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Les enfants ont-ils un sexe ?

Beaucoup d’agitation, ces derniers temps autour de la sexualité des jouets. Ceux-ci détermineraient-ils le sexe de l’enfant ? Au dire de certains une poupée étant un jouet femelle, l’enfant qui en fait usage deviendra femelle. Tandis que la masculinité des tracteurs robotisés soutiendraient une sexuation mâle.

N’est ce pas une déduction un peu rapide ? Les jouets seraient-ils à ce point déterminants pour l’identité sexuelle ? Comment font alors les trois quarts des enfants de la planète  dont les parents sont trop pauvres pour leur offrir le plus petit jouet… ? Essayons d’y voir un peu plus clair dans cette question de jouets et de leur impact sur l’identité sexuée des enfants.

Chaque enfant découvre son sexe à sa manière !

Je rejoins tout à fait Marcel Rufo lorsqu’il plaide de laisser aux enfants le droit de découvrir pas à pas leur sexualité. Le corps de l’enfant lui appartient de plein droit. Il va de soi, aimer un enfant, dans un premier temps de sa vie, c’est aussi prendre en charge les soins concernant son corps. Dans un deuxième temps notre rôle d’adulte sera, d’amener ce même enfant au droit à une intimité concernant son corps physique, en respectant la manière dont il découvre son sexe et construit sa sexuation. 

Eduquer c’est aussi amener l’enfant à prendre conscience, à accepter, à gérer son identité sexuelle. Un long chemin tant pour l’enfant que pour les adultes qui l’entourent. 

Se construire une identité. Se définir par rapport à un sexe.

Une chose est d’avoir une connaissance intuitive de la différence des sexes, comme l’ont déjà les très jeunes enfants. Une autre est de s’identifier à un sexe, d’inscrire son désir par rapport à un sexe opposé. En effet, on ne peut être fille et garçon à la fois. Abandonner le stade de « bébé » (terminologie asexuée) c’est accepter de choisir d’être de l’un ou de l’autre bord. Chacun d’entre nous a à traverser cette castration symbolique. Celle de ne pouvoir être des deux sexes à la fois.

Comment un enfant construit-il le sentiment d’être fille ou garçon ? La sexuation physique joue un rôle certain mais pas pour autant déterminant. D’autres facteurs entrent en jeu. Les premiers modèles ne sont-ils pas les parents ? La manière d’assumer leurs rôles, de se positionner dans le couple ne passe pas inaperçus pour l’enfant. Il observe, analyse leurs comportements et tire ses conclusions.

L’histoire de Patrick. Celui qui n’osait pas assumer son sexe.

Le fait de ne pas être l’enfant du sexe que les parents auraient souhaité, déjà dans sa toute toute petite enfance, l’enfant le ressent. Comment ? C’est une alchimie encore non expliquée mais un fait certain : il sait. Il sait avec ses sensations et ce n’est que plus tard qu’il en aura « inconsciemment conscience » dans son coeur. Je m’explique. Un nouveau-né ressent la déception du parent qui ne se retrouve pas en face du sexe souhaité. Il capte cette déception, il l’engramme. Grandissant il se peut qu’il redoute le sexe que la nature lui a attribué et adopte des attitudes plus spécifiques de l’autre sexe. 

C’est ce qui arriva à Patrick. Petit garçon de 7 ans, blondinet timide et effacé. Il ne touchait pas à un jeu de garçon. Il préférait lire ou partager les jeux de sa sœur. Soldats, épées ou pistolets, il n’en revendiquait à aucun prix. A l’école il se faisait traiter de nunuche, de fifille, de pédé. Même si, de fait, l’attitude de Patrick les arrangeaient bien,.les parents s’inquiétaient des quolibets qu’avait à subir leur fils . A sa naissance, sa mère fut très anxieuse de se retrouver face à un garçon. « Un homme cela ne pense qu’à se battre et à montrer sa force », telle est l’image qu’elle a des hommes. Pour parer à cette crainte, elle a épousé un homme refusant toute prise de position conflictuelle. Serait-ce pour se conformer aux attentes et modèles parentaaux que Patrick adopte des attitudes qualifiées « féminines » ?. Voudrait-il pour autant être une fille ? Non, il avait plutôt peur d’être un garçon ! En lui faisant prendre conscience que sa force vitale de garçon permettra au monde de demain de prendre une meilleure tournure, notre Patrick osa dévoiler sa véritable nature. Libérant son énergie, il pu s’éclater en affrontant ses pairs à la cour de récréation, en shootant sur un ballon, en se mesurant à sa sœur ! Le plus dur fut de convaincre les parents que l’usage d’une épée ne transformerait pas leurs enfants en terroristes… 

Et des filles qui voudraient être des garçons ? 

Les garçons manqués semblent moins inquiéter que les filles manquées… ! Cela signifierai-t-il qu’être du côté mâle est quand même plus honorable ? Revenons-en aux garçons manqués. Ils surgissent dans des familles où le masculin est plus valorisé, parce que plus fort ou plus destiné à un avenir glorieux ou encore simplement parce qu’il est porteur de nom. 

