’intima gentiment au silence » Le père « lui tira un peu à l’oreille » pour le calmer.

Ode à l’oreille

S’il est vrai que la vue nous est plus indispensable que l’ouïe en termes de survie ou d’indépendance, l’oreille est un organe particulièrement important pour établir des relations avec ce monde. Ce sens n’est-il pas un vecteur important de la communication et des échanges d’informations ? C’est pourquoi, dès notre toute petite enfance, par l’intermédiaire de la voix qui vient se mettre en lieu et place du cordon ombilical, l’ouïe participe à la formation du lien de cœur à cœur.

Avant l’invention de l’imprimerie, les grandes épopées étaient transmises oralement. Encore aujourd’hui, en Afrique, des griots (troubadours de l’Afrique) mémorisent et récitent fidèlement les milliers de vers qui représente la base de la culture des ethnies dont ils sont issus ; ils transmettent ainsi, à tous ceux qui l’écoutent, les racines de leur propre existence.

Dans de multiples cultures et religions, l’idiome de base pose le langage comme le commencement de l’homme. « Au début était le Verbe », nous dit saint Jean. Mais sans oreilles pour entendre, le langage ne serait pas d’une grande utilité ! Le Talmud précise que l’on ne peut offrir en sacrifice un animal aux oreilles difformes, trouées ou incomplètes. L’oreille symbolise aussi l’écoute intérieure, à savoir l’intuition car nous avons « les oreilles qui tintent » ou « qui bourdonnent ».

Siège d’une intense activité de communication, l’oreille, qui recueille les échos de l’alentour, possède la formidable propriété de ne jamais se fermer. Comme un œil sans paupières, même dans mon sommeil le plus profond, mon ouïe reste vigilante. Cela n’empêche pas de faire « la sourde oreille ». En effet, notre humeur intérieure peut nous rendre sourds aux choses que nous ne souhaitons pas écouter surtout si elles nous dérangent ou nous déplaisent…car finalement on n’entend que ce que l’on veut bien entendre !

Mots clés: Relation Corps Langage Grandir