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Je ne sais pas. C’est comment tu veux.

Il est de ces enfants qui petits, à toute question répondent "Je ne sais pas." Ils ne savent pas s'ils préfèrent un pull rouge ou un pull bleu, si ils ont envie ou non qu'un ami vienne jouer, etc. Ils attendent que l'adultes décide à leur place. Devenus adolescents, se sont souvent ceux qui pour tout ce qui les concerne disent : "Je m'en fous".

Phrases anodines au premier regard mais lourdes de conséquences quand il s'agir, une fois devenu adulte, d'affronter la vie et ses aléas.

Christophe, l'huître.

" Ce petit garçon de 5 ans est une vraie huître, il ne dit pas ce qu'il pense, il ne dit rien ! Lorsque je lui demande son avis, il me regarde avec des yeux étonnés et répond en haussant les épaules : "Je ne sais pas."

D'où viendrai cette expression ? Nous savons tous que, bien arrimée sur son rocher au fond de la mer, la coquille bien ouverte, l'huître avale quantité d'eau de mer pour en prélever sa nourriture. Tandis que hors de son contexte nutritif sécurisant, lorsqu'elle se sent en danger, elle usera de toutes ses forces pour ne pas céder, par exemple au couteau meurtrier de l'écailler qui transforme sa destinée en "nourriture pour l'autre".

De même, un enfant se renferme sur lui-même lorsqu'il se sent menacé par le monde qui l'environne. Ce réflexe peut naître de 1001 raisons objectives ou subjectives comme le sentiment de "ne pas être le bon enfant", "ne pas se sentir protégé, aimé ou accepté tel qu'il est", etc. A moins qu'il ne s'agisse d'un enfant qui protégeant ses parents, ne veut en aucun cas les déranger et, se pliant à toutes leurs demandes, se révèle "exemplaire" par rapport au projet parental.

Les "je ne sais pas."

"Veux-tu du choco ou du fromage sur ta tartine ? Face à un "Je ne sais pas", en général, la mère pensant avant tout à la bonne santé de son enfant, mettra d'office du fromage puisque lui ne sait pas ce qu'il veut ! Cela voudrait-il signifier que ces enfants aux réponses évasives n'auraient pas d'opinion ? Je ne le pense pas. Souvent il s'agit d'un mécanisme de défense d'un enfant craignant donner une opinion personnelle, d'oser sa différence; ou redoutant d'être moins bon, moins aimé ou que sais-je encore si sa pensée diffère de celle de l'adulte.

Toujours signe d'un manque de confiance en soi, cette attitude cherche à ne prendre aucun risque, à ne pas choisir afin ne pas se tromper. Dans l'exemple précité, voyant l'adulte choisir fromage, l'enfant est rassuré d'être resté dans l'ombre car lui, sans doute, aurait choisi le choco mais vu le choix de sa mère : la bonne réponse était "fromage"!

Les "C'est comme tu veux"

Cette petite phrase parle du refus de prendre le risque de déplaire à l'autre. Par exemple, à la récréation, il y a de ces enfants qui sont prêts à tout, tout est bon même parfois d'être la tête de turc! Ils ont si peur de déplaire, de ne plus être aimé, d'être abandonné qu'ils cherchent avant tout à ne pas contrarier l'autre. Ils font en sorte que la situation évolue toujours en fonction du choix de l'autre.

Cette même attitude face à une demande de l'adulte signe une crainte d'être un souci pour l'adulte et l'enfant choisit de plutôt laisser son désir en veilleuse et il garde secrètes ses petites envies, quitte à ce qu'elles ne soient jamais entendues et satisfaites.

Les "je m'en fous !"

Ils sont les descendants des "je ne sais pas" et des "Fais comme tu veux" qui peu à peu ont fait grandir la sensation "d'être un nul".

A force de ne pas oser dire ce que l'on pense de peur de déplaire, on finit par ne plus savoir ce que l'on pense. Toujours veiller à rester pour l'autre une inconnue met l'individu dans une situation de stress et d'angoisse de faillir à ce choix pour le moins difficile et désastreux pour la personnalité. Or la parade à l'angoisse est de désinvestir la situation, d'enfouir si fort au fond de soi ce qui constitue l'essence du désir qu'on finit par ne plus savoir que l'on peut avoir des idées personnelles. Celles-ci sont alors enfouies dans le gouffre de l'indifférence.

Cette phrase, si courante dans la bouche des adolescents est cependant pour ceux que l'on appelle les "têtes brûlées" le drame d'avoir grandi en s'excluant ou en étant exclu d'une communication qui reconnaît les différences. Ainsi le désir personnel n'a pu s'éclore dans des projets personnels et il va se noyer dans la mer de la société de consommation à court terme… Ainsi naît la violence, dont une des cause fondamentale est le sentiment d'exclusion. De cela nous parlerons une prochaine fois..

Mots clés: Identité Dépendance Cadrer Désir