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Mon enfant est-il anorexique

Angoisse à bord ! Voici 15 jours que Mathieu, 18 mois, refuse toute nourriture ; à la rigueur il entrouvre les lèvres pour un peu de pain ou un yaourt mais en ce qui concerne les fruits, légumes et viande, refus total.

Pour sa part, Annemie de deux ans plus âgée joue, depuis des mois, avec sa nourriture plus qu’elle ne la déglutit ! Voilà qui désole ses parents, son père surtout pour qui une bonne nutrition garantit un enfant sain et heureux. Et pour comble, fait étonnant, cette enfant se nourrissant à peine est en pleine forme et en pleine santé ! Serait-elle une extra-terrestre à qui l’air suffit ?

Les fausses anorexies ou anorexies passagères

Sont appelées, « fausses anorexies » le comportement d’enfants de quinze mois jusqu’à 5, 6 ans qui « chipotent » avec la nourriture, et refusent de s’alimenter normalement. Les repas sont tirés en longueur et souvent sujets à énervement. Ces enfants stagnent dans une relation orale très dépendante de l’adulte (souvent la mère), celui-ci se sent responsable de ce que l’enfant avale ou n’avale pas ! Alors, pour pallier à un sentiment de culpabilité, un éventail de techniques subtiles, cherchant à distraire ou à manipuler l’enfant pour qu’il ouvre la bouche, sont mises en place !

Or il est important de savoir, qu’à cet âge, l’anorexie est à comprendre comme un test, une recherche de manipulation pour obtenir du pouvoir sur l'adulte. Le pédiatre n’est pas inquiet, mais la mère ou le père l’est ! Le refus est une attaque de front faite aux parents et si ceux-ci se laissent prendre au piège, le comportement de l’enfant entraîne un système de réactions réciproques entre la mère (ou/et le père) fixés dans une attitude de contrainte et l’enfant en position d’opposition.

Que comprendre de ce symptôme ?

Contre quoi l’enfant se défend-t-il ? En général, cette attitude de refus est à comprendre comme étant est une réaction face à une attitude des adultes ressentie, par l’enfant, comme trop contraignante ou dictatoriale. Il réagit en mettant en place un moyen de défense : « Non, je ne mangerai pas, ainsi je te montre que j’ai aussi des idées à moi ! » Il cherche à contrebalancer le sentiment de rester englouti dans le désir de l’adulte qui, aux yeux de l’enfant, lui refuse le droit à l’autonomie et à la responsabilité de son corps. Refuser la nourriture  est un appel à un sevrage psychologique, à la reconnaissance du droit d’avoir un désir propre, à une envie de devenir un « Moi » à part entière.

Ces enfants-là il faut les soutenir dans leur identité et dans la confiance qu’ils savent gérer leur alimentation comme ils le faisaient déjà de façon autonome lors de la vie fœtale !

Ces enfants cherchent à développer leur individualité, il ne faut donc pas hésiter à leur confier de petites responsabilités, à leur laisser prendre des initiatives même si un petit malheur s’en suit. Mathieu est tout fier de savoir remplir son verre d’eau mais il est vrai que les premières fois il renversait un peu à côté. Mais n’avons-nous pas tous à traverser les échecs de l’apprentissage ? Oui, je sais, « C’est moins de travail et cela va plus vite de le faire soi-même ! » mais peut-être alors valait-il mieux de ne pas avoir d’enfant,  et plus de temps…

Eviter la casse

Ce symptôme, façon passive de s’opposer au désir des adultes s’estompe assez rapidement si l’adulte inverse sa tactique. S’il arrête d’inciter l’enfant à manger, ne s’occupe plus de lui comme un bébé, accepte que l’enfant puisse survivre sans qu’on l’aide à manger, qu’il n’a pas besoin de manger tout ce qu’on voudrait qu’il ingurgite, en d’autre mots que son alimentation est une question de son corps à lui dont il a le droit d’être responsable…
Il ne s’agit bien sûr pas de manger n’importe quoi, n’importe quand ! Il y a un temps dédié aux repas, temps que l’enfant doit respecter et il faut veiller à ce qu’il ne dévalise pas le frigo lorsque vous avez le dos tourné !

Lors d’une « fausse »anorexie que l’on pourrait plutôt qualifier de période d’inappétence, celle-ci sera passagère pourvu qu’on la respecte et qu’on ne cherche pas à entrer dans une lutte de pouvoir. De toutes façons, l’enfant en sort gagnant car vous n’avalerez pas à sa place quoique vous fassiez ! Mais de cette lutte il peut sortir perdant au niveau de l’image qu’il pense avoir aux yeux de l’adulte.

La contrainte, la fixation sur la question nutritive, risque de bloquer le mécanisme d’opposition , sain en soi, de la focaliser sur le symptôme nourriture avec le danger de porter préjudice à deux éléments essentiels :

- la sécurité de base qui permet d’avoir une bonne réassurance quant à son droit d’Etre dans la spécificité de son identité.
- une capacité d’autonomie et de choix personnel non déterminé par le positionnement de l’autre, qui permet d’éprouver un droit à Avoir sa différence.

Favoriser l’accélérateur !

Resté planté devant son assiette en refusant d’y toucher est une manifestation d’opposition mais sur un volet passif qui va de pair avec un refus des besoins du corps. Nous pourrions dire que l’enfant pousse sur la pédale du frein pour montrer qu’il ne veut plus continuer à cheminer sur la route qu'il emprunte actuellement.

Pour l’aider à sortir de cette impasse, il faut le stimuler à mobiliser cette énergie en la déplaçant sur la pédale de l’accélérateur, à savoir son désir de grandir en prenant une voie personnelle. Il s’agira plutôt que de le menacer « qu’il va tomber malade », de le focaliser sur des activités qui lui permettent de ressentir ses capacités et la reconnaissance de l’adulte pour celles-ci. Une autonomie bien cadrée est donc une réelle planche de salut et permet à l’enfant de déplacer son pied d’une pédale à l’autre et…d’aller de l’avant !

Mots clés: Alimentation Autonomie Santé Nourriture Opposition