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Quand maman cède sa place à sa fille

Oriane avait deux ans lorsque naquit sa petite soeur. Sa mère adore les bébés, tout comme sa propre mère, la grand mère maternelle d'Oriane, elle a une relation très fusionnelle avec les tout petits.
Le papa d'Oriane, un homme doux, tendre quoique ne manquant pas de fermeté, conscient de l'importance de son rôle de père, prit, à la naissance de Stephanie, la relève de sa femme pour assumer par rapport à Oriane nombre de tâches quotidiennes. C'était donc désormais avec Papa qu'Oriane s'habillait le matin et prenait son petit déjeuner; à la sortie du bureau, Jacques allait rechercher sa fille à l'école et ensemble ils rejoingnaient le nid familial.
Oriane a sept ans maintenant. Les relations avec sa mère sont très difficiles. Écoutons celle-ci: "J'ai des difficultés à être bien avec Oriane; je ressens vis à vis d'elle énormément d'agacement car sans cesse elle me provoque et se montre extrêmement agressive à mon égard. Sans arrêt elle se pose en situation de rivalité par rapport à moi; par exemple, j'interdis telle chose à sa petite soeur et derrière mon dos elle va le lui donner, à longueur de journée je dois lui rappeler que la mère de Stéphanie, c'est moi!"
Les relations d'Oriane avec son père sont moins tendues. Voyons sa vision des choses: " Il est vrai qu'il y a toute une complicité entre ma fille aînée et moi-même. Nous nous ressemblons, nos n'avons pas besoin de longs discours pour trouver un accord tacite. Ma femme aime pouvoir discuter d'un problème, Oriane est plus physique, par exemple petite, une de ses armes favorite était de faire pipi n'importe où dès que sa mère la contrariait!"
Un fait très frappant est relaté par les deux parents, sans cesse Oriane dit: "Je ne sais pas choisir." Que ce soit pour ses vêtements, pour préparer ses tartines, pour aller ou non chez une amie, etc...comme si sans arrêt elle est tiraillée entre deux pôles opposés. Cette enfant n'éprouverait-elle pas une difficulté à sortir de la problématique de l'Oedipe?
Le complexe d'Oedipe
Ce fameux complexe d'Oedipe, dont on parle comme d'un passage obligé de toute enfance, s'il est présent dès la naissance trouve ses manifestations visibles lorsque l'enfant entre dans sa phase d'autonomie. Vers deux ans, la petite fille observe et mesure l'attention que son père lui accorde et tente de le séduire par toutes sortes de manifestations toutes féminines. Face à un père attentif et charmé, la petite femme en puissance jubile de ses succès car elle se sent gratifié et confortée d'être une fille. En effet, cet amour paternel est une consolation par rapport au manque, ou à la perte imaginée de ce petit en plus que les garçons ont entre les jambes!
Cette reconnaissance paternelle permet à la gamine d'imaginer fantasmatiquement qu'un jour elle pourrait remplacer maman auprès du père, aussi voyons-nous les petites filles, en pleine phase oedipienne, rivaliser avec leur mères et clamer haut et fort "Je vais me marier avec Papa!"
Revenons-en à Oriane. Le cheminement psychique qui vient d'être décrit, elle l'a parcouru. Là où il y a aujourd'hui problème, c'est qu'à sept ans on doit avoir résolu son oedipe et pas encore être en plein dedans! Oriane n'a pas encore "choisi" d'abandonner le rêve oedipien d'avoir le père tout à elle.
Comment sortir de la phase oedipienne?
Lorsque la petite fille entre en rivalité avec sa mère, le père doit l'aider  à accepter la réalité en trouvant le bon moment pour passer un message semblable à celui-ci "Je t'aime beaucoup, je suis extrêmement fier d'avoir une petite fille comme toi mais tu ne pourra jamais être ma femme car c'est avec maman que j'ai décidé de vivre, c'est elle ma femme. Ce qui est certain, c'est que toi auss, un jour, tu trouveras un garçon de ton âge que tu aimeras très fort et avec qui tu auras envie de faire de gros câlins!"
Les circonstances ont fait que cette dernière étape de l'oedipe, Oriane ne l'a pas traversée. Au contraire, certains faits quotidiens pouvent laisser l'illusion à la petite qu'elle a toutes ses chances d'évincer la mère. Un petit exemple parmi d'autres: lorsque, après une violente dispute, mère et fille se séparent en larmes, Jacques s'efforce de consoler sa fille estimant que sa femme était assez forte pour se remettre toute seule des blessures, parfois profondes, de l'affrontement mère-fille et qu'il y a donc lieu d'accorder toute son attention à sa fille... Apportant ainsi involontairement de l'eau au moulin des espérances d'Oriane il empêche à la fillette d'abandonner la rivalité au profit de l'identification à la mère.
L'issue de l'oedipe.
Car telle est, pour Oriane comme pour toute autre fillette, l'issue de l'oedipe: lorsque le père a clairement fait comprendre que malgré toute l'affection qu'il éprouve pour sa fille, sa femme reste envers et contre tout l'élue de sa vie,. la petite fille cherchera, pour surmonter cette déception à s'identifier à sa mère , à l'imiter dans tout ce qui lui semble être les attributs lui conférant ce pouvoir de séduction vis à vis du père! Elle voudra devenir comme maman.
Elle pourra alors "choisir" c'est à dire abandonner l'illusion (angoissante par ailleurs pour une si petite fille face à un grand papa!) d'être celle qui comble le désir du père et opter pour une alliance avec la mère. Alliance lui permettant d'accéder à l'acquisition et à la connaissance des secrets de son sexe.