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La fessée : force de frappe contestée

Certains pensent qu’à l’instar d’autres pays, nous devrions élaborer une législation interdisant l’administration de fessées. Ils voient ce châtiment corporel comme une atteinte à la dignité humaine. 

Il y a fessée et fessée !

Pour certains une fessée est une claque donnée, geste de saute d’humeur, à un enfant volontaire qui ne veut pas entendre raison. Pour d’autres une fessée est une punition régulière à laquelle l’enfant s’attend parce qu’il a été prévenu : l’agissement dont il est responsable étant clairement interdit. Pour d’autres encore, une fessée est un acte posé à froid où l’on demande à l’enfant de se dénuder pour se soumettre à la violence punitive de l’adulte. A l’époque on employait le martinet ou la cravache pour donner aux enfants une « correction ». Il ne s’agit plus alors d’une punition mais bien plus d’un châtiment.

La raison d’être d’une fessée.

Plus d’un parent, après avoir tenter de solliciter le côté « raisonnable » d’un enfant est à un moment amené à donner une fessée. « Bien que n’aimant pas la fessée, je dois avouer que celle-ci, si elle n’est pas distribuée de façon systématique, est parfois nécessaire. » 

Le raisonnement suivant méconnaît le développement d’un enfant : « Ce qui pousse un enfant à bien agir et à intégrer les règles et les valeurs, c’est le désir d’être aimé et approuvé par ses parents. » Lorsque la peur de ne pas être aimé est le seul moteur d’obéissance, il y a soumission à la Loi mais non intégration de la Loi.  Pour faire sienne la Loi, l’enfant doit pouvoir s’opposer, prendre le risque de déplaire à l’adulte en désobéissant. La cohérence de ce même adulte, assumant son autorité, rassurera l’enfant même en faisant éventuellement usage de la balise d’une « claque sur le pet » pour faire respecter la Loi. 

Pour intégrer des règles de vie il n’y a pas que de l’amour en jeu ! Il faut aussi, côté enfant le courage de créer un conflit et côté adulte la capacité de l’affronter sans mettre l’amour dans la balance ! 

Une fessée comme référentiel du bien et du mal.

Une fessée doit remplir son rôle dans un cadre précis. Elle est alors comme le dit le docteur Kochman un signe de « fermeté bienveillante. » Tandis que la multiplication des fessées signe un manque évident de contrôle de la part des adultes qui ne parviennent pas à imposer leur autorité d’une autre manière. 

Il se peut qu’un enfant commette un acte grave comme par exemple, par jalousie de mettre la vie d’un frère ou d’une sœur en danger. Pour sanctionner une bêtise grave voir vitale, une fessée peut être un souvenir indélébile, balise comme rappel qu’il y a des règles qui ne peuvent être transgressées.

« Contre » la fessée.

Certains montent aux créneaux pour dénoncer la violence de l’agressivité parentale qui utilise la fessée pour se faire obéir. « Faut-il faire mal pour se faire entendre ? » Ils dénoncent la violence des fessées répétées, assenées de façon violente. Il est évident qu’arrivé à ce stade, l’acte de « fesser » marque plus un défoulement parental qu’un acte éducatif ! Ici l’enfant, refusant de céder au désir de l’adulte, réveille chez ce dernier un sentiment de haine… (venue d’ailleurs mais c’est l’enfant qui en fait les frais !) La fessée devient alors un exutoire  permettant aux parents de se débarrasser de la frustration qu’impose un enfant qui ne veut pas obéir. A ce stade les adultes craquent…et les enfants subissent une fessée qui n’est évidemment guère bénéfique ! 

Un danger réside aussi dans la banalisation du geste. Quand la fessée, utilisée à l’excès, signe un abus de pouvoir sur le corps de l’autre et se mue alors en acte de violence. Quand on passe de la fessée à la volée régulière de coups ou de gifles administrés à l’enfant rebelle. Dans pareille situation, si l’enfant finit par obéir, se sera sans doute plus par peur que par une réelle intégration de la règle. Une fessée doit pouvoir être donnée par des adultes qui se maîtrisent et qui ont pour but de faire entendre raison à l’enfant et non de lui faire délibérément mal !

