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Ode à l’ordre

Où commence l’ordre, où finit le désordre ? Notions impossibles à généraliser tant elles sont personnelles. Une chose certaine, pour vivre en société, « il faut de l’ordre ». L’ordre permettant de donner de la structure, de donner forme au chaos, il aide à l’organisation d’une vie.

Prenons un petit exemple. Le démarrage familial du matin, surtout en période scolaire, se retrouve bien facilité quand il y a de l’organisation. Ordre et organisation sont souvent jumelés. Ainsi, si les vêtements pour le lendemain sont déjà préparés la veille au soir, avec ordre sur la chaise, s’il est de mise d’avoir à s’habiller avant de regarder le feuilleton matinal, si la table du petit déjeuner est déjà dressée,  la journée commencera avec moins de stress.

L’ordre, une valeur à acquérir.

Avoir de l’ordre, coule rarement de source lors de l’enfance. Pour l’adulte, par contre, cela paraît évident de fermer le tiroir qu’il a ouvert, de remettre à sa place l’outil qu’il a employé, de rendre l’objet que l’on lui a prêté, etc. Si certains enfants sont plus spontanément ordonnés, pour les autres, cent fois sur le métier remettez votre ouvrage, chers parents ! « Lorsqu’ils étaient petits, quand ils ne suivaient pas les règles de rangement, je punissais mes enfants. Il faut leur apprendre à respecter la structure familiale. Maintenant qu’ils sont ado, je ne les punis plus mais j’essaye de les convaincre. Le respect de l’autre n’ est-il pas la base même de la démocratie ? » raconte un père.

Certains parents s’impatientent d’avoir à répéter si souvent les mêmes rengaines par rapport à l’ordre. « Met ton cartable à sa place » « Range ton vélo » « Ne laisse pas traîner ton assiette sale sur la table quand tu mange en dehors des heures de repas. » Etc. Et bien oui, si les enfants ne suivent pas d’emblée ces injonctions ce n’est, sans doute, pas de la mauvaise volonté mais simplement leurs intérêts sont ailleurs ! Le désordre qui exaspère la maîtresse de maison, qui lui fait perdre son calme, l’enfant souvent ne le voit pas. Il se demande pourquoi l’on s’énerve parce que ses chaussures ou ses cours traînent au milieu du salon. Où est le mal, y a-t-il de quoi faire un drame… ?

Un drame non mais continuer à se battre pour un minimum d’ordre, oui. Le jeu en vaut la chandelle. Celui qui a de l’ordre dans son cartable acquiert de l’ordre dans la tête…

L’ordre est une valeur, les valeurs doivent de transmettre, elles ne sont pas innées.

Range ta chambre !

Cette phrase est-elle obsolète ? La chambre n’est-elle pas un territoire privé dans lequel l’enfant a tout pouvoir ? Dans un sens oui, il est utile qu’il puisse l’aménager comme il le souhaite, organiser les meubles, les jeux à sa convenance. Cela ne signifie pas que l’enfant ait le tout pouvoir en ce qui concerne sa chambre. Il est bon de lui rappeler qu’il habite sous le toit parental et qu’un parent est responsable de ce lieu. 

Exiger une certaine régularité temporelle dans le rangement de sa chambre permet aussi de faire découvrir à l’enfant le plaisir de trouver facilement un objet que l’on cherche simplement parce qu’il a une place. Par ailleurs, on ne peut pas nettoyer une chambre si elle est dans un désordre inimaginable ! 

Par contre il serait, sans doute, abusif de demander à un enfant que sa chambre soit chaque jour mise en ordre parfait, l’ordre que souhaite le regard de l’adulte. Une chambre est aussi un lieu d’expérimentation, il faut un minimum de désordre pour apprendre à mettre de l’ordre. Pour que l’ordre ne devienne pas l’emblème d’une maniaquerie d’adulte qui freine la créativité, qui fait perdre une forme de spontanéité. Ne faut-il pas un clin d’œil de désordre pour signifier que c’est un lieu de vie ?

Qui doit ranger ?