L’identité sexuelle, le vécu d’un enfant par rapport à son sexe est fortement influencé à la fois par son histoire personnelle et par l’histoire des familles paternelles et maternelles. Chacun façonne sa façon de se sentir homme ou femme. Il n’y a pas de stéréotypes fixe. C’est parce que les places dans la famille sont différentiées et hiérarchisées que l’enfant peut penser qu’il a une place de fils ou de fille dans une lignée familiale. L’interdit de l’inceste assure la place sexuée des parents et des enfants. Cette arcane initiale et initiatique participe à la construction psychique de la personne et fonde son identité. 

Etablir son identité sexuelle est donc un cheminement qui pose ses bases dans l’enfance et particulièrement à l’âge de l’Oedipe. Elle se requestionne durant l’adolescence et se fixe à l’âge adulte.

Quelle place pour le jouet au début de ce cheminement ?

Bien sûr, on ne se débarrasse pas d’habitudes vieilles comme le monde lorsque l’on offre un jouet à un enfant. La tendance reste de donner une poupée aux filles et une voiture aux garçons. S’agit-il de racisme ? De discrimination ? Ou simplement en agissant de la sorte il y a plus de chance de faire plaisir à l’enfant que si on fait le contraire ! 

Ni le féminisme, ni la revendication des couple homosexuels à la parentalité, ni le secrétariat à l’égalité des chances n’a, je crois, changé la nature des enfants ! Les filles restent plus attirées vers ce qui touche à la relation, à l’affectif, à l’humain tandis que les garçons s’enthousiasment plus de mécanique, de vitesse, de soldats, de tout ce qui peut les rendre valeureux, forts, puissants. De nos jours, l’individualisme étant de mise, on pousse l’enfant à choisir ses jouets et tant mieux. Et si le fils veut jouer à la dînette je ne crois pas qu’il faille s’inquiéter ! Bon Dieu que l’on arrête de regarder les enfant par le petit bout de la lorgnette. Qu’on les laisse jouer en paix à ce qu’ils veulent. 

Le jeu est une parole

Plutôt que de s’épuiser en discussions stériles concernant le sexe des jouets, remercions cette invention qu’est le jeu d’être un aussi bel interprète du vécu émotionnel de nos enfants. Un garçon qui joue à « papa-maman » en adoptant le rôle de la maman, est-il promis à devenir homosexuel ? Une fille qui aime monter et démonter son vélo manque-t-elle de féminité ? En jouant à la guerre sera-t-elle moins femme que celle qui joue avec des Barbies ? Si un enfant joue facilement tant à des jeux dits masculins qu’à des jeux dits féminins, n’est ce pas une preuve de richesse intellectuelle et émotionnelle ? Cet enfant essaye plein de rôles, afin de mieux comprendre la vie.

Par contre ce qui devrait attirer notre attention sera l’enfant qui ne veut que jouer avec les jeux ordinairement utilisés par un enfant du sexe opposé.

Je pense à un petit garçon qui ne voulait que des poupées. Qui dès qu’il le pouvait se déguisait en princesse ou mettait les vêtements de sa sœur. Plutôt que de s’inquiéter pour son identité sexuelle, que de l’obliger à jouer avec des voitures ne vaut-il pas mieux essayer de comprendre ce qui pousse cet enfant à s’identifier au féminin ? A renier le sexe dont Dame Nature l’a affublé. Il n’est pas rare de nos jours de voir des petits garçons rêver être des filles … Pourquoi ? Car le sort des femmes leur parait plus enviable. Ils ont l’impression que ce sont les mères qui ont tout à dire… Que l’homme, même devenu adulte, doit se plier au joug féminin. Alors certains petits garçons qui ont de l’ambition et le goût du pouvoir regrettent de ne pas être du sexe fort. Dans ce cas, la mère, une femme.

Cela n’a d’ailleurs aucun sens de forcer un enfant à jouer avec un jeu plutôt qu’un autre. Le jeu c’est quelque chose de sérieux ! Il joue parce qu’il a besoin de jouer. Un enfant ne joue pas avec tel ou tel jeu pour faire plaisir à l’adulte ! 

Non les jouets n’ont pas de sexe. Ils ont le sexe que le discours des adultes leur donne ! Un enfant lui, la nature le dote d’un sexe et s’il rencontre des modèles identificatoires efficaces il pourra assumer cette sexuation en y conformant son identité sexuelle. Que les jouets l’aident en ce sens, c’est certain.

Les jouets ne sont-ils pas tous des merveilleux outils d’expression, de développement tant pour filles que garçons. Car si un sexe nous détermine physiquement, notre nature émotionnelle comporte une part de masculin et une autre part de féminin. Pour être bien dans sa peau, pour nourrir notre richesse intérieure ne faut-il pas en épanouir tous les pans ? Ainsi le jouet peut aider l’enfant à comprendre ce que c’est d’être « de l’autre sexe ». Plus il peut jouer à toutes sortes de jeux, de scénarios, plus il sera riche d’expériences !

Le seul sexe des jouets est un sexe arbitraire déterminé par le discours social qui entoure l’enfant. Laissons l’enfant jouer, un point c’est tout. Lui seul peut savoir s’il a envie à ce moment de fendre son ours avec son épée ou s’il a envie de rentrer dans la peau d’un personnage qui cajole une petite poupée qui se serait blessée en tombant de sa chaise. 

Mots clés: Sexualité Féminin Masculin Jeux Identité