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Ouvrir et fermer

Une maman raconte: " Je me questionne sur certaines formes de jeux  qui occupent mon enfant depuis qu'il a moins d'un an. Ces jeux accordent une très grande importance à tout ce qui est fermé - portes fermées - boites qui s'ouvrent et se ferment- enclos pour animaux."
Les dessins du petit Gérard témoignent aussi de ce questionnement sur l'ouverture et la fermeture. Ses premiers graphismes tentaient désespérément de faire une boucle fermée mais cela ne pouvait se faire d'un seul trait. Il n'était content que lorsque d'un autre trait il avait relié les deux extrémités du premier trait. Grandissant il arriva à faire d'un trait une belle boucle ronde, cela le ravisait. Aujourd'hui il s'entête à faire deux cercles concentriques, l'un enfermé dans l'autre.
"Ces fermetures se sont aussi manifestées après la naissance de son petit frère, quand il avait 2 ans et 2 mois, mais sous d'autres formes. Il ne voulait plus se moucher- retenait ses urines le plus possible- le déshabiller afin de prendre un bain à été difficile pendant quelques semaines. Vers 2 ans et 9 mois, il a voulu passer la nuit sans lange et même le matin il continuait à tout retenir jusqu'à 11h du matin."
Avoir à soi.
Le questionnement sur l'ouverture et la fermeture est inhérente à tout enfant. Rappelons qu'au départ l'enfant se vit comme un prolongement de sa mère, elle et lui ne font , à ses yeux, qu'un seul corps.  Mais grandissant, vers ses six mois, le bébé prend conscience de ce que lui et sa mère sont deux corps séparés.
Pour certains enfants, la question de la constitution d'une image de leur propre corps comme étant une entité bien fermée dans lequel d'autres corps ne peuvent pénétrer, se pose avec plus d'acuité que pour d'autres. Par exemple, certains enfants, ayant été hospitalisés dans leur toute petite enfance, peuvent avoir traversé des moments de fortes angoisses en étant séparés de leur mère et avoir alors ressenti le sentiment d'un trou rester béant au niveau du corps. De plus sondes, piqûres ou autres interventions sur le corps laissent des souvenirs inconscients d'intrusion dans leur espace corporel. Jouer à ouvrir et clore reflète l'interrogation face à possibilité de se sentir en sécurité parce que doté d'un corps fermé, sans béances; d'ainsi pouvoir se protéger de toute intrusion non souhaitée. Pour cette raison, certains enfants refusent qu'on les mouche, ils se sentent comme volés d'un bien leur appartenant, ils cherchent à fermer leur corps pour le protéger de toute perte d'intégrité.
La construction de cette image du corps comme un lieu qui est le nôtre et dont nous pouvons disposer à notre guise sans craindre sans cesse d'être dépossédé ou envahi par l'autre, est une élaboration fastidieuse qui occupe une grande place dans notre petite enfance.
La question de "perdre"
Parallèlement à la question de l'autonomie du corps se pose la question de la crainte de perdre l'autre puisqu'il n'est plus attaché à moi! Voilà pourquoi la question de la mort préoccupe aussi l'enfant. Ainsi Gérard déclare un jour à sa mère:
"J'aimerais tant que l'on soit tous dans la même boîte lorsque nous serons morts."
"Pourquoi donc?" lui rétorque sa mère
"Pour que l'on puisse se regarder" répond le petit.
Si Gérard par ses divers comportements manifeste son désir et son questionnement par rapport à "fermer son corps à l'autre" , parallèlement se pose la question angoissante de "et si l'autre se ferme à moi?". Cela, pour l'enfant, c'est la mort. Aussi cherche-t-il une solution, en voyant la possibilité d' inscrire un cercle dans un autre ou encore, se rassure-t-il en fantasmant un avenir où la mort ne désunit pas puisqu'on pourrait se tous retrouver dans le même cercueil. Ainsi faisant, Gérard se forge l'image d' un corps bien à lui mais sans, pour autant,  tomber dans le gouffre mortel de la solitude et de l'abandon.
Face à ces questions métaphysique essentielles, les parents peuvent aider leurs enfants en étant très clair par rapport aux moments où, refusant à l'enfant d' envahir leur espace, ils marquent une fermeture. Cela ne les empêchera pas de consacrer d'autres moments à des jeux ou autres activités communes, faisant ainsi
acte d'ouverture..
Car ainsi va la vie, nous devons pouvoir être ouvert à l'autre. Cependant, pour ne pas vivre au dépens de l'énergie des autres, nous avons le devoir, à d'autres moments, de nous ressourcer aux bons moments que nous nous accordons. De là le dicton: "Aime ton prochain comme toi-même."