La transmission

La transmission

Le culte de l’immédiateté conduit tout un chacun à minimiser les conséquences de ce que l’on dit, de ce que l’on fait. Le langage a perdu sa valeur de référence éminente et sûre. On dit n’importe quoi, on fait n’importe quoi  en oubliant de transmettre aux jeunes le goût de faire les choses comme il faut ! Nous sommes tous héritiers d’une histoire et nous avons tous quelque chose à transmettre à la nouvelle génération : le savoir-être et le savoir-vivre. Mais pas avec des « de mon temps » mais dans l’exemple du quotidien. Dans une transmission de valeurs. Il ne s’agit pas ici d’enseignement dans le sens sec du terme, mais de transmission. La transmission est quelque chose qui passe par la répétition des gestes et par l’exemple au travers des faits quotidiens. Le savoir vivre et le savoir-être ne sont pas des théories, ils ne se décrètent pas, ils se suscitent.

Muscler son âme

« Habitue chaque jour ton esprit à perdre ce que tu possèdes, tes biens, ta santé, tes êtres chers » conseille Sénèque à Lucilius. Dans la même veine, le poème « If » de Kipling est un véritable bréviaire de la force intérieure. Un objectif essentiel de la vie humaine ne serait-il pas le développement personnel qui permet la sérénité grâce à notre capacité de persévérance, de patience, d’audace, de courage, de confiance, d’intégrité. En un mot : de maîtrise ?

Ce n’est pas le désœuvrement, Baden Powell l’avait bien compris, qui forge des hommes forts et responsables. Il a inventé le scoutisme où esprit de groupe est construit au travers d’expériences faisant appel à l’endurance, au sens de l’autre et des responsabilités. A toutes les époques, les hommes ont imaginé des techniques pour fortifier notre force intérieure, pour que l’homme ne soit pas livré au chaos de son intériorité. En effet, celle-ci est loin d’être un aspect de nous que nous avons sous contrôle ! Nos états de conscience constitués par nos pensées, nos souvenirs, nos sensations, nos associations d’idées, nos affects, etc, sont en constante mouvance. L’intériorité est donc un domaine instable et incertain. Pour acquérir un certain contrôle sur ce flot incessant d’input qui constitue son for intérieur, l’humain devra développer sa « force d’âme ». Pour cela, les religions ont inventé les pratiques ascétiques, les sociétés primitives imposaient des rites d’initiation pour endurcir.. De nos jours, totémisations et baptêmes d’étudiants prolongent ces habitudes ancestrales. Les tatouages, piercing, jeu de la canette et autres pratiques, hélas peu codifiées et donc parfois extrêmement violentes, sont sans doute des ersatz mis en place par les jeunes face à notre monde déritualisé. Ces pratiques sont destinées à forger l’identité culturelle des individus et des groupes.