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Mon enfant est catalogué “surdoué”

De nos jours, les enfants diagnostiqués surdoués, poussent comme des champignons… Au même titre que les enfants hyperkinétiques d’ailleurs ! Penchons-nous sur la question des surdoués, nous reprendrons l’autre thème dans un prochain article.

Nous avons un enfant surdoué

C’est avec une inquiétude mêlée de fierté, que les parents de Bertrand s’interrogent : « Nous ne savons plus quelle attitude éducative adopter.

Notre fils, âgé maintenant de 7 ans, présentant des difficultés d’adaptation à l’école, a été testé. Il serait, selon l’avis des spécialistes, un enfant surdoué. Pour cette raison il perturbe le cours et ne se concentre pas sur son travail. Trouvant les réponses des exercices plus vite que les autres, il s’ennuie. Que devons nous faire avec cet enfant désigné comme étant plus intelligent que ses condisciples ? Quel enseignement serait adapté à notre enfant ?

On nous a bien dit de ne pas lui dire qu’il est surdoué mais alors comment justifier notre souci à son égard ? Nous voilà avec un sérieux problème sur les bras ! »

Etre surdoué : une nouvelle maladie ?

Avec l’ère des antibiotiques la médecine est passée de l’Art de Soigner à l’Art de Guérir. Force est de constater qu’à présent, avec le développement de la technologie, de l’Art de Guérir, cette discipline s’est muée en une Science des Maladies…

Mais si au moins on avait inventé un médicament qui « renormaliserait » l’enfant, il y aurait une réponse à ce nouveau type de diagnostic ! Pas sûr, bien sûr, que les parents souhaiteraient donner ce médicament car n’est ce pas un peu grisant d’avoir un enfant surdoué ? Donc voilà les parents devant un nouveau paradoxe : doivent-ils se réjouir ou se désoler face au constat établi ? Et d’ailleurs d’où vient cette particularité ? Est-elle génétique ? Cela sous-entendrait qu’un des parents (ou les deux) serait un surdoué méconnu !? Mais, dans le fond, qu’entend-on par ce mot « surdoué » ?

Surdoué : cela veut dire quoi ?

Est affublé de ce pesant titre, l’enfant qui manifeste une rapidité et efficacité  intellectuelle inhabituelle c’est à dire qui a développé une grande capacité de résoudre un problème dans ce qu’il aurait de complexe ou de nouveau. Ce diagnostic ne renvoie donc pas à une super habilité dans tous les domaines, la motricité, par exemple. Un « surdoué » n’est pas d’emblée un enfant doué en sport ou un enfant doté d’une créativité débordante ou un enfant possédant une excellente capacité de communiquer son vécu émotionnel. Un enfant surdoué est celui qui se caractérise par un sur-développement de sa capacité intellectuelle, de ses facultés de raisonnement, de déduction et d’analyse mentale.

N’est-il pas important de se demander quelles motivations amènent un enfant à surinvestir l’intellect ? Ne s’agirait-il pas d’un enfant qui pour une raison ou une autre a trouvé de bon ton d’utiliser une grande part de son énergie vitale à développer un savoir sur les choses ?

Motivations pour devenir surdoué.

N’oublions pas qu’à notre époque, dans notre culture, la réussite scolaire prend une place prépondérante dans le psychisme des parents. L’enfant n’est pas encore né qu’ils craignent déjà  qu’il ne rate l’école et réfléchissent comment, dès le berceau, stimuler l’intelligence de leur enfant ! Surtout dans le cas d’un aîné ! Les enfants, loin d’être idiots, captent cette angoisse et certains mettront tout en œuvre pour rassurer l’adulte sur ce point. Ce sera d’ailleurs pour l’enfant un moyen idéal pour susciter admiration et succès auprès des adultes.

Force est de constater qu‘un enfant surdoué aura tendance à refouler ses questions émotionnelles pour surinvestir son développement intellectuel, ses performances éveillant chez les adultes admiration et soutien. Ces enfants favoriseront souvent les jeux de construction (en suivant les consignes pour montrer comme ils ont tout bien compris…) et les jeux d’intelligence par rapport aux jeux de créativité, de fantastique et d’inventions. Que de fois, ai-je vu des parents s’émerveiller devant un enfant manifestant la capacité de reproduire un modèle  technique difficile et lancer un regard amusé mais sans réel intérêt vers un autre enfant effectuant une construction complètement loufoque et irréaliste. Dans ce cas, ce qui est valorisé est ce qui constitue le monde des adultes, les intérêts des adultes, tandis que les « bêtises d’enfants » seraient plutôt dénigrées parce que « ce n’est pas du vrai, du possible, de la véracité ». Pas étonnant que pour plaire, pour être mis au pinacle, certains enfants, dès leur plus jeune âge, se braquent et survalorisent la performance intellectuelle mais hélas souvent au détriment d’un autre aspect de leur personnalité : leur monde fantasmatique intérieur.

Gare au piège

Si bien sûr, en tant que parents on peut s’enorgueillir et se réjouir d’avoir un enfant très intelligent, cela ne veut pas dire que tout baigne pour le petit… Comme dit l’adage bien connu : il faut un corps bien fait et une tête bien pleine pour que l’humain soit équilibré et heureux. Or, très souvent, l’enfant surdoué construit une relation au monde qui l’entoure qui n’est visée ou comprise que par l’intelligence intellectuelle au détriment de l’intelligence du cœur et du corps. Ils ferment la porte à la sensibilité, ils s’amputent de leur univers émotionnel, ils esquivent leurs questions métaphysiques. Estimant tout cela de moindre valeur car  les yeux des adultes de leur entourage brillent de façon si scintillante  lorsqu’ils démontrent comment manipuler telle touche de l’ordinateur ou comment expliquer à la ronde le fonctionnement d’un carburateur.

Pour ces enfants, le piège est de vivre de sa pensée, pour sa capacité de penser et de raisonner. Il est coincé dans la petitesse de « penser pour vivre » et dans l’illusion de « vivre pour penser ». Or s’humaniser, c’est beaucoup plus que cela : c’est se socialiser, développer la possibilité de Connaissance, à savoir son adéquation à l’autre, c’est être dans la relation, dans la communication avec le monde qui nous entoure. Le piège pour ces enfants est de se cantonner à un rapport au Savoir c’est à dire de vérité sur une chose. Vérité toujours aléatoire d’ailleurs ! Mais cela l’enfant ne s’en rend pas compte car pour lui une seule chose compte : le regard et le discours admiratif se posant sur lui ! De plus, ainsi l’enfant comble ses parents car ils peuvent fantasmer un avenir brillant pour leur enfant.

Que faut-il faire avec ces efants ?

Ne pas les regarder comme des êtres étranges et fascinants mais leur apprendre à conjuguer le verbe Connaître et le verbe Savoir dans les différents domaines de la vie humaine.

Epanouir l’enfant surdoué n’est sans doute pas d’office le faire sauter de classe « pour qu’il ait un effort à faire », cela le coincerait  d’autant plus dans un braquage sur la performance intellectuelle au risque d’encore plus le marginaliser. La vie et ses possibilités sont sans fin, l’épanouir sera l’ouvrir à des domaines inexplorés, la musique – le sport – l’ouverture à son imaginaire et à son émotionalité. De l’initier à la découverte de l’autre vivant et vibrant.
Ce sera l’introduire au merveilleux poème de R. Kipling « SI…   …Alors tu seras un homme mon fils. »

Mots clés: Société Scolarité Performance Identité Imagination