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Qui a droit a quoi

Un nombre croissant de femmes, quoique vivant seules, se lancent dans l’aventure de la prise en charge d’un ou de plussieurs enfants. Certaines, dans un élan spontané de solidarité envers un enfant en souffrance, l’adopte ; d’autres désespérant de rencontrer l’âme sœur décident d’avoir un enfant soit par la technique ancestrale et naturelle d’un rapport sexuel soit par l’anonymat de la banque de sperme.. “ Après tout ce n’est pas parce que nous n’avons pas rencontré de partenaire adéquat que nous n’avons pas le droit d’avoir un enfant ! ” se révèle être la phrase clé qui en général soustend la démarche.
L’enfant est-il un droit ? Ce n’est pas de cela que je voudrais débattre ici, ce propos dépasse d’ailleurs mes compétences. ! Je voudrais plutôt aborder, puisque nous parlons de droits, la question du droit de l’enfant à avoir un père même si celui-ci s’avère avoir comme identité : Inconnu.
Seule…
Élever un enfant seule, sans père pour  à mettre la coupure entre mère et enfant et aider symboliser la Loi, demande des nerfs solides. De plus cela demande de faire appel à une bonne dose de rigueur pour contenir les débordements de l’amour maternel.
Une maman m’écrit : “  Je suis moi-même mère célibataire de deux enfants, et j’ai l’impression que j’apporte à mes enfants beaucoup d’amour, mais aussi beaucoup de structures car je suis tout à fait consciente du fait que nous vivons dans une société et que cette vie nécessite le respect d’un crtain nombre de lois ? J’aurais aimé partager le responsabilité de l’éducation de me enfants avec un homme, mais la vie n’en a pas décidé ainsi jussqu’à présent. Ma situation un peu perticulière n’est certes pas facile à gérer tous les jours, mais a de nombreux avantages au niveau de l’éducation des enfants ! Pas de tiraillments entre le père et la mère, pas d’avis diffèrents, donc plus de clarté pour l’enfant. Je pense qu’il est de plus en plus rare de trouver un couple où les deux partenaires se respectent et s’estiment, et c’est un exemple que j’aimerais donner à mes enfants si je rencontre un jour quelqu’un pour partager ma vie. ”
Cette maman assume avec responsabilité l’avenir de ses enfants. Bravo. J’aimerais cependant attirer votre attention sur un petit point : ne nous leurrons pas sur les avantages d’un pouvoir éducatif jamais contesté…C’est au travers de la diffèrence entre les réactions, les regards de la mère et du père que l’enfant peut petit à petit comprendre que dans la vie il n’y a pas que UNE façon de voir les choses…Considerer comme un avantage, d’ “ être seul maître à bord ”, n’est ce pas une façon d’éluder la référence “ à l’autre ”, au “ diffèrent ” dans la processus éducatif ? Méfions-nous, nous les femmes, de s’arroger le droit d’être les seules détentrices fiables des mystères de l’éducation, pas plus d’ailleurs que nous ne sommes les seules détentrices des mystères de la procréation …
Le tabou du père “ inconnu ”.
La gestion de la question du “ père inconnu ” aura soulevé plus d’un débat.
Je m’étonne et m’inquiète tout à la fois face au discours : “ Un  enfant n’a pas besoin de père pour grandir, il lui suffit de savoir qu’il a eu un géniteur ” Ces adultes s’imaginent-ils vraiment que pour un enfant issu de la banque de sperme, ou encore d’un homme disparu dans la forêt de l’anonymat une fois l’acte accompli,  la question du père se résout par l’explicitation sèche et vidée de son contenu du “ Pour exister, tu as eu un géniteur ” ?
Un adulte, digne de ce nom, peut-il en toute honnête croire qu’un enfant se satisfasse d’un référent purement physiologique ? De quel droit puisque la question des droits est à la mode, de quel droit interdit-on à l’enfant de fantasmer sur la vie ce celui qui fut le constituant de la moitié de ses gènes… ?
Ces enfants issus d’un donneur inconnu pensez-vous que parce qu’il n’y a pas eu d’homme en chair et en os qui a étreint sa mère, la question des origines s‘annule d’elle-même? Je crains que non, tout du contraire. Lorsqu’on entend les témoignages de personnes issues des camps de procréation de la race pure rêvée par Hitler, les questions sans possible réponses restent lancinantes...Ne faut-il pas inciter à la prudence, à une grande disponibilité face à la souffrance incontournable infligée à l’enfant. La meilleure mère du monde ne fera jamais oublier à un enfant qu’un jour la graine qui a constitué la moitié de son bagage génétique, a appartenu à un homme.
Géniteur est un mot d’adulte, un phonème dérrière lequel certains adultes se cachent pour clore la discussion autour de la question du “ père ”. Aux yeux d’un enfant, ce mot désignant le “ monsieur qui a mis la graine pour que maman puisse avoir un enfant ” est d’emblée investie (du moins lors de la petite enfance) de la notion de père. Sans cette nécessaire référence au Père l’humanité est impossible et impensable!
Pour l’enfant,  l’homme qui l’a conçu est donc plus qu’un géniteur. Même si de lui on ne sait rien, il est important de pouvoir en parler,  de se référer à ce pilier de l’existence de l’enfant qu’est le père biologique. Permettre à l’enfant de l’imaginer, de lui donner un nom, s’avère non seulement utile mais indispensable pour son équilibre psychique, pour la compréhension de son existence et l’acceptation de sa souffrance. En d’autres mots rendre à l’enfant le droit à ses origines lui permet d’adopter sa mère! Dans la vérité, tout le monde est gagnant.
Julie
La maman de Julie, mère célibataire, a dès le plus jeune âge de sa fille,  répondu avec honnêteté aux questions qui surgissait et cela déjà à 2ans et demi..., Elle lui a parlé de son père en expliquant qu’il avait de plein gré accepter le rôle de procréateur. Sa mère lui a donné le droit d’imaginer ce père, le droit d’en parler, freinant ainsi le plus possible le dangereux glissement vers l’image d’un père “idéal” auquel sa mère lui aurait interdit l’accès. L’enfant devenu jeune fille aujourd’hui, témoigne de l’importance de ce dialogue ouvert avec sa mère grâce auquel elle a pu s’accommoder d’une situation difficile à digérer, à l’école notamment. Elle se rappelle ses révoltes d’adolescente, son écœurement face à ce qu’à l’époque elle vivait comme un geste monstrueux d’égoïsme de la part de ces deux adultes. Aujourd’hui, jeune adulte elle comprend le désir de sa mère d’avoir un enfant mais elle dit aussi : “ Si, ma mère et moi, avons  maintenant une  bonne entente, c’est grâce au fait qu’elle m’a soutenue et aidée à accepter que sur tous mes papiers officiels portent la mention : Père inconnu. ”
D.DRORY (février 98)
Ww : : : ::/doc/diane/liguer/979820