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Que de maux sans mots

Maux de tête, maux de ventre, et maux en tous genres, que d’examens médicaux pénibles les enfants ne doivent-ils pas subir parce que certains adultes restent sourds au langage du corps ?

Il est évident que jamais, au grand jamais lorsqu’un enfant se plaint d’une douleur il faut écarter la piste physiologique. Autre chose est de s’acharner parce que l’on ne trouve rien…Que de ventres ont été ouverts parce que l’on n’avait rien dépisté aux analyses et aux examens divers. Alors on opère « pour voir »… et souvent ne rien trouver.

A chacun son organe pour parler !

En général, l’adulte lorsqu’il rencontre une difficulté émotionnelle, il tente de l’expliciter au moyen de l’élaboration symbolique et fantasmatique du langage. Celui-ci secondé par les connaissances accumulées depuis notre naissance, résultant de nos expériences de vie, utilise la parole, le son émit par la cavité buccale. Face à une difficulté ou une question, tout humain ne cherche-t-il pas à la résoudre ? Pour les enfants, souvent les mots manquent aussi utilisent-ils un autre langage : celui du corps.

Ainsi, petit Julien, 4 ans, au moment où ses parents s’apprêtent à sortir pour dîner chez des amis, se roule à terre en se plaignant de terribles crampes d’estomac. La maman prend l’enfant dans les bras et le couche dans son lit. Cherchant à le rassurer tout en restant ferme concernant le projet de sortie des parents, elle lui dit: « Tu as mal au ventre ? Peut-être as-tu bu trop d’eau ? Silence de l’enfant. « Ou peut-être ne trouve-tu pas cela gai de devoir rester avec la baby-sitter, alors ça pince très fort dans ton ventre. » L’enfant hoche de la tête. Rassuré, sans doute, d’avoir été entendu dans son angoisse Julien accepte, non pas de gaieté de cœur bien sûr, de se plier à l’incontournable situation. Les maux de ventre, quant à eux, se sont rapidement estompés…

Séverine

Cette petite malgré ses 6 ans a du mal à exprimer ses desiderata. Elle était restée très dépendante de l’avis maternel, se montrant hyper raisonnable et docile. Il y a quelques mois, les parents se rendant compte que leur fille n’était pas épanouie, avait un côté très gnan-gnan qui lui jouait des tours à l’école et que de surcroît elle élaborait de nombreuses plaintes somatiques, se sont efforcés à stimuler leur fille d’agir de façon autonome, d’oser sa différence. Au bonheur de tous, peu à peu la petite perdait son ton de voix plaintif et prenait son envol dans la vie.

Voilà qu’à la veille du départ en vacances, Séverine se plaint de violents vertiges. La grand-mère aidant aux derniers préparatifs, montra une considération respectueuse pour son malaise tout en la stimulant à y trouver une cause. Une demi-heure plus tard, s’approchant de la grand-mère elle lui dit : « Je sens que j’ai la tête qui tourne parce que ça pense trop dans ma tête »
Sa grand-mère lui dit : « Sais-tu dire à quoi ça pense dans ta tête ? »
« Non » répond la fillette. »
« Si tout à coup tu as une idée de à quoi ça pense n’hésite pas à venir me le dire », poursuivi l’aïeul.
Une heure plus tard la fillette revient « Mamy, je sais. J’ai peur que l’avion va tomber dans la rivière »

La grand-mère n’a, sans doute, pas saisi la symbolique du message, mais elle l’a accepté sans s’en moquer ou en pointer l’invraisemblance. Toute parole a un sens, et ce n’est pas parce que nous ne le saisissons pas d’emblée qu’il s’agit de carabistouilles ! La symbolique de la crainte exprimée pourrait se comprendre de la façon suivante : cette enfant en plein processus de prise de distance par rapport à sa mère craignait inconsciemment qu’avec les vacances elle soit reprise dans l’organisation maternelle, sans égards pour ses désirs à elle. Que son « avion » c’est à dire sa personne qui était en train de « décoller » du sol maternel ne se retrouve victime des flots, symbole maternel par excellence.

« Voilà des élucubrations de psy ! » me direz-vous. Peut-être, mais le plus  important reste que cette enfant se soit sentie reconnue dans le langage de son corps pris de vertiges. Aussi le soir elle pu trouver des mots pour exprimer sa peur d’être freinée dans son élan de vie. Au coucher,  elle glissa à l’oreille de sa mère : « Je sais une autre chose qui pense dans ma tête, j’ai peur d’avaler ma dent qui bouge » ? Perdre ses dents n’est ce pas le signe d’un corps qui mûri, d’un enfant qui grandi ? Quelle fierté de voir au creux de la main sa première dent ! Voilà la fin des dents de lait » qui approche, arrive donc le temps de faire partie des « grands ». Par cette petite phrase, Séverine signale sa peur de perdre les preuves de son indépendance, nous parle de son désir de mordre à belles dents dans la vie…La sienne et pas celle organisée par l’adulte !

Sa mère l’a compris et à veiller à profiter des vacances pour stimuler l’autonomie et les initiatives de sa fille.

Maux de ventre

Jacques a vite mal au ventre et avec le début de la rentrée scolaire l’appétit du matin s’est totalement évanoui. Ses parents ne s’inquiètent pas trop, ils ont compris que ce manque d’appétit est lié au stress de la rentrée et ils ne la harcèle pas. « D’ailleurs, disent-ils, il a un bon 10 heures, et c’est à lui de sentir quand il a faim. »

Symboliquement, il y a une équivalence entre remplir le ventre et le cœur. Ne dit-on pas avoir mal au cœur pour une indigestion ? Les plaintes infantiles concernant les maux de ventre sont souvent à reliées avec des problèmes de cœur, à savoir des questions concernant l'amour et la place à prendre dans le champs de la vie. D'ailleurs ne dit-on pas : " A mauvais cœur, bon estomac" Les insensibles ont rarement la digestion perturbée tandis qu'une mauvaise nouvelle peut couper l'appétit de quelqu'un de plus affectif. L’expression populaire « avoir mal au cœur » synonyme de nausée signe clairement que vomir peut être lié à une souffrance émotive…

"Ma fille se plaint de maux de ventre depuis qu'elle doit manger à l'école" D'autres enfants refusent les repas chauds de l'école car ils imaginent que la mère à déléguer son travail de réchauffe cœur à l'école, etc.

Les mots n’excluent pas les maux

Il est maladroit de dire à un enfant qu’il « fait la comédie » parce que l’adulte estime que sa plainte somatique résulte plus d’une difficulté psychique qu’à un malaise physiologique.

Si le petit Henri a parlé de son angoisse de voir partir ses parents en ayant les tripes nouées, cela n’exclu en rien qu’il n’avait pas réellement mal ! Trop souvent les adultes refusent d’accepter qu’une cause psychique peut créer des douleurs physiques. Reconnaître la souffrance de l’autre c’est l’accepter dans sa réalité double, à la fois maux du corps et mot du cœur !

Mots clés: Corps Emotion Souffrance