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Le règne de la performance

Quand donc reviendra-t-il le règne du bonheur simple d’être qui on est, simplement, en toute humilité ? Ce temps où chacun serait heureux de chercher à satisfaire son projet de vie sans que celui-ci ne soit, avant tout déterminé par le regard d’autrui ?

De nos jours, dés sa naissance l’enfant doit « prester » ! Fini le temps de l’insouciance du bébé qui pouvait se contenter de faire des beaux rots, des sourires au anges ou sa crise de pleurs de 5 à 7 !

Trop, c’est sans doute trop lourd…

Bien évidemment, loin de moi de regretter le temps où l’enfant était considéré comme un sous-produit d’humain, comme un être qui n’a droit à une certaine considération qu’une fois capable de lire et écrire et n’ayant droit à une parole qu’une fois devenu adulte.

Mais ne tombons-nous pas parfois, aujourd’hui, dans le travers opposé ? Sous prétexte d’une vérité, d’ailleurs incontestable, qui considére l’enfant comme étant un sujet à part entière et ayant droit aux mêmes égards qu’un adulte, on lui attribue pour chaque fait et geste, une intentionalité. L’adulte quant à lui, est à l’affut de toute expression corporelle du bébé pour lui attribuer telle ou telle performance prouvant sa supériorité par rapport à un autre enfant.

A trois jours,  un bébé ne peut plus simplement « sourire aux anges » jouissant de son corps repu plein de sensations de bien-être, que déjà son sourire est regardé comme prestation spécifique intentionellement destiné à untel ou unetelle.

Ce qui complique la vie des enfants, c’est que dès leur naissance ils sont regardé comme des génies. Dès lors une lourde  tâche les attend : sous prétexte qu’ils comprennent tout, ils doivent avoir la réponse appropriée aux attentes parentales…et aux attentes sociales.

Enfants parentalisés

Quelle drôle d’expression, se diront certains d’entre vous. Or, figurez-vous que ces enfants sont de plus en plus nombreux. ! Ce sont ceux par lesquels les parents espèrent  trouver réponse à tout les questions restées ouvertes lors de leur propre enfance. Les parents regardent ces enfants comme étant dépositaires d’une vérité et d’une force qui leur aurait manqué, ils sont tellement en questionnement qu’ils oublient parfois que c’est à eux d’apporter des réponses aux questions de l’enfant et non pas le contraire !

Un petit exemple caricatural. A la question, « Comment était votre enfant lorsqu’il était tout petit ? », l’adulte se tourne vers son enfant avec un air interrogateur et parfois même lui renvoie la question. L’enfant ennuyé n’a pour réponse que : « Je ne sais pas, je me rappelle pas, j’étais trop petit ! ».

Questions et manque sont le lot de tous !

Aujourd’hui, notre culture véhicule la pression stressante de la « performance ». Il faut à tout prix être « un parent ideal » et alors bien sûr, et c’est logique, c’est dans les yeux de l’enfant que les parents cherchent à quoi correspond cet idéal, et cela dès le premier jour de sa naissance ! Les échographies à répétitions, analyse de sang en tout genres accentuent ce regard sur « l’idéal » et mettent déjà une sacré pression pendant la grossesse…

Il n’est guère aisé d’être parent en cette fin de XXème siècle. Au plus vite bébé tiendra sa cuillère, fera ses premiers pas, dira ses premiers mots au mieux car tout ceci sera preuve de la performance parentale…

Grandissant, l’enfant doit courir d’un cours de danse à un cours de musique, sans oublier les mouvements de jeunesse. Il faut qu’il puisse faire tout ce que ses parents n’ont pu faire. A l’école, c’est une évidence il doit être le meilleur !

La performance, un but en soi ?

Le désir nous pousse en avant, une saine ambition amène tout un chacun à sortir le meilleur de lui-même et donc à chercher à être performant.
Le danger à notre époque, est de donner une valeur absolue à cet élément de la vie, à en faire un but en soi. Au lieu de vivre notre humanitude et ses faiblesses en tout humilité, nous cherchons à nier la temporalité, la maladie, voire la mort. C’est comme si nous ne faisions plus confiance en la Vie avec ce qu’elle amène dans la richesse de nos inadéquations, dans la beauté de nos faiblesses, dans la surprise de nos erreurs qui nous permettent d’aller de l’avant.

La performance, oui, mais pas a n’importe quel prix ! 

Mots clés: Bonheur Culture Rivalité