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L’âge des carabistouilles.

“ Ma fille a-t-elle une âme de menteuse ? Ou me prend-elle pour une imbécile? A moins qu’elle ne trouve un malin plaisir à dire n’importe quoi, juste pour faire du bruit et se rendre intéressante ! ” se demande Liliane, mère d’une petite fille de 4 ans.

Danielle est une petite fille futée, toujours à la recherche de territoires sur lesquels étendre son pouvoir… “ 

En ce moment, continue la maman, elle passe son temps à me raconter des carabistouilles ! Pour moi, il y a une certaine nostalgie à voir grandir ma petite…Elle quitte la transparence du tout petit pour se lancer dans l’univers de la communication tronquée, de la rouerie… ” Cette maman, parlant de la transparence du tout jeune enfant, trouve plus aisé d’être en relation avec quelqu’un qui se donne à connaître sans chercher à tromper l’autre. Comme nous pouvons la comprendre !

Et pourtant, ce rêve paradisiaque d’une communication honnête et limpide, l’enfant à tôt fait de comprendre que tel n’est pas le monde des adultes vers lequel il est appelé… A moins d’être comme le sont certains enfants, à tout dire, à tout croire, merveilleuse innocence mais qui hélas font d’eux des proies faciles…Eh oui, certains enfants, plutôt que d’autres constatent que “ L’homme est un loup pour l’homme ”, aussi pour ne pas se faire dévorer faut-il savoir se défendre. Se défendre c’est, entre autre, apprendre à manipuler l’arme appelée : langage.

Ainsi faisait Danièle, mais continuons à être attentif à ce que Liliane nous raconte. “  L’autre jour, la servant de haricots, elle me déclare : “ J’aime pas les haricots ” et cela alors que j’avais vu briller ses yeux de plaisir en voyant le plat être déposé sur la table ! Je sais parfaitement que c’est un de ses légumes préférés. Un instant désarçonnée par sa remarque, je faillis remettre les haricots, entre temps déposés dans son assiette, illico dans le plat. Cependant, j’arrêtai mon geste spontané en prenant le temps de lui dire : “ J’ai l’impression que ton visage ne dit pas la même chose que ce que tu me dis avec des mots ; mais puisque tu me DIS que tu n’aimes pas les haricots, je ne t’en servirai pas.“ Je me demande si j’ai bien réagi ? ”

L’enfant dans toute sa sensibilité, perçoit parfaitement quand nos dires sont en contradictions avec nos gestes, avec nos mimiques, avec notre odeur. Cela nous arrive à tous d’émettre des messages contradictoires mais ce n’est pas une raison pour admettre que le langage n’a d’autre valeur que de brouiller les pistes de la communication !

Cette maman a donc, je pense, agi avec beaucoup de sagesse. Elle a employé le langage (au lieu de l’agir sans parler) pour expliciter à sa fille que son discours était contraire à ses manifestations corporelles, donc a son ressenti. Du moins ainsi l’avait perçu sa mère ! Avec intelligence, elle commence sa réplique par “ J’ai l’impression… ”. Mais Liliane, a aussi pris le langage verbal comme “ base officielle ” de ce qu’il y a à croire dans le message de son enfant.

Elle signale donc qu’elle n’est pas dupe mais que cela ne l’empêche pas de prendre au sérieux les dire verbaux de sa fille.

“ Puisque tu le DIS, je te crois… ” renvoie à une éthique des mots rassurante et indispensable pour l’enfant qui grandit. Un enfant qui expérimente la non valeur du langage perd un point de repère essentiel pour son développement. D’ailleurs, dans le même ordre d’idées, rappelons-nous que les “ je t’aime ” ou les “ Je serai toujours là ” perdent toute leur valeur lorsqu’ils sont formulés par  un adulte qui ne met pas ses promesses à exécution, qui par conséquent ne “ tient pas parole ”. En banalisant ou acceptant un usage pervers du langage, l’adulte renvoie une image , de lui-même et du monde, insécurisant.

Les “ carabistouilles ”, les “ dire n’importe quoi ”, ne sont pas à entendre comme ce que, couramment, nous appelons mensonges mais souvent plutôt comme une recherche de la valeur accordée par les adultes aux dires de l’enfant et au langage en général.

Mots clés: Pédagogie Langage Mensonge Communication