L’ordre ne s’apprend pas si on a tout le temps quelqu’un qui fait de l’ordre à votre place ! 

« L’essentiel pour moi est de voir mon fils réussir ses études. Alors pour le soulager, c’est moi qui range régulièrement sa chambre. »   N’y a-t-il pas aussi une atteinte à la vie privée lorsqu’un parent se charge d’organiser l’ordre dans la chambre de son enfant ? Qu’il ait accès à son intimité dans les moindres recoins ? « Oh, mais mon fils cela ne le dérange pas, me dit-il. Il préfère que je le fasse comme cela c’est une corvée en moins pour lui. » Eh bien qu’il apprenne à assumer ses corvées ! Mais surtout qu’il apprenne à respecter ses affaires, à décider comment les gérer, à acquérir une certaine consistance par rapport à lui-même.

Que penser des mères se plaignant de devoir se mettre à 4 pattes pour ramasser le linge sale qui traîne dans les quatre coins de la chambre ou de la maison ? Culpabiliser un enfant en lui reprochant de le voir s’étaler dans toute la maison avec toutes ses affaires, envahissant sans vergogne l’espace familial n’est en rien une stimulation pour lui apprendre l’ordre. 

Faire à la place de son enfant n’est jamais un service à lui rendre. Comment peut-il intégrer la notion de : une place pour chaque chose et chaque chose à sa place s’il n’est pas régulièrement confronté à devoir mettre une relation intelligible entre une pluralité de termes. Par ailleurs, ordre et organisation étant liés, pour bien organiser ses études, il a intérêt à expérimenter le rangement. Bien plus que la représentation virtuelle d’un état, c’est la traversée par le concret de l’expérience qui construit l’humain.  Ainsi s’installent des habitudes et celle de l’ordre est en général constructive.

Pour l’étudiant en kot, hors de son milieu familial, qu’on le laisse en paix avec les questions d’ordre. A cet âge, c’est à lui à gérer son univers qui est tout à fait le sien puisque hors du toit parental. Au jeune à apprendre à vivre avec son ordre ou son désordre ! Et il découvrira ainsi s’il fait de l’ordre une priorité ou si cela lui serait utile d’en avoir plus !

L’ordre a aussi ses pièges.

La notion d’ordre étant très personnelle, certaines personnes sont obsédées par le rangement. Rien ne peut traîner, tout doit impérativement être à sa place. Sans doute craignent-elles la vie dans son aspect créatif et incontrôlable…

L’emprise contraignante de « l’ordre avant tout » peut être un réel étouffoir de spontanéité. Claudel nous rappelle que « l’ordre est le délice de la Raison mais le désordre est le délice de l’Imaginaire » On ne saurait assez insister sur l’importance de celui-ci. Obliger une enfant à ranger ses constructions l’empêche de construire un certain ordre intérieur à long terme. Il faut qu’il ait « une aire de jeu » sans que celle-ci ne doive sans cesse être rangée, sinon comment peut-il jouer ? Autre chose est de lui apprendre à ne pas mélanger ses jeux, ses puzzles, à respecter ses avoirs en gardant des jeux complets et en bon état. Notre société de consommation, trop souvent, engendre une grande désinvolture quant au respect des jeux.

Gare à un autre piège. « Je préfère ranger son assiette à sa place, car elle est tellement maladroite qu’elle risque une fois sur deux de la casser. » Voilà une petite phrase qui tue à petites doses… Chemin direct pour saper la confiance en soi et faire pousser la graine qui fait dire « je suis nul ».

N’empêche, côté déco, un courant de pensée moderne prend très souvent question ordre, une tournure « zen ». Rien de visible ne peut traîner. Pas trop d’objets, vive l’aspect « nickel ». Mais à force de « lignes pures » et de rangements invisibles, on se demande parfois où, dans ces maisons, se niche la Vie … 

Car ne l’oublions pas, « Un beau désordre est un effet de l’art. » a dit un homme célèbre mais je ne sais plus qui !  

Mots clés: Famille Education Valeurs