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Le temps c'est quoi

Non, nous ne parlerons pas aujourd'hui, du temps qu'il fait, qu'il va faire  ou du temps glacé ou torride, mais de cet autre temps celui qui se mesure en minutes et en heures, qui construit les jours et les années et avec lequel nous avons parfois un bien étrange rapport!

Un parcours du combattant.

Pour l'enfant, assimiler, s'assujettir au concept "temps" est un réel parcours du combattant. La compréhension pragmatique de cette notion sera difficile à acquérir avant l’âge de 9, 10 ans.

Qu'entendent-ils à propos du "temps", ces enfants qui partagent notre vie? Le temps court, s'envole, se compte ou se gaspille, se rattrape, se délapide ou se perd. Parfois il se consacre à nous et nous pouvons alors en disposer. Il s'écoule, d'autres fois il fuit ou s'enfuit, à moins qu'on ne le limite, qu'il passe ou qu'il faille le tuer…De ce même temps l'enfant entend qu'il est précieux et…trop souvent perdu !

Tant de mots, d'adjectifs attribués à une chose complètement impalpable, invisible et inaudible. N'a même pas une odeur ce sacré temps derrière lequel mes parents courent du matin au soir, s'épuisant, disent-ils, à grappiller quelques minutes de bonheur !

Pourquoi en parler ?

Il est parfois utile de rappeler, que nous, les adultes, ceux vers lesquels les enfants tournent leurs grands yeux interrogateurs, sommes des modèles pour comprendre le monde environnant et s'intégrer dans la vie quotidienne de façon adéquate.

Suite à la réflexion spontanée d'une enfant de 10 ans, je n'ai pas pu m'empêcher de sourire, puis de rire pour ensuite réfléchir à la notion : Temps…

Laissez moi vous compter l'anecdote. La soirée était bien amorcée, il était même déjà un peu tard lorsque je prenais congé de Louise et de sa maman. "La journée a du être longue" me dit aimablement cette dame. La dessus l'enfant prenant la balle au bond s'exclame " Mais faudrait vous mettre d'accord! Maman a dit tout à l'heure que les journées étaient trop courtes. C'est comment finalement tes journées maman, trop longues ou trop courtes?". Ah, l'incohérence du discours, de la langue! Il y a parfois de quoi y perdre son sens de l'orientation quand grandissant on cherche à se faire une opinion sur l'état des lieux de l'espace temps quotidien !

Pourquoi l'enfant s'intéresse-t-il à la notion : temps ?

Comprendre cette dimension essentielle de notre monde terrestre et de l'univers qu'est la notion du "temps", permet à l'enfant de poser une des questions existentielles primordiales: D'où viens-je ?…Où vais-je ?

Chaque culture présente un modèle quant au sens à donner au "temps", chacun y trouve sa réponse spécifique. En Inde, par exemple, vivre c'est naître et mourir ; chez nous, on oppose la vie à la mort. Quant à l'enfant, il mesure la durée de sa vie comme on le fait en Inde : là-bas on compte l'âge d'une personne à la date présumée de sa conception. En fait, ceci est parfaitement logique puisque la mémoire cellulaire de notre corps enregistre ses données depuis notre conception et non pas à partir de notre naissance. Parce que, clairement pour lui, sa vie commence dès sa conception, l'enfant est extrêmement intéressé à tout ce qui s'est passé "au temps de la grossesse".

Réapprendre à prendre le temps.

"Les heures sont faites pour l'homme et non l'homme pour les heures" nous disait déjà Rabelais. Que dirait-il s'il constatait de visu quel sort nous réservons au temps à notre époque ! Ne sommes-nous pas en train de trop souvent zapper notre vie ?

Bien sûr, il faut prendre le monde actuel et sa trépidation comme elle est; les journées resteront trop longues ou trop courtes dans bien des circonstances! N'empêche, l'important n'est-il pas d'encore savoir prendre du "bon temps" ? Ne serait-ce pas le meilleur moyen d'aider un enfant à apprivoiser, à assimiler cette notion aux vécus si paradoxaux? Nous n'avons pas le choix, nous devons tenir compte du temps, il y a les horaires à respecter, ceux du matin, ceux du soir. Le lancinant et désespérant " Je n'ai pas le temps, il n'y a pas le temps, tu n'as pas le temps" doit pouvoir être contre balancé par des moments où "Il faut laisser au temps le temps de se dérouler"…

Car attention " Le temps ne respecte pas ce qui se fait sans lui!" Si nous bâclons le temps destiné à l'éducation au profit d'autres priorités, nos enfants souffriront gravement de ce "manque de temps" à leur égard et souvent, dans ce cas, ils seront égarés dans la vie ou penseront qu'elle est inutile à être vécue…

Réflexion

Au lieu de reprocher à nos enfants leur flâneries, leur soi-disant perte de temps, ne faudrait-il pas que nous, adultes, réapprenions à nous reposer ? A redécouvrir le temps de regarder un vol d'oiseau, les formes des nuages, un enfant jouer…

L'erreur ne serait-elle pas de penser que la rêverie, la quiétude, prendre ne fusse que quelques minutes à ne rien faire, sont synonymes d'oisiveté? Oser (!) ces attitudes ne serait-ce pas oser se sentir libre face au trend of mind de notre époque, face à cette course au tout à tout prix et comme le disait La Bruyère "Être le seul arbitre de ce que l'on fait ou de ce que l'on ne fait point"