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La constipation, cote jardin

Vu, ces dernières années, le nombre croissant d'enfants constipés, n'est-il pas intéressant de s'interroger sur la raison de ce trouble? Ce symptôme pourrait-il révéler quelque chose du monde dans lequel nous vivons?
Signe des temps?
Nous avons, la semaine passée, eu l'occasion de nous entretenir sur l'importance du contrôle bilatéral exercé entre enfants et parents dans les cas de constipation.
Ce contrôle incessant du regard parental sur l'enfant, que l'on veut "parfaitement heureux", qui ne doit manquer de rien, n'est-il pas le même que celui qu'exerce sur nous la société dont nous sommes issus? Dans un contexte qui idéologiquement se veut démocratique et libre, la culture environnante ne cesse de porter un regard contrôlant sur tous nos faits et gestes. Aux yeux de autres, la voiture dans laquelle nous roulons, la maison qui nous abrite sert souvent d'étalon mesure pour notre compte en banque! Ou encore, à peine arrivés au bureau, nous serons interrogés pour savoir si nous avons bien vu telle ou telle émission de TV, honte à celui qui l'aurait zappé...ou pis, qui n'aurait pas allumé son poste. Autre exemple, entre mille, nous rencontre-t-on en rue, à peine le dos tourné, on dira de nous: "T'as vu, elle fait ses courses chez ..." contrôle sur notre standing; etc... Quelle liberté nous laisse le regard d'autrui? La spontanéité a-t-elle encore lieu de cité sans être tout de suite jugée? Le monde extérieur n'a t-il pas une immense emprise au détriment de notre monde intérieur?
Et si retenir ses selles était la réponse du berger à la bergère? La société contrôle la mère pour voir si elle est suffisamment bonne, la mère ne lâche pas son petit des yeux afin qu'il corresponde bien à l'image de la mère idéale et parfaite. Par peur de ne pas correspondre au canon de l'enfant idéal, celui-ci dépense une grande énergie à sans cesse lire dans les yeux de ses parents ce qu'ils désirent à son sujet. Pour ce faire il doit glaner un maximum d'informations, rien ne peut lui échapper. A tout prix, il voudra savoir QUI a téléphoné, il voudra toujours être dans la même pièce, il ne voudra se coucher que si c'est Maman qui le borde, etc...
Cet enfant va devenir le révélateur visible et incontournable de cette cascade de contrôles en devenant le super man du contrôle: "même mes selles, je ne lâcherai pas!" Ainsi ses parents, l'enfant les a à lui , non pas par l'imaginaire de l'oralité comme chez le tout petit, mais par le pouvoir de son anus qui , comme disent les médecins, "fonctionne dans le mauvais sens, le muscle sphinctérien pousse vers l'intérieur..." Tel tout tyran prisonnier de son pouvoir, l'enfant, afin d'exercer un contrôle maximal sur les parents, devient l'esclave de la rétention de ses selles. Esclaves de leur enfant dans de nombreux faits et gestes quotidiens, face à la constipation, les parents se voient obligés de détrôner le tyran en lui infligeant la défaite cuisante et psychiquement dévastatrice du lavement. Mais culpabilisés de ce geste blessant, ils deviennent à nouveau une cible idéale sur lequel l'enfant reprend le pouvoir. Ainsi la boucle infernale est bouclé et prête pour un nouveau tour...
Tout cela c'est très beau, me direz-vous, mais que faire? C'est à la fois simple et compliqué. Tenir compte et analyser le postulat suivant: tout contrôle est une ingérence dans le territoire de l'autre.
-Commençons par observer comment,dans notre position parentale, nous sommes soumis, sans toujours en être conscients, à devoir rendre des comptes à nos propres parents ou à notre entourage social.
-Réfléssons ensuite sur la façon dont nous interférons dans la vie de l'enfant, quelle place laissons nous à des initiatives personnelles, à des  erreurs, des ratés de la part de l'enfant?
-Tenir compte de la nécéssité du respect d'un territoire propre à l'enfant, doit nous amener à penser de quelle manière nous empêcherons ce même enfant, de se mêler et d'empièter sur nos activités personnelles, ou de s''immiscer dans notre vie privée.
-Ensuite ne pas oublier de passer de la reflexion à l'acte!
Ainsi, par la mise en place de structures permettant à chacun "de faire pour soi", imperceptiblement la peur de perdre, la peur de lâcher, la peur d'être abandonner qui sont les fondements même de ce symptôme de blocage, fonderont comme neige au soleil.
Et entrera dans le monde de l'oubli ce langage de staticité, d'anti-mouvement, de super structure immobilisante appelé: constipation