Les détracteurs de la fessée disent « Je préfère raisonner mon enfant, il comprend alors pourquoi il a tort, quelle est sa faute et ne recommence pas. » D’accord, il faut bien sûr, d’abord et avant tout expliquer la raison d’une règle. N’empêche, il faut aussi admettre qu’il y ait des enfants « plus physiques ». Ceux-là ne se contentent pas que de belles paroles, ils récidivent pour vérifier les dires, pour se mesurer à l’adulte. « Il y a des enfants qui ne veulent pas entendre avec les oreilles et je leur dis « Si vous ne voulez pas comprendre lorsque je vous l’explique, je vous le mets sur les fesses »…sans faire mal, cela va de soi  » Face à un adulte cohérent et conséquent, confronté à un adulte ne craint pas de prendre la responsabilité de faire respecter les règles, l’enfant est rassuré . D’ailleurs, pour le petit en faute, lorsqu’elle est méritée la fessée ne représente pas une injustice.

Légiférer au sujet de la fessée ?

L’autre jour, j’entend une mère menacer, son enfant de 5 ans, d’une fessée s’il recommence pour une troisième fois à dessiner sur les murs. La regardant froidement, il rétorque : «  Ose me toucher et je téléphone à SOS enfants et c’est toi qui seras punie ! » Est-ce le sabotage de l’autorité parentale que le législateur souhaite en rendant la fessée interdite et sanctionable… ? Interdire légalement la fessée pourrait être la voie royale d’une prise de pouvoir de l’enfant sur l’adulte. Est-ce salutaire ?

Des enquêtes ont révélés que les châtiments corporels diminuaient dans tous les pays, surtout dans ceux qui n’ont pas interdit la fessée ! Par contre, l’interdiction légale de la fessée augmente, semble-t-il, les maltraitances verbales…

Est-il nécessaire de répéter que la violence morale, l’insulte ou l’humiliation verbale ont des effets beaucoup plus désastreux qu’une petite fessée de temps en temps ? Une tape sur les fesses est bien moins traumatisante qu’un excès de requêtes, de supplications, de menaces, d’interminables négociations qui emmêlent les places et les rôles. Il est bien certain que la fessée doit rester de l’ordre d’une intervention exceptionnelle.

Je cite Patrick Traube « Si une telle loi était adoptée, l’Etat franchirait le seuil limite de l’intervention dans la sphère de vie privée : il est normal et souhaitable que l’Etat légifère pour la prévention de la maltraitance et de la malmenance des enfants, mais une telle intervention sur la fessée dépasserait ce rôle ! »

Petit bémol.

Une chose est certaine, il ne faut jamais humilier un enfant, l’humiliation est toujours toxique. Cela l’amènera bien plus à se révolter contre la loi qu’à l’intégrer ! Aussi, il apparaît peu de mise de donner une fessée à un enfant qui a atteint l’âge de raison. Autant un petit en pleine expansion de découvertes, d’expériences nouvelles et de recherche de limites, peut être recadré par une fessée, autant un plus grand peut en être meurtri. De même une fessée devant les copains est une atteinte à un légitime amour-propre et éveille la rancune. 

Conclusion

En toute sagesse, pourrions-nous conclure que chaque enfant est unique et que c’est aux parents à trouver leur voie pour imposer leur autorité ? Tel enfant sera sensible au dialogue, un autre aura plus besoin de « sentir » la limite. Mais est-ce le rôle de l’Etat que de standardiser un modèle éducatif ? L’usage de la fessée devrait plutôt dépendre d’une éducation à la parentalité qui saura faire la différence entre la « pédagogie noire » dénoncée par Alice Miller et la tape éducative !