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Reculer pour mieux sauter

« Alain était fin prêt pour l’arrivée de sa petite sœur et voilà qu'…il remouille son pantalon. Ma mère m’avait conseillé, pour ne pas être débordée par les langes, d’essayer de programmer mon deuxième enfant une fois l’aîné rendu « propre ». J’ai suivi son conseil mais voilà que depuis la naissance d’Héloïse, le grand régresse et remouille de jour et de nuit. », se lamente une jeune maman ;

Régressions en tous genres

Le mot « régression » s’emploie souvent mais ne se comprend pas toujours bien.

Une régression est un mouvement de recul - un pas en arrière - un retour, chez un même individu, à une étape antérieure de son  développement. Il y a, par exemple, les enfants qui du jour au lendemain refusent la cuillère et réclament à cors et à cris le biberon. D’autres, comme Alain, refont pipi ou popo dans la culotte alors que le pot était pour eux chose connue et apprivoisée. D’autres, plus grands, s’habillant sans problème le matin se voient bloquer net et deviennent incapables d’enfiler un pull ou une chaussette ! Ou encore ceux qui partaient à la conquête du monde sur leurs deux roues et qui soudain renâclent devant la route.

Sans parler de l’enfant qui reparle « bébé » alors que ses parents se gaussaient de fierté devant son langage châtié… Ou de celui qui refusant toute séparation s’accroche en hurlant aux jupes de sa mère devant d’autres adultes dont les yeux semblent dire : « A son âge… »

Qu’est ce qu’il leur prend donc à ces enfants de reculer face à leur évolution au lieu de gentiment continuer à aller de l’avant ?

« Pourquoi donc mon enfant régresse-t-il ? » se disent nombre de parents désarçonnés et inquiets devant une brusque marche en arrière. « Qu’avons-nous fait de mal ? A côté de quoi sommes-nous passés ? Avons-nous manqué d’amour ? »

Let’s keep cool ! Sauf dans le cas d’une régression qui se prolonge dans le temps et qui s’associe à une tristesse chez l’enfant, il n’y a pas lieu de s’alarmer trop vite. Cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas être attentif ! Toute régression à un sens mais celui-ci n’est pas d’emblée négatif !

Grandir

Si grandir est le chemin qui s’ouvre tout au long de l’enfance, il s’avère que certains enfants  marquent une hésitation à se lancer vers l’inconnu ; ils imaginent qu’un danger menace l’acquis d’aujourd’hui.. Ainsi, certains d’entre eux, avant de faire un pas en avant ont besoin de s’assurer de leurs arrières et pour cela retournent à un comportement de « comme quand ils étaient petits » pour voir si, aujourd’hui, « Papa et Maman sont toujours là, pour moi, comme ils étaient là hier »

Je m’explique. Retrouvons Alain et ses pantalons mouillés. Communément, face à un enfant qui régresse, l’on dit : « Il est jaloux de sa petite sœur et veut être comme elle pour avoir l’attention de ses parents. » L’adulte pense que l’enfant s’identifie au bébé, qu’il veut être comme lui, or ce n’est pas de cela qu’il s’agit.

Pour le dernier né, avant que ne surgisse dans un foyer un être humain moins développé que lui, tous ses sentiments d’attachement se tournent vers des êtres plus grands et plus développés que lui. Imaginez donc comme aimer un plus petit que soi se révèle être alors une expérience toute neuve et insolite !

Si Alain est heureux d’avoir une petite sœur à aimer, que maintenant comme ses parents, il est un « grand » affectionne un « petit » , il n’empêche que ce nouveau statut le questionne, inconsciemment, ainsi l’indique sa petite régression. Son angoisse pourrait, par exemple, se formuler de la manière suivante : « Ils disent tous que je suis grand. Dans ce cas, Papa et Maman resteront-ils mes parents ou deviennent-ils à temps plein les parents du nouveau petit ?

Pour savoir, une seule solution : redevenir comme quand j’étais petit, refaire pipi dans ma culotte comme quand j’étais bébé. Ainsi, je verrai si mes parents m’aiment encore comme avant, même avec la petite sœur dans la maison…

A moins que, aujourd’hui on ne m’aime que si je suis un grand qui libère la place pour qu’un autre petit « à aimer » puisse s’y installer? »

Une régression, comportement qui se met en place inconsciemment bien sûr, questionne en général la sécurité de base, celle que l’on a reçue lorsqu’on s’est senti aimé pour qui on est. Alain régresse à un moment de son histoire à lui, il ne s’agit pas de vouloir d’identifier à Héloïse, de vouloir être comme ou à la place d’Héloïse mais plutôt d’une crainte d’être un enfant plus grand qu’Héloïse. Sa crainte de perdre l’amour qu’il recevait, de ses parents, lorsqu’il « était petit » l’amène à régresser.

Comprendre pour ne pas juger

Il est utile, pour nous adultes, de comprendre le mécanisme de la régression afin de ne pas tomber dans le travers de croire qu’il s’agit d’une manifestation de jalousie ou d’un désir de vouloir prendre la place de l’autre. Régresser c’est manifester une certaine angoisse face à l’acceptation d’une nouvelle image de soi, d’un nouveau statut, d’une nouvelle identification. C’est la marque d’une hésitation à grandir.

La régression issue d’une doit être entendue de l’adulte. Cela n’empêche en rien à ce que ce même adulte de stimuler la marche en l’avant, cette attitude stimule l’enfant à dépasser ses peurs et à oser assumer les responsabilités de son âge avec tout ce que cela comporte d’autonomie par rapport aux parents mais aussi de reconnaissance sociale et d’ouverture à la réalisation de ses désirs.

Notre attitude attentive, positive et stimulante face à un mouvement de recul peut transmuter celui-ci en un élan pour mieux sauter en avant dans la Vie. 

Mots clés: Bienveillance Corps Peur Fratrie Grandir